Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Solitudes Australes : David Lefèvre

 Y a quelqu'un qui m'a dit de lire :

 

 Solitudes Australes de David Lefèvre

 

 les-livres-0044.jpgAprès une vie mouvementée, vouée à une quête effrénée pour le progrès et la possession, il devient urgent de poser ses valises pour remettre son identité au cœur de son existence.

 David Lefèvre plante sa tente plutôt fixe ses amarres dans une cabane sur la grève de l'île de Chiloé, au Chili. Il a décidé de se ressourcer, de cesser de courir après des idéaux qui ne lui convenaient pas mais que la société moderne avait bâtis pour lui. Partir n'est pas une lubie dans la quête d'un eldorado mais bien une volonté profonde de se fondre dans la nature. L'auteur cultive ses propres besoins. Il se contente des éléments naturels qu'ils l'entourent.

 Son roman débute par des descriptions d'un paradis perdu qui s'offre sans retenue. Le second temps est marqué par les comparaisons qu'il effectue entre sa société passée, tellement pesante et sa nouvelle vie faite de contemplations et de repli sur soi. Enfin, il s'emploie à prouver la difficulté d'adaptation à un monde sauvage.

 Ce roman se lit au calme pour en savourer tous les détails. Le lecteur glisse dans ce monde paisible mais parfois austère (tempête, froid, humidité...). La description de la nature profile dans son sillon un bien-être rédempteur. La balade pédestre apaise tous les maux de la terre. La pluie enterre les vestiges d'une société que l'auteur veut fuir.

 Si un de vos amis prône l'idée de s'isoler dans une cabane à l'autre bout du monde, aidez-le à remplir sa valise de livres qui lui permettront de traverser cette épreuve ou si le moment est venu pour vous de vous poser des questions existentielles ce roman est peut-être un substitut de voyage initiatique.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

 "J'ai peine à croire qu'en mille villes du monde les foules continuent de s'écouler dans la promiscuité de rues encaissées, et que la planète se surpeuple et grouille impunément de ventres repus et de bouches affamées. Je pourrais encore trancher dans ma chair, me saigner aux veines, m'immoler en place publique, mais que vaut ma goutte indignée, ma bouteille à la mer dans le ressac de l'océan insulté? Sans vous je ne suis rien. Et tant que rien ne rassemble assez, on peut à bon droit faire mine de croire que l'impasse ne conduit pas à l'obscurité."

 " La vie frugale situe un homme dans son choix, dans son degré d'appartenance ou de non-appartenance à un certain monde, dans sa déviance, dans sa volonté d'anonymat. Voilà pourquoi j'habite ma cabane avec une détermination tranquille. Tout entière, elle est le reflet fidèle de ma personnalité. Elle est l'alliance de l'esprit agreste et du naturel. Pour l'homme rustique, le retard est une avancée spectaculaire, et la cabane l'idéal de résidence. Tout comme l'appel de la forêt, son corollaire, la rusticité est dessinée en moi, elle a ses racines au plus profond, elle a certaines choses en horreur. Elle s'impose comme une évidence  et démontre les bienfaits de l'austérité comme elle fuit les pièges de l'abondance. Faire de la cabane non plus un simple point d'ancrage mais le huis clos d'une existence chaque jour recommencée relève d'un choix plus drastique."

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :