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Articles avec #le lever de rideau catégorie

Don Quichotte : de Monique Lachère d'après le roman de Miguel de Cervantès

Don Quichotte : de Monique Lachère d'après le roman de Miguel de Cervantès

    J'ai croisé Don Quichotte de Miguel de Cervantes sous les traits éclairés et respectueux de Monique Lachère. 

 

   Une très belle histoire de folie douce: Don Quichotte, un homme féru de littérature (surtout de roman chevaleresque) perd la raison et confond la fiction et la réalité. Il décide, avec son fidèle écuyer Sancho Pança, de sauver ses sujets et son peuple d'une attaque ennemie. Il transforme les fermes en château, les pauvres femmes travaillant aux champs en femme du monde tissant des tapis en fil d'or. Il lutte contre des moulins à vent.

    Entrez dans cette folie délirante, laissez-vous porter par ces chimères !

 

 Monique Lachère retranscrit cet aveuglement littéraire avec brio. Elle transmet au spectateur la volonté de découvrir cet auteur prolifique, Miguel de Cervantes, et ce désir de se laisser porter par son imaginaire.

    Venez chevaucher une monture (bestiole, prénommée Rossinante), combattre des ennemis invisibles et aimez Dulcinée du Toboso !

 

   Cependant cet aveuglement littéraire pose de nombreuses questions sur la place de la littérature dans l'éducation. La littérature mène-t-elle à la déraison ou la littérature est-elle une échappatoire à une vie morose et plate? La littérature doit-elle abandonner les descriptions épiques et chevaleresques pour s'attacher au présent?

 

   Le plaisir est de tenter de répondre à ces questions sans oublier l'humour des situations cocasses de ce roman transcrit en pièce de théâtre.

En vérité, je n'ai lu aucune histoire, parce que je ne sais ni lire ni écrire. Mais je gagerai bien que de ma vie je n'ai servi un maître plus hardi, et à Dieu ne plaise que ces hardiesses se payent là où j'ai dit. Il vous sort du sang de cette oreille. J'ai ici de la charpie et un peu d'onguent blanc dans le bissac pour vous panser.

Nous y voilà. Donc la renommée de celui qui ressuscite les morts, donne la vue aux aveugles, redresse les boiteux et guérit des malades - et devant le sépulcre duquel les lampes brûlent - vaut mieux, en ce bas monde comme en l'autre, que celle qu'on laissée d'eux autant d'empereurs païens, et de chevaliers errants.

La liberté, Sancho, est l'un des dons les plus excellents que les cieux aient fait aux hommes. Tous les trésors de la terre et des mers ne s'y peuvent comparer. Il était temps de quitter ton île ainsi que le luxe et l'abondance dont nous avons joué dans ce château. Heureux celui à qui le ciel a donné un morceau de pain sans qu'il soit obligé de remercier qui que ce soit d'autre que le ciel même.

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Calendar de l'avent : 23 décembre /23ème présent

Calendar de l'avent : 23 décembre /23ème présent

Un petit tour à la cour de Louis XIV, sur le ton de la comédie et du ballet, cela vous tentera-t-il?

Merci Molière de nous régaler par ses exagérations, ses aberrations quant à l'obsession d'Argan envers la maladie dans "le malade imaginaire". Il s'entoure de médecins qui se jouent de lui pour le plus grand plaisir des spectateurs. Des intrigues se nouent autour de cette folie : Béline, la seconde femme d'Argan, manigance pour toucher l'héritage; Toinette complote pour aider Angélique et Cléante se déguise pour conquérir sa belle.

Le comique est de rigueur et la joie de replonger dans la lecture d'une pièce de Molière reste intacte. Bon voyage dans la mélodie des textes du XIVème siècle.

 

Calendar de l'avent : 23 décembre /23ème présent

ARGAN.- Monsieur Purgon m’a dit de me promener le matin dans ma chambre, douze allées, et douze venues ; mais j’ai oublié à lui demander, si c’est en long, ou en large.

