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Articles avec #juste un glacon catégorie

tangente vers l'est : Maylis de Kerangal

 tangente-vers-l-est.jpgLe transsibérien protège de nombreux secrets. L'histoire d'Aliocha et d'Hélène se compte parmi eux. Aliocha doit servir dans l'armée russe. Il a été désigné parmi de nombreux jeunes hommes. Il se retrouve cloîtré dans un wagon où s'entassent des centaines hommes qui ignorent leur lieu d'affectation. Ces soldats esseulés noient leurs destinés dans la vodka. Aliocha veut fuir cet endoctrinement ; il tente plusieurs fois d'échapper à ses chefs et retourne inexorablement dans ce wagon maudit. C'est grâce au concours de deux femmes, l'une française et l'autre russe qu'Aliocha réussira et rejoindra la horde des déserteurs.

 

 Cette histoire se dévoile dans un huis-clos, favorable à la promiscuité, au son du transsibérien glissant sur les rails. Ce roman est la rencontre de deux naufragés qui fuient une existence que l'on veut leur imposer. Aliocha doit partir en Sibérie pour effectuer son service militaire. Hélène fuit une Russie qui l'oppresse. Elle a quitté Paris pour suivre l'homme de sa vie. Mais cette vie l'empoisonne. Elle décide de prendre le premier train pour quitter de toute urgence cette situation.

 Cette rencontre est placée sous le signe de l'urgence. La barrière de la langue est importante mais pas insurmontable dans leur quête de liberté.

 La vitesse du train rythme l'histoire, accentue ce sentiment de fuite. Le paysage intensifie cette sensation d'oppression, d'agression. La nuit accroît l'angoisse de ces deux fuyards. Les moments de lassitude, de désir d'abandon sont effacés par ce désir de liberté.

 Les phrases sont longues, saccadées par des virgules qui donnent un rythme plus rapide à l'action. La longueur des phrases sonnent comme un appel au secours. Les phrases mesurent la longueur du train, englobent tout le trajet parcouru. A chaque fin de phrase, le lecteur reprend son souffle comme le forcené qui coure à perdre haleine.

 La description des paysages est un ravissement, un dépaysement, une volonté à la fois de découverte et à la fois un désir de fuite. Les grands espaces déterminent des sentiments ambivalents: envie d'aventure ou peur de l'inconnu.

 L'inconnu peut-être l'homme en face de soi qui demande de l'aide mais aussi l'inconnu, au sens large, la peur de ce qu'on ignore.

 La scène où les deux personnages se lavent, mutuellement, les cheveux en signe de baptême détermine la renaissance de cette femme et de cet homme. C'est un moment crucial, hautement symbolique dans le livre qui fixe le point de départ d'une nouvelle vie.

 Maylis de Kerangal promène son lecteur au coeur d'une Sibérie extraordinaire, violente et douce. Elle alterne les moments de douceur, la verdure des campagnes à la sécheresse et à la dureté des paysages.

 Merci pour ce voyage qui relate l'union de deux inconnus dans une volonté commune de vivre libre.

 

 Voici quelques citations du roman:

 "Après quoi les rails irréversibles qui déplient le pays, déballent, déballent, déballent la Russie, progressent entre les latitudes 50°N et 60°N, et les gars qui poissent dans les wagons, les crânes pâles sous la tonsure, les tempes vaporisés de sueur, et parmi eux Aliocha, vingt ans, bâti en force mais le corps pris dans des élans contraires, le torse qui oblique vers l'avant quand les épaules, elles, sont déjetées vers l'arrière, colériques, le teint ciment, l'oeil noir, et posté à l'extrémité du convoi, au bout du dernier wagon, dans un compartiment badigeonné de peinture grasse, cellule percée de trois ouvertures que les fumeurs se sont appropriée."

 " Le lac est tour à tour la mer intérieure et le ciel inversé, le gouffre et le sanctuaire, l'abysse et la pureté, le tabernacle et le diamant, il est l'oeil bleu de la Terre, la beauté du monde, et bientôt, basculant à l'unisson des autres passagers, Hélène photographie elle aussi le lac avec son téléphone..."

