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Articles avec #poesie catégorie

Quand automne en saison revient : Samivel

Quand automne en saison revient : SamivelQuand automne en saison revient : Samivel

  La poésie emprunte de nombreux chemins pour arriver jusqu'à son art primitif. Samivel (pseudonyme de  Paul Gayet-Tancrède ) débute par des dessins, des illustrations. Il se lie d'amitié avec Jean Giono, illustre des auteurs comme Rabelais, Villon. Ses illustrations se dotent rapidement de petites phrases. Puis l'écrit l'emporte sur le dessin. 

 

   Dans ce poème, il agrémente son texte de pointe picturale laissant glisser sur la page blanche des touches de peinture. C'est une ode à la beauté de l'automne qui doucement habille la nature de ses couleurs orangées.

  Poésie idéale pour des petits lutins-écoliers.

 

Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.

Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! que la vie est douce, douce
Quand automne en saison revient.

 

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Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Une petite présentation du poète : un poète, marqué par la mort précoce de sa mère (quand il a cinq ans) et sa soeur âgée à peine de treize ans. Il se plonge dans la poésie et la lecture de poète comme Victor Hugo ou Edgar Poe. Mallarmé est un poète de la suggestion. Les idées desservent la poésie, seuls les mots comptent. Il faut compliquer la structure pour que le texte reste hermétique au commun des mortels. La poésie se cherche, s'apprivoise et seuls les esprits éclairés peuvent atteindre sa beauté.

Explication succincte du poème: une jeune épouse exprime son mépris et sa jalousie pour l'été que son mari ne connaîtra pas. Il est mort. Elle dépeint sa tristesse. Son défunt mari existe dans la nature profonde qui a mu son corps en une multitude de fleurs. A travers le bruit du vent, les sens en éveil, la veuve peut entendre son doux nom. La mort de l'être se confond dans la nature qui garde les âmes. Le lecteur retrouve une certaine poésie dans la mort. L'amour reste le vecteur essentiel qui permet à l'être de rester vivant.

La jeune dame qui marche sur la pelouse
Devant l’été paré de pommes et d’appas,
Quand des heures Midi comblé jette les douze,
Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,

A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
A la Mort séduisant son Poète : « Trépas !
Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas. »

Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
L’aiment avec silence et savoir et mystère,
Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :

Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
Suspend encore un nom qui ravit les calices,
A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !

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Dedans Paris : Clément Marot

Dedans Paris : Clément Marot

  Si nous abordions une des plus belles villes de France par la lecture de ce poète amoureux.

 

Une petite présentation du poète: Clément Marot (1496-1594), précurseur de la Pléiade, fait ses armes poétiques à la cour de François 1er. Cependant en raison de ses idées issues de la Réforme et de son amitié avec Luther, il séjournera en prison, puis subira l'exil en Suisse puis en Italie. Néanmoins la France reste cher à son coeur et grâce au pouvoir d'une femme dévouée et passionnée il retournera en France pour retrouver les honneurs dus à son rang.

 

   Clément Marot décrit son "Paris" comme l'être aimé à qui l'on offre sa vie et son amour éternel. Le poète déclare sa flamme symboliquement comme il le ferait pour l'élue de son coeur, cependant il prend le soin de ne pas la nommer. Ne serait-ce pas une déclaration d'amour à Madame Anne d'Alençon (nièce de la soeur du roi, François 1er)? Les déboires de Clément Marot vous expliqueront davantage cette problématique de la jalousie du roi et la volonté du poète d'éviter tout impair.

   Paris devient sienne, "ma grande amie". Il lui confie son âme "par un doux baiser". 

   Les rimes embrassées unissent la passion du poète avec Paris. Les rimes féminines sacralisent la femme et donc la ville par le truchement de cette symbolisation. 

 

   Je vous laisse le soin d'apprécier l'oeuvre.