TOINETTE.- Il faut absolument empêcher ce mariage extravagant, qu’il s’est mis dans la fantaisie, et j’avais songé en moi-même, que ç’aurait été une bonne affaire, de pouvoir introduire ici un médecin à notre poste, pour le dégoûter de son Monsieur Purgon, et lui décrier sa conduite. Mais, comme nous n’avons personne en main pour cela, j’ai résolu de jouer un tour de ma tête.

BÉRALDE.- C’est qu’il y en a parmi eux, qui sont eux-mêmes dans l’erreur populaire, dont ils profitent, et d’autres qui en profitent sans y être. Votre Monsieur Purgon, par exemple, n’y sait point de finesse ; c’est un homme tout médecin, depuis la tête jusqu’aux pieds. Un homme qui croit à ses règles, plus qu’à toutes les démonstrations des mathématiques, et qui croirait du crime à les vouloir examiner ; qui ne voit rien d’obscur dans la médecine, rien de douteux, rien de difficile ; et qui avec une impétuosité de prévention, une raideur de confiance, une brutalité de sens commun et de raison, donne au travers des purgations et des saignées, et ne balance aucune chose. Il ne lui faut point vouloir mal de tout ce qu’il pourra vous faire, c’est de la meilleure foi du monde, qu’il vous expédiera, et il ne fera, en vous tuant, que ce qu’il a fait à sa femme et à ses enfants, et ce qu’en un besoin il ferait à lui-même.

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Calendar de l'avent : 5 décembre / 5ème présent

Calendar de l'avent : 5 décembre / 5ème présent

En route sur le chemin qui mène aux rêves merveilleux de Noël, j'ai croisé un fifre qui, après un verre de vin (on ne nous prévient pas s'il est chaud et parfumé à la cannelle), me délivre les secrets des "Lettres de mon moulin" d'Alphonse Daudet.

 Dans ce recueil de lettres, vous découvrirez avec plaisir des personnages haut en couleur tel que le joueur de fifre, le curé ou bien encore l'amoureux qui vous donneront le goût de la Provence. Les caractères se forgent et Alphonse Daudet se donne un malin plaisir à nous dévoiler tous les travers de ses acolytes d'une lettre.

Calendar de l'avent : 5 décembre / 5ème présent

Le petit était malade, tante Norade en vacances chez ses enfants. La belle Stéphanette m'apprit tout ça, en descendant de sa mule, et aussi qu'elle arrivait tard parce qu'elle s'était perdue en route; mais à la voir si bien endimanchée, avec son ruban à fleurs, sa jupe brillante et ses dentelles, elle avait plutôt l'air de s'être attardée à quelque danse que d'avoir cherché son chemin dans les buissons. O la mignonne créature ! Mes yeux ne pouvaient se lasser de la regarder. Il est vrai que je ne l'avais jamais vue de si près. Quelquefois l'hiver, quand les troupeaux étaient descendus dans la plaine et que je rentrais le soir à la ferme pour souper, elle traversait la salle vivement, sans guère parler aux serviteurs, toujours parée et un peu fière...Et maintenant je l'avais là devant moi, rien que pour moi ; n'étais-ce pas à en perdre la tête?

Et l'ange ouvre et feuillette son grand livre, mouillant son doigt de salive pour que le feuillet glisse mieux...
"- Cucugnan, dit-il en poussant un long soupir...monsieur Martin, nous n'avons en purgatoire personne de Cucugnan.
- Jésus ! Marie ! Joseph ! personne de Cucugnan en purgatoire ! O grand Dieu ! où sont-ils donc?
- Eh ! saint homme, ils sont en paradis. Où diantre voulez-vous qu'ils soient?
- Mais j'en viens, du paradis...
- Vous en venez !...Eh bien?
- Eh bien ! Ils n'y sont pas !... Ah! bonne mère des anges !...
- Que voulez-vous, monsieur le curé ! s'ils ne sont ni en paradis ni en purgatoire, il n'y a pas de milieu, ils sont...
- Sainte-Croix ! Jésus, fils de David ! Aï, aï, aï ! est-il possible ?...Serait-ce un mensonge du grand saint Pierre?... Pourtant je n'ai pas entendu chanter le coq !...Aï ! pauvres nous ! comment irai-je en paradis si mes cucugnanais n'y sont pas ?