 "Elles ne le voient pas immédiatement, il n'est plus derrière la porte mais prostré au sol, semblable à une chose que les secousses de terreur ont vidé de sa substance, une chose cachée, qui a brutalisé une femme, terrorisé un enfant, une chose qui était prête à tuer pour ne pas se faire prendre - il repense à l'exacte impulsion de sa paume contre les lèvres du gosse et revoit l'artère qui palpite le long de son petit cou blanc."


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La mer noire : Kéthévane Davrichewy

 IMG-copie-1.jpgLa mer noire, mer intérieure, encerclée par la Bulgarie, la Géorgie, la Roumanie, la Russie, la Turquie et l'Ukraine est le sujet pictural de prédilection d'Ivan Aïvazovski. Dans la "neuvième vague", il peint un naufrage sur la Mer Noire.

 Kéthévane Davrichewy décrit un naufrage dans son deuxième roman, celui d'un amour intouchable. Ce roman est issu de son histoire familiale, précisément de ses grands-parents qui ont vécu l'exil.

 Elle aborde, aux travers des rêveries d'une grand-mère, le pays de ses origines géorgiennes. Tamouna est une grand-mère, forcée de quitter son pays pour fuire la dictature russe. Kéthévane Davrichewy aborde le thème de l'amour éternel, de l'intégration et des incompréhensions de l'Histoire.

 Sous forme de rêveries, Kéthévane Davrichewy raconte l'histoire d'une rencontre amoureuse d'adolescents. Tamouna a quinze ans quand elle tombe amoureuse de Tamaz, durant son dernier été à Batoumi. La famille de Tamouna est obligée de s'exiler en France, à Paris, pays du bonheur. Hélas, cette ville tellement idéalisée dans la culture slave devient le tombeau de Tamouna.

Celle-ci vit ou plutôt laisse la vie la guider dans un village près de Paris. Les Géorgiens exilés vivent en communauté. Ils sont solidaires, se marient entre eux. Ils se côtoient mais jamais personnes n'évoquent le passé trouble, la violence infligée à leur peuple. Chacun reste muré dans son silence. Chacun porte dans son coeur un bout de son pays natal. Tamouna emporte avec elle son pays et le seul amour de sa vie.

 Certes, elle se marie, a des enfants, continue à rendre visite à sa famille qui ne cesse de s'agrandir. Elle a des nouvelles de Tamar qui a fui la dictature. Il est devenu architecte aux États-Unis, a des enfants. Mais elle continue à vivre dans ses souvenirs. Elle revoit quelquefois son amour de toujours. Ils s'aiment mais la vie les a séparé. Ils ont une liaison durant trois jours et trois nuits.

 Ils se revoient une dernière fois, seuls, durant le dernier anniversaire de Tamouna qui fête ses quatre-vingt dix ans. Elle meure apaisée d'avoir aimée et de l'avoir revu.

 Tamar est l'homme qui fait découvrir l'amour à Tamouna et se sera le dernier à lui avoir fait l'amour.

 

 Ce roman est une histoire d'amour calme et préservée. Le lecteur ne pénètre pas dans une tragédie grecque mais dans un doux songe amoureux. Les méandres de la guerre qui les séparent n'entachent pas l'amour idéal qu'ils se promettent l'un à l'autre dans un silence. Ils continuent à vivre l'un avec l'autre mais l'un sans l'autre. Les lettres écrites par Tamouna pour son amant idéalisé, vénéré, sont d'un romantisme romanesque et poétique. Celles-ci ne seront jamais envoyées, aggrafées dans un cahier qu'elle détruira des années plus tard. Geste encore plus émouvant.

 Kéthévane Davrichewy accompagne son récit amoureux de pincées d'histoire. Le lecteur découvre la Géorgie mais pas vraiment les raisons de la dictature russe. La Géorgie livre ses coutumes, ses croyances. Cette auteure apporte une explication au besoin de rester en communautés même dans un pays qui lui offre son hospitalité. Le thème de l'intégration est posé et la question récurrente des apatrides reste en suspend. Personne ne connaît de réponses : les exilés aiment leur pays mais ne peuvent y retourner; ils aiment la France mais ne parviennent pas à prendre cette nationalité car ce serait renier leurs racines.

 C'est un roman doux, attendrissant qui redonne ses lettres de noblesse à l'amour et permet à une fille d'immigrés d'essayer de comprendre sa propre histoire.