Dedans Paris

Dedans Paris, ville jolie,

Un jour passant mélancolie,

Je pris alliance nouvelle

A la plus gaie demoiselle

Qui soit d'ici en Italie.

 

D'honnêteté elle est saisie,

Et crois selon ma fantaisie,

Qu'il n'en est guère de plus belle

Dedans Paris.

 

Je ne vous la nommerai mie,

Sinon qu'elle est ma grande amie,

Car l'alliance se fit telle

Par un doux baiser que j'eus d'elle,

Sans penser aucune infamie

Dedans Paris.

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L'année de ma disparition : Carole David

L'année de ma disparition : Carole David

Non d'un caribou ! Je me suis faite cueillir, assommée d'un grand coup de massue ! Carole David prend au vif, taille au hachoir les âmes trop sensibles. 

 

   Je suis encore sous le coup de l'émotion. Sa ligne d'écriture est brutale et sans tabou. Adieu les rondeurs de l'appréhension de la mort ! La poétesse transgresse tous les interdits, les mièvreries qui entourent le monde des ténèbres. Elle les convoque pour en sortir le pire. Les poèmes emplis de justesse terrassent l'adversité. L'écriture devient l'essence pure de la mort. La poésie permet de dépasser celle-ci. La convoquer, c'est la combattre !

 

  Carole David se "désincarne" pour libérer son esprit et son âme. La poésie devient la quintessence de son esprit. Par sa mort, elle rejoint les mots (essence même de sa propre existence). Par sa convocation mortelle, elle immortalise la vie.

Je suis entrée dans le boisé de mon enfance avec l'intention d'y rester.
J'étais douée pour une existence hasardeuse, je ne m'appartenais plus corps et biens.
Des photographies, des objets perdus ont suffi à me faire disparaître.
J'ai donné un congé définitif aux vies qui m'habitaient.
Je ne sais rien de ce que j'écris.
Ces poèmes sont l'écume de ma chute.

J'entre, la chambre de création m'accueille;
mon hachoir à la main, ma préparation de liquides,
mon programme orgueilleux,
tout est en place pour la cérémonie.

Ne reste que la pensée ancienne
du corps illustrée sur mes os,
fil que je dévide entre poésie et narration.
Je suis à la veille de changer de peau.

J'ai retrouvé nos empreintes laissées
sur les arbres du parc ; les enfants
au coeur de mousse, les nains de jardin
habitent la pataugeoire ; enfouie sous les balançoires,
la chemise blanche que tu portais est un linceul,
avec notre cadavre à l'intérieur.

Cette nuit j'ai rêvé aux fleurs roses*
que tu ne m'as jamais offertes.
J'ai préféré ta salive âcre.

*Elsa Morante, Territoire du rêve

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Bâtons à message, Tshissinuatshitakana : Joséphine Bacon

Bâtons à message, Tshissinuatshitakana : Joséphine Bacon

De retour de ma découverte canadienne au salon du livre de Genève, j'aborderai la poésie sous la main réaliste et innue de Joséphine Bacon. Le Canada, terre multiculturelle, nous ouvre les bras.

 

"Bâtons à message" constitue son premier recueil de poésie. Dans celui-ci, Joséphine Bacon a de nombreux messages à faire passer par le biais de ses écrits. Elle transmet la parole muette de ses ancêtres. Elle n'oublie pas ses racines et prône un respect de cette richesse incroyable. Pour une découverte plus subtile de ses écrits, les poèmes sont traduits dans les deux langues.

 

Ces poèmes transpirent ses craintes de l'oubli d'une culture encore vivante. La tribu Innue Essipit réside au nord du Saint-Laurent. Les Innus essaient de transmettre aux générations futures le respect des traditions. Ce peuple nomade, à force de brimades, a dû se sédentariser. La communauté vénérait le Maître du caribou, les colonisateurs leur interdisent ce culte afin qu'ils croient en Dieu. Les rébellions et les guerres ont eu raison de leurs repères culturels.