Je comprends bien ce que vous me dites, monsieur l'abbé; mais enfin est-ce que mon petit ami Beppo ne pourrait pas mourir à ma place, en lui donnant beaucoup d'argent?...

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Le Cid : Corneille

Le Cid : Corneille

     Question, somme toute, sans intérêt mais qui se souvient du prénom de ce tragédien du XVII ème siècle? Ne trichez pas son nom résonne à nos oreilles d'ancien étudiant mais ce fameux prénom. Simplement Pierre.

    Question supplémentaire : citez trois pièces de cet auteur prolifique, à part Le Cid ? (je vous voyais arriver avec vos gros sabots). Donc on peut ajouter : L'illusion comique de 1636, Cinna de 1642 et enfin Oedipe de 1659. Je reconnais la liste peut-être longue et vous laisse le plaisir de la compléter. Jeu qui peut devenir très ludique.

 

    Je vous accorde le plaisir de découvrir avec moi : qui est qui dans Le Cid : Don Fernand, premier roi de Castille; Dona Urraque, infante de Castille; Don Diègue, père de don Rodrigue; Don Gomès, père de Chimère; Don Rodrigue, amant de Chimène, Don Sanche, amoureux de Chimène; Chimène, fille de don Gomès, Léonor, gouvernante de l'Infante; Elvire, gouvernante de Chimène.

 

    Attention voici l'intrigue: Le comte Gomès, humilié par le roi par sa décision de prendre Don Diègue comme précepteur du prince, le provoque en duel. Don Rodrigue doit laver l'honneur de sa famille sur l'ordre de son père. Il tue Don Gomès et ruine ses fiançailles avec Chimène. L'assassin du père de Chimène ne peut moralement pas épouser Chimène. Celle-ci demande la mort de Rodrigue au roi. Durant cette tragédie, Les Maures attaquent la ville et Rodrigue sauve son royaume. Le roi lui accorde son pardon. Cependant, Chimène ne peut se résoudre à aimer un homme qui a tué son père. Elle propose au roi d'épouser le vainqueur du duel qui opposera Don Sanche (amoureux de Chimène) et Don Rodrigue (amant de Chimène). Don Rodrigue gagne et leur mariage sera célébré un an après ce duel.

 

O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie!
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois à sauver cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi?
O cruel souvenir de ma gloire passée!
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée!
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur:
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur;
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,
Malgré le choix du Roi, m'en a su rendre digne indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d'un corps tout de glace inutile ornement
Fer, jadis tant à craindre et qui, dans cette offense,
M'as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Ne mêle point de soupirs à ma joie;
Laisse-moi prendre haleine afin de te louer.
Tu l'as bien imitée, et ton illustre audace
Fait bien revivre en toi les héros de ma race :
C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens :
Ton premier coup d'épée égale tous les miens;
Et d'une belle ardeur ta jeunesse animée
Par cette grande épreuve atteint ma renommée.
Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur,
Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur,
Viens baiser cette joue, et reconnais la place
Où fut empreint l'affront que ton courage efface.

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Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

     Le théâtre est un art qui me fascine. Le jeu des acteurs déambulant sur les planches reste attractif quelle que soit la mise en scène.

     Cependant attardons-nous sur le travail de la mise en scène et tous ses enjeux. Axel Sénéquier s'attaque à cette institution qui ne possède pas d'école, à part l'école de la vie, des rencontres avec d'autres metteurs en scène. Le créateur doit se forger lui-même.

     Nonobstant absence d'école, des règles et des lois régissent ce monde de la création. Axel Sénéquier, par le biais de ce manuel, propose une approche intéressante de ce métier admirable et méconnu. Méconnu dans le sens de sa propre définition. Tout le monde connaît le terme et est capable d'en donner une définition plus ou moins complète mais quand il s'agit de rentrer dans le vif du sujet les voix se taisent.

     Dans ce manuel, les débutants et les expérimentés découvriront des techniques, des annotations, des définitions, des icônes et des références théâtrales innombrables. L'auteure aborde chacun des axes déclencheur d'émotion chez le spectateur. Ce livre se lit d'une traite pour connaître toutes les astuces et les textes de loi pour respecter les écrivains. Puis je vous conseille d'utiliser des marques pages, post-it, des surligneurs pour exploiter au maximum ce petit trésor.