 

 Quelques citations tirées du roman:

 " Les côtes géorgiennes se sont évanouies dans la mer Noire. Je me bouche les oreilles. Les sanglots de la petite fille me sont insupportables. Je voudrais sortir sur le pont, prendre l'air, et vomir dans la mer. Nous sommes bloqués à l'intérieur. J'étouffe. La voix de Déda résonne derrière moi. La main de mon père se pose sur mon épaule. Je ne sais pas de quand date la décision de quitter le pays."

 "Son courage me séduit. Par honnêteté envers lui, je ne vais plus t'écrire. Je n'ai pourtant pas cessé de t'aimer. J'ai cessé de t'espérer."

 " Ai-je eu raison de lui mentir? Je ne l'ai pas laissée décider. Qu'aurait-elle voulu faire du temps qui lui restait si j'avais dit la vérité? Mentir toujours. On n'avait fait que ça. Mentir sur la disparition de notre père, mentir sur le retour possible, mentir sur nos amours. Nos vies ne sont que mensonges."


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Hiver arctique : Arnaldur Indridason

 Hiver arctiqueLe titre de ce roman : Hiver arctique est un doux euphémisme quand le froid submerge le petit corps d'un asiatique.

 Arnaldur Indridason débute son récit par cette épitaphe qui résonne dans tous les esprits quand la mort frappe un enfant :" ...lequel des deux suis-je, de celui qui survit ou de l'autre qui meurt?" (Steinn Steinarr, Au cimetière).

 Elias, un petit enfant asiatique, est retrouvé assassiné aux pieds des immeubles de sa cité. Il est allongé sur le sol, le gel a déjà emprisonné sa chevelure noire qui s'oppose à la blancheur du sol. Le sang s'échappant de sa blessure s'est solidifié.

Les policiers sont décontenancés face à ce drame. Ils mènent leur enquête en considérant que cet acte est lié au racisme, puis à un règlement de compte entre revendeur de drogue. Chaque enquêteur apporte son point de vue sur cette enquête délicate. Qui a bien pu s'en prendre à un gamin qui n'avait aucun problème particulier ?

 Les enquêteurs sont soumis à la réalité de leur société : manque de tolérance envers les étrangers, barrière de la langue, confrontation de diverses cultures, violence des faits, absence d'indices...Erlendur, Elinborg et Sigurdur Oli, des détectives chevronnés, mèneront de front cette affaire afin que Elias repose en paix et que sa mère, Sunee, et son frère, Niran, retrouvent le goût de vivre.

 Ce meurtre est-il lié au racisme ambiant ou à un crime gratuit ?

 Arnaldur Indridason accompagne son lecteur dans une civilisation qu'il ne connaît pas ou très peu. Les descriptions de Reykjavik apportent des éléments complémentaires à l'enquête. Le froid glacial submerge les esprits; il pénètre les corps et renvoie constamment à l'image de ce corps enfantin figé dans la glace.

 La société islandaise est passée au peigne fin. Les tensions raciales sont au coeur de ce roman. Arnaldur Indridason associe deux affaires diamétralement opposées la disparition d'une femme et le meurtre. L'inspecteur principal est un être rongé par la mort accidentelle de son frère dans les Landes qui accapare son esprit. Arnaldur Indridason crée une atmosphère noire et lugubre. Il ne laisse aucune place à l'espoir. Ce roman fait partie intégrante de la bibliothèque de cet inspecteur en souffrance. Je vous laisse découvrir les choix littéraires d' Erlendur.

 

 Ce roman a obtenu le prix Clé de Verre du roman noir scandinave qu'il mérite sans conteste. C'est le premier de ses romans que je lis et cela ne sera pas le dernier.

 

 Voici quelques citations tirées du roman :

 

 " Je me suis approchée de lui pour lui demander à quoi il pensait. "A l'oiseau", m'a-t-il répondu. " Quel oiseau?" "Celui dont j'ai rêvé, a-t-il précisé. L'oiseau qui est mort."

