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Richesse de la pauvreté : Soeur Emmanuelle, Philippe Asso

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire:

 

"Richesse de la pauvreté" de Sœur Emmanuelle et Philippe Asso

 

 livre-2-0097.jpgSœur Emmanuelle fait partie des femmes qui m'ont toujours intrigué. Que l'on soit religieux ou non, certaines figures religieuses marquent les esprits par leur conviction ou leur dévouement. Soeur Emmanuelle appartient aux deux catégories.

 Dans ce récit, elle relate la différenciation des diverses pauvretés qui touchent le monde. Cette religieuse décrit ses expériences face à la misère du monde et fait ce constat implacable. Certains hommes naissent dans la misère et gardent un sourire figé sur leurs visages. Ils incarnent un bonheur intérieur qui se transmet entre membres de la même famille.

 Cette joie de vivre s'oppose à la pauvreté des pays développés où la course à l'argent a banni les bonheurs simples. Le pauvre est réduit à l'état d'animal, celui qu'on excrète parce qu'il a échoué dans sa réussite professionnelle.

 Ces deux pauvretés symbolisent des modes de vie opposée qui fondent la nature de l'homme.

 Sœur Emmanuelle laisse une part importante à l'aide apportée par l'homme pour l'homme. Elle redéfinit la finalité d'un accompagnement constructif pour les oubliés du système. Elle préconise un partage du savoir plutôt qu'un partage des biens. La réussite d'une mission humanitaire est atteinte quand des hommes aboutissent à récolter les fruits de leur travail. Ils comprennent la nécessité de planter soi-même les graines pour nourrir sa famille et non obtenir sans labeur la farine.

 Cette femme "courage" revient aussi sur son parcours. Elle illustre ses explications par de nombreux exemples de détresse. Elle ne s'est pas attendrie sur la misère du monde, elle a accompagné des êtres en souffrance d'égal à égal.

 

 Voici quelques citations tirées du récit :

 

"Mais c'est l'exclusion qui sécrète ce sentiment de rejet. L'exclusion, c'est le fait d'être en dehors de la société, du monde du travail, de la famille. Les pauvres, ici, n'ont pas de liens. Ils sont seuls. Leur misère s'accompagne d'une marginalité sociale. Beaucoup n'ont même plus de papiers. A leurs propres yeux et à ceux des autres, ils n'existent plus. Comment peut-on vivre sans aucune considération? Nous sommes là au dernier degré de la misère : ces hommes et ces femmes n'ont plus aucune place, ils n'ont plus de statut. D'une manière ou d'une autre, ils n'ont plus d'identité."

""Nous, Français, Anglais, Américains, nous sommes meilleurs, les plus intelligents."Évidemment, nous ne le proclamons pas en paroles, mais c'est comme incrusté dans notre mentalité. Nous avons tous à lutter contre ce complexe redoutable lorsque nous entrons en contact avec le tiers monde pour y exercer une aide humanitaire. Nous sommes portés à ne nous appuyer que sur nous-mêmes, sur notre propre acquis, surtout s'il est justifié par de brillants diplômes. Nous ne tenons pas suffisamment compte de la valeur de la culture locale dans sa simplicité, de ses besoins, de ses carences."

"Dans le bidonville, on se valorise à travers la nudité des choses, dans l'efflorescence des retrouvailles. Ici le temps ne se déroule pas dans le vide, il se charge d'un poids d'humanité. Chacun est tout bonnement soi-même, en confiance avec l'autre car, dans la nudité, il reste homme. J'y ai appris à goûter la relation avec l'homme, j'ai compris qu'elle est la source vivante qui rafraîchit le cœur."

 

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Mimi 26/02/2013 08:13

J'ai eu la chance de la rencontrer et j'en garde un excellent souvenir, son franc-parler, sa gentillesse, son dévouement....