 

   Bonne lecture et Bonne MISE EN SCENE !!!!!

Dans Fantasio, d'Alfred de Musset, mise en scène à la Comédie-Française par Denis podalydès en 2008, le rôle de Fantasio est interprété par une femme.

Le rideau dissimule l'espace scénique du public. Son ouverture et sa fermeture marquent le début et la fin de la pièce ou le passage entre les actes. Il s'agit d'un élément important de la mise en scène.

Son ouverture provoque la surprise des spectateurs : il importe donc de leur laisser un moment pour étudier les décors avant le début de l'action.

Il est aussi possible de laisser le rideau ouvert pour que les spectateurs découvrent la scène en s'asseyant. Cela crée une ambiance (musique, lumière, personnage installé sur scène et immobile ou s'affairant dans son coin....).

La claque désigne un groupe de spectateurs chargés d'applaudir bruyamment une représentation afin de favoriser son succès. Cette institution de spectateurs payés a disparu au début du XXe siècle.

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Farces à la trappe, Comédies à la Trappe : Une envie de théâtre

Farces à la trappe, Comédies à la Trappe : Une envie de théâtre

Avec : Alexandre Bersier, Charlotte Bonnafy, Margaux Bovet, Daniel Brigljevic, Mina Brigljevic, Diane Delley, Matilda Frieden, Noémie Guscioni, Rimma Habtezgue, Paulina Havran, Sarah Jaquet, Luca Jutzet, Gabin Kolly, Mara Kühn, Jeanne Liaudat, Flavia Lopes Garcia, Wassim Maj, Valentin Marro, Emilie Niederhäuser, Charles Pardo, Virgile Rossier et Leïla Roulin

Mise en scène Anne Dumas Décors-Construction Michel Torche Décors-Peinture Patrick Schmid Costumes Anne Marbacher Lumières Maurice Sottas Musique Benoît Gisler Maquillages Evangelos Kapsopoulos Régie-Lumières Jules Rossier Régie-Son Nicolas Fischer Affiche Luca Jutzet et Flavia Lopes Garcia Photos Valentin Grand

 

  Quel plaisir de découvrir de jeunes talents en proie à la diction? Restez à l'écoute, des étudiants nous offrent des scénettes (saynètes) abordant tous les phénomènes de société : l'amour, l'enfantement ou l'impossibilité d'enfanter, la mort...

 

  Un beau travail de mise en scène et un apprentissage rigoureux des textes ne vous laisseront pas de marbre. L'élaboration de la mise en scène et les choix de textes (piochés dans les écrits de Pierre Gripari et Jean Tardieu, auteurs du XXème siècle) apportent un point de vue burlesque et novateur sur la société contemporaine.

 

   La première partie est difficile si vous devez emmener des enfants. La deuxième partie est plus accessible. Les acteurs sont fantastiques et s'accaparent les rôles avec justesse.  Les textes sont ardus cependant leur diction est exemplaire.

 

  Merci pour ce spectacle !

 

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La femme de Rio : Nicolas Rey et Emma Luchini

 la-femme-de-rio.gifC'est la première fois que je m'attarde sur un texte issu d'un film, ou un film tiré d'un texte. Le nom de "Luchini" a surement été un élément déclencheur de cet achat. J'apprécie Fabrice Luchini donc j'avais envie de découvrir l'univers de sa fille.

 Je ne me permettrai pas de juger ses films car aucune vidéo ne compose ma vidéothèque. Je préfère m'attarder sur un texte théâtral digne d'un film (certes déjà réalisé par Emma Luchini).

 

 Le rideau se lève sur une chambre lumineuse et encombrée "Une chambre en désordre. On sent immédiatement que cette pièce est le lieu principal de vie d'une personne qui ne sort pas beaucoup.". Un homme, emmitouflé dans une robe de chambre élimée. Cet homme vit seul, fuyant le monde extérieur et son lot d'angoisse. Son seul ami Kleber tente à maintes reprises de l'extirper de sa tanière mais le succès atteint le triste sort de zéro.