 "- Il me semble que c'est dans les fjords de l'Ouest que l'intégration a le mieux réussi, note Elinborg. Il y vit des gens de diverses nationalités, je crois qu'ils sont originaires d'une dizaine de pays différents. Ils occupent un territoire réduit et respectent les divergences culturelles et les origines de chacun tout en s'enracinant fortement dans la société islandaise."

 " Ils discutèrent longuement de l'évènement jusqu'au moment où Erlendur lui demanda pourquoi ils avaient décidé de poignarder Elias et quel avait été l'élément déclencheur.

 - Ben, répondit Hallur.

 - Ben quoi?

 - Il était là.

 - Est-ce la seule raison?

 - Et on n'avait rien à faire."

 " La vie était un enchevêtrement de hasards dénués de toutes règles, des hasards qui gouvernaient l'existence des gens, comme ces tempêtes qui s'abattaient sans prévenir, faisant morts et blessés."


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Jo Nesbo face au massacre dans son pays

Jo Nesbø raconte l'innocence perdue de la Norvège

Après le drame qui a touché son pays le 22 juillet, l'auteur de polars norvégien Jo Nesbø a écrit un texte poignant publié par l'ensemble de la presse internationale. Courrier international en a obtenu l'exclusivité pour la France.

 

Voici le lien pour lire ce texte :link

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Le Léopard : Jo Nesbo

 le-leopard,M49136Pour les aficionados des thrillers, vous ne resterez pas insensibles à cette enquête de Harry Hole (Holy).

 

 J'avoue avoir été inquiète quand j'ai constaté le nombre de pages pour une enquête policière ( 761 pages) mais c'était sans compter sur le talent de Jo  Nesbo.

 L'écrivain retourne piocher, dans ce qui a fait de lui un excellent metteur en scène du crime, son détective. Une inspectrice est chargée de le ramener à Oslo car deux meurtres non-élucidés accaparent toute l'attention de la police. Un ancien de ses chefs perçoit cette affaire comme celle de meurtre en série. Rien ne lie ses deux premiers macchabées mais l'instinct du flic est infaillible. Pour résoudre cette enquête, il faut le meilleur. Les meurtres vont s'enchaîner pour atteindre le nombre de huit. Les victimes n'ont aucun lien entre elles sauf une nuit passée dans un chalet.

 Que s'est-il passé ou non cette nuit-là au clair de lune?

 Le lecteur doit se laisser embarquer dans cette histoire, accepter de se tromper, d'être mener en bateau. Jo Nesbo joue avec le lecteur par des structures de phrases particulières. Il manipule les sujets, les confond. Il mélange les histoires individuelles et l'histoire proprement dite. Le lecteur devient Holy et enquête avec ses doutes, ses propres émotions. Cette manière d'opérer peut décontenancer le lecteur non initié.

 Ce thriller est épais mais le lecteur ne sentira aucun moment d'accalmie. Cette oeuvre est justement dosée, les corps mutilés apparaissent progressivement. Jo Nesbo utilise divers points de vue ce qui enrichit ce roman.

 Certains détracteurs s'attarderont sur le fait qu'il joue avec les stéréotypes : Harry est un flic soûlard, drogué, fuyard, bagarreur mais avec un flair imparable ; la liaison avec une coéquipière; deux chefs qui se battent pour le trône de la brigade....Je désire rassurer les amateurs de polar, on adore ce style de bad boy.

 Je vous conseille de vous accorder cette pause dans le grand froid.

 

 Voici quelques citations tirées du thriller :


 " On lui avait dit que le léopard était suffisamment silencieux pour pouvoir se glisser tout près de sa proie dans le noir, qu'il réglait sa respiration sur la sienne. Il retient son souffle quand vous cessez de respirer. Il lui semblait percevoir la chaleur de son corps."

 " - Assez pour déterrer Hole, le vieux chasseur de tueurs en série. Un outsider qui n'est même plus sur la liste des salariés, qui pourrait enquêter sur cette affaire dans le plus grand silence."

 " D'où la pomme de Léopard. Pas parce que c'était un instrument de torture particulièrement propre, il empêchait même le prisonnier de parler. Mais son effet sur les indigènes qui regardaient ce qui se passait quand le tortionnaire tirait sur le cordon pour la seconde fois s'était impeccable."

