Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Mouche' : Marie Lebey

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

 "Mouche' " de Marie Lebey

 

 les-livres-0081.jpgJe reviens sur le thème de la mort d'une mère mais traité d'une autre manière.

 Marie Lebey livre à son lecteur sa vision personnelle de la mort d'un être cher. Attention, elle aborde cette notion de façon humoristique. La fin d'une vie peut être ressentie différemment  selon son caractère mais aussi selon les relations qui vous liaient à cet être.

 Cette auteure revient sur ses liens qui se sont effacés entre elle et sa mère. Elle la perçoit comme un animal chétif, fantasque qui refuse la réalité. Marie Lebey confie ses souvenirs sur le ton de la confidence. Elle brosse le portrait d'une mère qui a cessé de l'aimer à l'âge de 14 ans quand sa soeur meurt tragiquement. Elle a déjà perdu son père deux ans auparavant.

 Le lecteur se lie d'amitié pour la narratrice. Sa manière d'échafauder ce roman crée de l'empathie. Le lecteur a envie de la consoler, d'être cet oncle ou cette tante qui la soutient dans la mort.

 Marie Lebey relate les moments merveilleux de son enfance, ses rires, ses jeux et sa famille. Elle dépeint avec exactitude les lieux de son insouciance.

 Elle a honte de sa mère, la contredit, l'offense. Elle aime s'opposer à cet être qui lui a donné la vie pour pouvoir son construire. Cette dualité se joue aussi sur le plan sentimental et sur l'éducation de leurs enfants.

 Dans son esprit, elle est tyrannisée entre accepter que sa mère puisse faire partie d'elle-même et le désir mental de voir sa mort se concrétiser.

 Mouche' est un roman biographique qui se livre avec ingéniosité. Marie Lebey glisse des indices sur sa personnalité et celle de sa mère. Elle ne la condamne pas ouvertement, elle dilue son aversion durant tout le livre.

 Cependant, ce roman caustique reste indubitablement une lettre d'amour offerte à une mère passionnée de littérature.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

"Même si je ne m'étais jamais entendue avec elle, j'avais le vague souvenir de l'avoir beaucoup aimée dans mon enfance. Mais la mort de mon père dans un accident d'avion le jour de mes treize ans, puis celle de ma soeur deux ans plus tard avaient nettoyé au napalm tous les liens familiaux. Après l'onde de choc, chacun s'était mis à marcher mécaniquement dans des directions différentes, sans regarder en arrière."

"Brusquement, toute cette misère humaine me devint inoffensive. Elle ne me faisait plus peur. Grâce à l'auteur de Crimes et Châtiment, et à l'œil de Mouche' greffé en moi, j'avais extrait de ces vies ordinaires que je trouvais maintenant si romanesques le panache dont j'avais besoin pour me battre. "Je pointe et je touche ! C'est un kyste ! C'est un roc! C'est un pic...C'est une tumeur ! Que dis-je, un nodule! C'est une belle cellule !"

"Pourquoi les maisons nous quittent? Morte Marie-Jo! Morte Ginou! Morte Mamy choux-fleurs ! Morte Clara ! Mort oncle Roger ! Mort Jean-Charles ! Mort papa ! Mort oncle Paul !"

 

Rendez-vous sur Hellocoton !