 La seule liberté que s'autorise Gilbert est la discussion avec le livreur de sushi qui lui apporte la même commande tous les jours. Mais un jour en refermant sa porte, il aperçoit un téléphone portable.

 Son monde se transforme quand la sonnerie du téléphone retentit et qu'une femme s'introduit dans sa misérable vie. Ils vont vivre en une seule nuit toute une existence à deux. Une véritable existence en vitesse accélérée!

 

 C'est un huis-clos innovant qui confronte deux vies solitaires qui s'approvisent. Les personnages se jaugent, se taraudent, se dominent et se découvrent. Ils doivent vivre une vie de couple en une nuit. Ils doivent s'aimer, se marier, avoir des enfants, ne pas vieillir ensemble " Mais c'est pas grave, mon amour. C'est pas parce qu'on s'aime moins qu'on s'aime plus tu sais?.".  À la lumière du jour, ils se seront oubliés."Tu m'embrasses pour la dernière fois, mon amour?"

 C'est une romance délicate et poétique. La sensibilité des personnages reflète un manque total de confiance en eux.

 La pièce pose les questions de la solitude, des existences établies pour rentrer dans la norme.

 Le ton est donné dans la vision chaotique de cet appartement d'un homme seul. Les phrases sont courtes pour obtenir un dialogue plus direct et incisif.

 Une belle pièce à monter !

 

 

 

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J'avais un beau ballon rouge: Angela Dematté

 textes-de-theatre-0087.jpgJ'ai retrouvé au détour d'un théâtre, Romane et Richard Bohringer, dans une pièce magnifique et poignante : "J'avais un beau ballon rouge" d'Angela Dematté.

 Cette pièce retrace la révolution des étudiants italiens, à partir de 1960, qui s'intensifie pour rejoindre une lutte armée puissante : les Brigades Rouges.

 À travers un dialogue intense entre un père, bourgeois, commerçant et sa fille, étudiante en sociologie qui épouse des convictions révolutionnaires, se tisse le drame d'une jeunesse désireuse d'avenir et de changement.

 Romane Bohringer incarne avec brio Marguerita Cagol. Sa verve et sa détermination dans cette lutte brillent dans les yeux de cette actrice chevronnée. Ces tirades prennent aux tripes et les spectateurs l'écoutent haranguer la foule. La seule fêlure de cette femme de conviction est la tristesse qu'elle ne cesse de lire dans le cœur de son père.

 La conversation intimiste, à laquelle assiste le spectateur médusé, renvoie aux liens puissants d'amour filial. Un père, passif devant la vie qu'il mène, se retrouve confronté à la volonté de sa fille qui désire détruire le passé et bâtir un monde meilleur pour son prochain. Richard Bohringer porte les stigmates d'un homme impuissant devant la détermination de sa fille. Il désire son bien et reste faible face à la combativité de sa fille.

 La pièce regorge de répliques humoristiques que le spectateur retient et se délecte de répéter sans fin.

 Les décors accentuent l'idée de violence. Des vidéos, défilant sur le mur du fond, diffusent l'évolution de cette lutte armée. Elles fixent le temps, le diluent.

 Les faits historiques pénètrent dans la sphère familiale, par le biais de la radio, des journaux et des vidéos.

 

 "Dors, Dors, Marguerita" sonne le glas de la pièce avec une force insoutenable.

 Les acclamations du public et les salves d'applaudissements s'associent à une larme de tristesse.

 Cela faisait bien longtemps que je n'avais été émue au théâtre. Un très grand merci à ces deux artistes qui ont su émouvoir le public sur un sujet aussi délicat.

 Leurs émotions ont parcouru la salle. Leur complicité naturelle a accentué cette vision humaine des convictions politiques et ce lien inaliénable de l'amour filial. Les faits des Brigades Rouges, revisités sur le plan de la sphère familiale, donnent à réfléchir sur la volonté profonde de légalité des peuples. Une belle leçon d'humanité.

 

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Un pavé dans la cour

 un-pave-dans-la-cour.jpegLes conflits entre voisins éclatent souvent durant ladite "fête des voisins". C'est le moment propice pour régler ces griefs.

 Six copropriétaires d'un joli immeuble au coeur de Paris décident de suivre la tendance et organisent leur premier apéro afin de se connaître.