 " Car ce qu'avait dit Even était vrai : personne n'est ce dont il a l'air, et là plupart des choses, exception faite de la trahison authentique, ne sont que mensonge et tromperie. Et le jour où nous découvrons que nous ne sommes pas différents, c'est le jour où nous n'avons plus envie de vivre."

 " - Mais, vous avez préféré qu'il souffre, compléta Altman. La mort, c'était une issue trop facile."

 " - Deux facettes de la même question. Sur le marché du risque, le pain de l'un est toujours la mort de l'autre."

 " La haine. Une haine étincelante, bouillonnante. C'est le carburant qui le fait survivre, le magma qui lui tient chaud. Et tout comme le magma, la haine est une condition de la vie, pour éviter que tout ne gèle. En même temps, la pression de cette chaleur contenue conduit à des éruptions, à la libération des forces destructrices, c'est inévitable."


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Chasseurs de têtes : Jo Nesbo

 006-copie-1Jo Nesbo est un auteur norvégien, né à Oslo en 1960. Il obtient le prix du meilleur roman policier nordique pour "L'homme Chauve-souris". Les journalistes et experts de la littérature venue du froid le considèrent comme le successeur de Henning Mankell (auteur suédois).

 Aujourd'hui, je m'attarderai sur le thriller "Chasseurs de têtes" que j'ai découvert au Salon du Livres de Paris. J'avoue avoir eu  le désir de découvrir cet auteur par le truchement de cette quatrième de couverture qui ne laissait percevoir aucun lien avec son titre.

 Roger Brown est un chasseur de tête, hors norme. Il est le meilleur dans sa profession et ne se trompe jamais quand il présente un candidat pour un poste à responsabilité. Mais Roger est aussi le meilleur dans les vols de tableau de maître. Il faut dire qu'il est contraint de voler pour subvenir aux besoins financiers de sa femme et limiter le gouffre financier dans lequel il se trouve. Tout fonctionne à merveille, un complice qui désactive les alarmes à distance pendant qu'il s'introduit dans les demeures afin de commettre ses larcins. Roger est un fin limier qui connaît les techniques du FBI pour interroger des suspects. Cette technique le sauvera à plusieurs reprises.

 Un jour, il rencontrera plus fort que lui. Clas est aussi psychologue et manipulateur que lui. Il poussera la femme de Roger à l'empoisonner mais elle empoisonnera le complice de celui-ci. Les meurtres vont se succéder avec frénésie.

 Qui des deux protagonistes sortira vivant de cette histoire?

 Les lieux sont passés aux peignes fins. Les descriptions sont emprunts d'indices.Certaines descriptions frôle l'écoeurement, le lecteur sent les moindres odeurs qui parfument ou étouffent l'histoire.

 Le lecteur devient l'inspecteur en chef de cette enquête. Le lecteur reste dans l'ignorance de cette fin de roman. Quand vous terminez cette lecture, vous avez envie de  relire des passages afin de dénicher tous les indices qui vous aurez échappé.

 J'admets que ma découverte de la littérature norvégienne est un succès. La lecture est agréable et plaisante. Vous pouvez offrir ce thriller pour la fête des pères où le glisser dans votre valise.

 

 Voici quelques citations :

" - La seule raison - et je dis bien : la seule raison - pour laquelle ce tableau vaut son quart de million, c'est la renommée de l'artiste. La rumeur qu'il est bon, la confiance qu'a le marché dans son génie. Car c'est difficile de mettre le doigt sur ce qui est génial, impossible de le savoir à coup sûr. Il en va de même pour les dirigeants, Lander."

" Je voulais être père, j'avais prévu de ne lui dire que ce soir, mais je sus tout à coup que c'était l'instant idéal. Maintenant, ici, sur le lieu du crime, avec Rubens sous le bras et ce bel arbre majestueux devant moi."

" Je faillis lui courir après, mais restai à ma place. Réconforter sa meurtrière, quel sens ça a ?"

" Les âmes nobles et fidèles sont souvent handicapées par leur loyauté envers même les personnes les plus infâmes. Oui, surtout envers les plus infâmes."

" Mais ce n'était pas une haine trouble, au contraire, c'était une haine pure, sincère, presque innocente, et j'imaginai que c'était ainsi que les croisés avaient détesté les auteurs de sacrilèges."

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