 

J'ai sélectionné trois poèmes magnifiques et puissant. Cette poétesse est vraiment la porte-parole idéale pour son peuple.

 

Entrez dans son tipi et laissez-vous porter par cette voix porteuse d'espoirs!

mon clan est l'ours
mon clan est le chevreuil, le bison
castor, anguille
je suis mohawk
seneca
oneida
onondaga
cayuga

Moi, fils de louve
moi, fils de guerrier
ma nation crie sa révolte
et parcourt dans ses rêves
ces espaces qui autrefois
l'accueillaient comme un fils
glorieux ayant su
protéger les siens
la terre de ses ancêtres
dans l'horizon sans dimension...

Moi, fils de louve
moi, fils de guerrier
parmi toutes les guerres
je reste fils d'une terre
qu'on m'arrache, me soudoie
on m'écrase, on me tue
mais toujours, je resterai
guerrier de cette terre
qui a vu naître nos mères
nos pères et nos enfants.

Mon enfance
n'a de visage
que les coups
reçus,
muette
face au soleil levant

Que reviennent
les premiers pas
de la saison de ma naissance

Ce matin,
le regard vidé par la faim,
j'avance vers ton sein nourricier

femme , tu me nourriras
et je poursuivrai
ma marche

le découragement n'existe pas
quand on sait
que nous nous reverrons.

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Les Vous et les Tu : Voltaire

Les Vous et les Tu : Voltaire

   Une petite présentation du poète : de Voltaire, l'Histoire et les élèves retiendront sou goût prononcé pour la philosophie qu'il découvrira en Angleterre durant un exil forcé. Voltaire se joue de toutes les déférences dues à son rang. Il aime choquer l'opinion avec ses écrits. Après quelques séjours à La Bastille, il apprend à mesurer ses propos. Il se fait entendre plus par ses écrits que par son comportement. 

 

  Ses écrits sur le régime politique de l'époque et sur les dogmes religieux lui valent un exil plus long. Il rejoint la Suisse et s'entoure de grands auteurs à qui il transmet sa vérité sur le monde. Des textes, les plus connus et les plus étudiés, nous retiendrons "les lettres philosophiques", "Zadig" et "Epîtres à Uranie".

 

    Explication succincte du poème : comment s'adressez à l'être aimée ? Le pronom "tu" permets le contact, la familiarité, le privilège de la jeunesse. Le pronom "vous" crée une distance liée au rang et à l'embourgeoisement. Sa dulcinée était abordable, aimante, durant sa prime jeunesse. Cependant, maintenant, la maturité impose le respect.

 

Philis, au temps de sa jeunesse, aimait et se donnait sans retenue à Voltaire. À l'aube de la maturité, couverte de bijoux, elle n'inspire que le respect. Sa part de naïveté s'est enfouie sous la richesse. Son amour s'éteint face à la brillance de l'or. 

À cette époque, les débuts amoureux invoquent un certain respect puis le pronom "tu" prend tout son sens dans l'intimité. Pour Voltaire, le contraire se produit.

 

Laissons place à cette déclaration d'amour perdu.

 

Philis, qu’est devenu ce temps
Où, dans un fiacre promenée,
Sans laquais, sans ajustements,
De tes grâces seules ornée,
Contente d’un mauvais soupé
Que tu changeais en ambroisie,
Tu te livrais, dans ta folie,
A l’amant heureux et trompé
Qui t’avait consacré sa vie ?
Le ciel ne te donnait alors,
Pour tout rang et pour tous trésors,
Que les agréments de ton âge,
Un coeur tendre, un esprit volage,
Un sein d’albâtre, et de beaux yeux.
Avec tant d’attraits précieux,
Hélas ! qui n’eût été friponne ?
Tu le fus, objet gracieux !
Et (que l’Amour me le pardonne !)
Tu sais que je t’en aimais mieux.