 Les réjouissances risquent de transformer l'ambiance en véritables pugila.

 Aux premiers gongs, les festivités débutent dans cette jolie cour de travers.

 Un locataire, chargé de poster les invitations, oublie de manière intentionnelle de mettre une invitation dans la boîte aux lettres du concierge (Monsieur Da Silva). Ce qui met le point de discorde en première ligne.

 Chacun apporte ses problèmes : une fille (écrivain) et sa mère se déchirent cordialement, une femme soumise règle ses problèmes conjugaux en pesant le pour et le contre, deux frères qui ne se comprennent plus et un concierge banni par l'organisateur de cet apéro.

 La pièce ne serait pas complète si le niveau sonore de la musique ne dérangeait pas la copropriété. Chacun a ses préférences et le communique par le niveau des décibels. Une lettre anonyme et des mégots apportent des éléments de suspicions sur cette entente parfaite.

 Les acteurs brillent par leurs jeux : Virginie Pradal, Samantha Renier, Enzo Enzo, Luc Hamet, Julien Ratel et Alexis Victor.

 Le concierge absent existe par son défaut de présence.

 La mise en scène est de Didier Caron. Les dialogues sont finement dosés avec des temps de réflexions. La comédie atteint son apogée dans des remarques cinglantes. Les conversations anodines poussent à la réflexion. Le thème du racisme, de l'amour filial, fraternel et l'amour entre un homme et une femme sont au coeur de ce microcosme. Tous les corps de métier sont représentés et cela engendre une réflexion sur les rapports à l'argent.

 Cette pièce comique est un pur moment de détente. Les spectateurs sortent le sourire aux lèvres et réfléchissent sur la nécessité de participer à des "fêtes de voisins".

 

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Les femmes savantes : Molière

 textes-de-theatre-0043.jpgSouvent le théâtre est abordé, dans le milieu scolaire, à travers des oeuvres de Jean-Baptiste Poquelin (Molière pour les moins intimes). Donc, j'aborderai, dans cet article, une pièce qui m'a marquée durant mes années de collège : "Les femmes savantes".

 Molière oppose, dans cette pièce, les femmes qui désirent prendre un époux et fonder une famille aux femmes qui se destinent aux sciences. Pour développer son argumentaire, il prend pour exemple deux soeurs (Armande et Henriette) qui ont reçu la même éducation mais qui sont pourvus de caractère opposé.

Henriette:" Habitez, par l'essor d'un grand et beau génie,

Les hautes régions de la philosophie,

Tandis que mon esprit, se tenant ici-bas,

Goûtera de l'hymen les terrestres appas."

 

Ces distinctions permettent à cet auteur classique de ridiculiser les bourgeois persuadés de connaître les sciences et qui pour valider leur "peu" de connaissances s'entourent de biens pensants. L'utilisation correcte de la langue française est prétexte à sourire quand Bélise condamne une servante pour son langage inopportun.

Bélise :"- Quelle âme villageoise !

La grammaire, du verbe et du nominatif,

Comme de l'adjectif avec le substantif,

Nous enseigne les lois.

Martine : - J'ai, madame, à vous dire

que je ne connais point ces gents-là."

 

 Molière transcrit les traits des savants pensant que leur art est le meilleur et que rien ne peut le discréditer.

"Il en est, et plusieurs, que, pour le bel esprit,

 Le mauvais goût du siècle a su mettre en crédit;"

 Par le biais de cette sentence, il condamne les bourgeois qui sont incapables de reconnaître le talent des vrais penseurs. Molière glisse cette remarque pour les critiques qui assassinent son art.

 

 La notion d'égalité dans le couple est aussi mise en avant. Philaminte accorde la main de sa fille à un beau parleur, tandis que son mari Chrysale a décidé d'une autre alliance. Ce comique de situation atteint son apogée quand les protagonistes convoquent le notaire pour transcrire le contrat de mariage.

 

 Cette pièce est un bijou de remarques littéraires et de critiques de la société royale. Elle se décline en cinq actes. Les dialogues sont pertinents et les critiques émises par son auteur peuvent s'appliquer de temps à autre à notre société moderne.

 

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