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Si :Tu seras un homme, mon fils : Rudyard Kipling

 Rudyard_Kipling.jpg

 Rudyard Kipling est connu principalement pour ses écrits pour la jeunesse dont le plus réputé reste "Le livre de la jungle". Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1907.

Rudyard Kipling écrit ce poème en  l'honneur de son fils qui est mobilisé durant La Grande Guerre en 1910. Son titre initial est "if" et ce texte a été traduit par André Maurois. John Kipling est mort sur le front en 1915 durant la bataille de Loos.

 Lors de la rédaction de cet écrit, Rudyard Kipling ignore la future disparition de son fils. Il est confiant dans les forces armées mais surtout il accorde à son fils un très grand crédit. Il pense que la guerre fait d'un jeune adulte, un homme.

 Ce poète anglais demande à son fils de rester fidèle à lui-même. Il ne faut jamais qu'un enfant se renie et renie ses parents. La fierté d'un père doit demeurer intacte face aux aléas du temps et des évènements. Cependant Rudyard Kipling se sent responsable de la perte de son fils car c'est lui qui insiste pour que John intègre l'armée et rejoigne le front.

 

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,

Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre

Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,

Sans mentir toi-même d'un seul mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur ;

Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,

Penser sans n'être qu'un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peut être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d'un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

 

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Céline☼ 26/11/2012 07:45

Un poème que j'ai appris en CM2 et qui m'avait beaucoup marqué à l'époque.

toujoursalapage 30/11/2012 10:50



Ce n'est pas évident d'expliquer ce poème à des enfants. Ton instituteur aimait la poésie, à n'en pas douter.