Ah ! madame ! que votre vie
D’honneurs aujourd’hui si remplie,
Diffère de ces doux instants !
Ce large suisse à cheveux blancs,
Qui ment sans cesse à votre porte,
Philis, est l’image du Temps ;
On dirait qu’il chasse l’escorte
Des tendres Amours et des Ris ;
Sous vos magnifiques lambris
Ces enfants tremblent de paraître.
Hélas ! je les ai vus jadis
Entrer chez toi par la fenêtre,
Et se jouer dans ton taudis.

Non, madame, tous ces tapis
Qu’a tissus la Savonnerie,
Ceux que les Persans ont ourdis,
Et toute votre orfèvrerie,
Et ces plats si chers que Germain
A gravés de sa main divine,
Et ces cabinets où Martin
A surpassé l’art de la Chine ;
Vos vases japonais et blancs,
Toutes ces fragiles merveilles ;
Ces deux lustres de diamants
Qui pendent à vos deux oreilles ;
Ces riches carcans, ces colliers,
Et cette pompe enchanteresse,
Ne valent pas un des baisers
Que tu donnais dans ta jeunesse.

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Le premier givre : Arsène Houssaye

Le premier givre : Arsène Houssaye

Une petite présentation du poète :

 

  Arsène Houssaye, né Housset en 1815, se distingue par la direction de plusieurs revues littéraires dont L'artiste et La Presse. Ses collaborateurs ne sont autres que Gautier, Nerval, Baudelaire, de Banville, Esquiros.... Il est nommé administrateur général de la Comédie Française. Il se frotte à la politique sans succès. Son succès théâtral englobe son désir de faire connaître les textes de Victor Hugo, Alexandre Dumas...

Il s'essaie avec succès au genre du roman, au théâtre et à la poésie. Un artiste accompli.

 

Explication succincte du poème :

 

  ce poème décline sur fond de mélancolie, l'hiver qui endort la vie. Le froid retire doucement le sentiment d'une vie agréable. Dès le début du poème, la sentence s'abat sur le vallon. Tout le thème de l'hiver se symbolise dans des termes funéraires : tombe, linceul, vieux, famine...

 L'hiver ne revêt pas un doux visage, il devient messager de la mort. 

 

 Très beau poème !

L'hiver est sorti de sa tombe, 
Son linceul blanchit le vallon ; 
Le dernier feuillage qui tombe 
Est balayé par l'aquilon.

Nichés dans le tronc d'un vieux saule, 
Les hiboux aiguisent leur bec ; 
Le bûcheron sur son épaule 
Emporte un fagot de bois sec.

La linotte a fui l'aubépine, 
Le merle n'a plus un rameau ; 
Le moineau va crier famine 
Devant les vitres du hameau.

Le givre que sème la bise 
Argente les bords du chemin ; 
À l'horizon la nue est grise : 
C'est de la neige pour demain.

Une femme de triste mine 
S'agenouille seule au lavoir ; 
Un troupeau frileux s'achemine 
En ruminant vers l'abreuvoir.

Dans cette agreste solitude, 
La mère, agitant son fuseau, 
Regarde avec inquiétude 
L'enfant qui dort dans le berceau.

Par ses croassements funèbres 
Le corbeau vient semer l'effroi, 
Le temps passe dans les ténèbres, 
Le pauvre a faim, le pauvre a froid 

Et la bise, encor plus amère, 
Souffle la mort. — Faut-il mourir ? 
La nature, en son sein de mère, 
N'a plus de lait pour le nourrir.

 

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Calendar de l'avent: 21 décembre /21ème présent

Calendar de l'avent: 21 décembre /21ème présent

Un Noël réussi est toujours accompagné d'un sapin décoré et lumineux ! 

Guillaume Apollinaire personnalise le sapin. A travers ce poème, vous retrouverez dans une première lecture la magie du sapin et dans la seconde lecture une philosophie sur la création poétique.

Les sapins

Les sapins en bonnets pointus

De longues robes revêtu

Comme des astrologues

Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés

Par les vieux sapins leurs aînés

Qui sont de grands poètes

Ils se savent prédestinés
A briller plus que des planètes

A briller doucement changés

En étoiles et enneigés

Aux Noël bienheureuses

Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

Les sapins beaux musiciens

Chantent des noëls anciens

Au vent des soirs d’automne

Ou bien graves magiciens

Incantent le ciel quand il tonne

Des rangées de blancs chérubins

Remplacent l’hiver les sapins
Et balancent leurs ailes

L’été ce sont de grands rabbins

Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divagants
Ils vont offrant leurs bons onguents

 

Quand la montagne accouche

De temps en temps sous l’ouragan

Un vieux sapin geint et se couche. 

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Calendar de l'avent : 13 décembre / 13 ème présent

Calendar de l'avent : 13 décembre / 13 ème présent

La naissance de Jésus dans l'étable replace la fragilité de l'enfant dans le monde qui l'accueille avec joie.

Noël

Le ciel est noir, la terre est blanche ; 
— Cloches, carillonnez gaîment ! — 
Jésus est né ; — la Vierge penche 
Sur lui son visage charmant.

Pas de courtines festonnées 
Pour préserver l'enfant du froid ; 
Rien que les toiles d'araignées 
Qui pendent des poutres du toit.

Il tremble sur la paille fraîche, 
Ce cher petit enfant Jésus, 
Et pour l'échauffer dans sa crèche 
L'âne et le bœuf soufflent dessus.

La neige au chaume coud ses franges, 
Mais sur le toit s'ouvre le ciel 
Et, tout en blanc, le chœur des anges 
Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! »

Théophile Gautier
 

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Calendar de l'avent : 2 décembre / 2ème présent

Calendar de l'avent : 2 décembre / 2ème présent

Une poésie pour pénétrer dans la magie de la fête religieuse de Noël !

 

Le Noël des paysans

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs. 

En attendant la messe, on veille, 
On babille, on chante un Noël ; 
Dans les récits de la plus vieille 
La jeune met son grain de sel. 
Garçons joufflus, que l'on s'empresse, 
Tout frais rasés, vêtus de drap ; 
Filles en blanc, vite à la messe, 
Une étoile vous guidera.

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs. 

Dig ding dong ! l'église est jolie :
(Racontons ce que nous voyons)
De beaux habits toute remplie,
De cire blanche et de rayons.
Au fond, dans une niche en verre,
Dort sur la paille un doux Jésus :
Rois et bergers sont en prière,
L'âne et le bœuf soufflent dessus.

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs. 

Quand à la file on communie, 
L'orgue joue un air de hautbois ; 
Quand toute la messe est finie, 
On s'éparpille dans les bois. 
Il fait si doux ! l'âme est contente, 
J'entends un amoureux qui dit : 
« Cette nuit le rossignol chante, 
La rose a fleuri cette nuit. »





 

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs. 

Allons ! rentrons car il grésille. 
Dit un vieillard en grelottant, 
La bûche de Noël pétille 
Et le réveillon nous attend. 
Respectons la vieille coutume, 
Mes beaux amoureux, buvez frais, 
Mangez le boudin quand il fume, 
Vous vous embrasserez après.

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs. 

Jésus fait dans notre nuit noire, 
Pauvres gens ! luire une clarté ; 
À sa santé nous devons boire, 
Avec lui naît l'égalité. 
Grands et puissants à mine altière, 
Donnez s'il vous plaît un regard 
Au roi du ciel et de la terre, 
Né sur la paille d'un hangar.

Noël ! des étables aux granges, 
Chantez vallons, dansez hauteurs ! 
Jésus descend, quitte ses anges, 
Pour le bœuf, l'âne et les pasteurs.

 

Pierre Dupont
 

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