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Articles avec #y a quelqu'un qui m'a dit... catégorie

Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

  "Les livres, c'est autre chose." comme une prophétie, c'est quelques mots symbolisent la vie de Metin Arditi et son lien au père. Père qui l'admire enfant, qu'il ne comprend pas à l'adolescence et recherche à l'âge adulte. 

 

   L'écrivain reste toujours un enfant en quête de reconnaissance. Metin Arditi revient sur son enfance heureuse (ou qu'il espère être heureuse) à Istanbul, ses années difficiles en internat (dès l'âge de sept ans), sa vie d'adulte avec comme toile de fond un père absent, sur la réserve. Un père qui ne félicite pas, un père neutre comme un étranger à qui on doit tout et qui ne vous épargne rien. Metin vit entre se réaliser et faire plaisir à son père, car même dans cette absence règne un pouvoir de toute-puissance.

   Dans la construction d'un homme, il faut se confronter au père, ce héros aux pieds d'argile. 

 

 Dans ce récit, le lecteur décèle un amour filial inconditionnel et surtout incompréhensif. Dans leur relation existe une dichotomie qui marque à la fois le respect et un amour non exprimé. Du regard de l'enfant admiratif devant l'élégance et la culture du père au jeune homme en lutte contre les idées paternelles qu'il réfute, se joue l'amour paternel. Cet amour s'exprime dans une retenue incompréhensive durant les premières années de la vie et dans une condamnation à l'âge adulte.

   Le lecteur trouvera dans ce récit ce qui fait de Metin Arditi un auteur de talent, sa manière de se livrer avec sensibilité, sans verser dans un pathos qui ne lui permettrait pas de se donner. Les souvenirs exprimés restent brefs et incisifs comme des coups de canif dans une mémoire qu'il désire honnête. Il se raconte et brise l'instant d'après ce souvenir pour s'adresser à son père, à la recherche d'une réponse. Mais hélas, la discussion se produit trop tard; son père est mort depuis vingt ans.

 

   Mais ce qu'il faudra retenir de ce récit sont ces quelques mots qui résonnent encore dans la tête de Metin Arditi : "Les livres, c'est autre chose".

Un souvenir nous embarrasse ? Faisons en sorte qu'il nous paraisse aimable. Ni une ni deux, on le maquille, on lui colle une barbe et des moustaches. Et une perruque, s'il le faut, on se débrouille, pourvu qu'il ait l'air présentable, qu'il nous soit doux, qu'en pensant à tel ou tel événement qui lui est lié, on puisse se dire : "Comme c'était formidable."

Tu n'étais jamais envahi par l'émotion"

Suis-je injuste? Ingrat? Peut-être. Il y avait dans sa posture quelque chose de maîtrisé, un brin distant. Etait-ce sa vanité de père face à tant d'amour exprimé devant la directrice et les professeurs qui nous entouraient à ce moment-là? Il devinait sans doute leurs pensées...Si sa présence déclenchait de telles manifestations de joie, c'est qu'il était ce père modèle.

C'était avant que j'avais besoin de ton soutien. De ta bienveillance. De ton estime. Avant. Quand je t'avais demandé de faire une partie de poker. Au moment où je m'attendais à te voir passer la porte de la clinique pédiatrique. Ou lorsque je t'avais annoncé que j'étais nommé professeur invité à l'Ecole polytechnique. Ou devant tes amis de la communauté juive, Ou encore avec le fabricant de tubes alimentaires...

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En voiture Simone ! Aurélie Valognes

En voiture Simone ! Aurélie Valognes

  Les vacances ne vous ont pas réussis pour diverses raisons, pas de vacances à l'horizon, ne vous faites pas de mourons, Aurélie Valognes nous dévoile une famille extraordinaire qui pourrait vous faire comprendre la vôtre. Humour au rendez-vous !

 

  Entrez dans la belle-famille n'est pas une partie de plaisir ! Les belles-filles de Jacques en savent quelque chose. Les trois ont des caractères différents et doivent se faire une place auprès de Martine et Jacques. Chacune, à sa manière, tente d'amadouer le beau-père gaffeur et têtu. Aurélie Valognes décrit les caractères distincts de chacun des personnages et sur fond de comédie intègre le lecteur dans cette famille tellement ordinaire. 

   Le livre s'apparente à une pièce de théâtre où tous les protagonistes essaient d'atteindre le devant de la scène. De manière légère, l'auteur dévoile des pans de personnalité qui permettront aux lecteurs d'admettre que leur belle-famille a des bons côtés.

 

Figure inconditionnelle de la "feel good"littérature, Aurélie Valognes signe son deuxième roman avec succès. 

 

Léger et drôle, un roman à offrir à votre nouvelle bru ! (un petit conseil : éviter les livres à message, surtout si la couverture concerne un chien d'attaque) 

- Pas d'annonce de notre part, intervint Matthieu, en revanche je voudrais complimenter maman pour la belle chemise neuve qu'elle a réussi à faire mettre à papa. Et les chaussures ! Tu as presque l'air classe, papa. C'est pour ta nouvelle belle fille, Jeanne, que tu as fait un effort ? Je ne me souviens pas que Stéphanie et Laura aient eu droit à de tels égards...

Effectivement, elle aurait pu lire plus attentivement l'indication près du bouchon du réservoir sur la voiture de son beau-père. Mais, à sa décharge, on perd un peu la tête quand on est enceinte. Donc, oui, c'est vrai : diesel, ce n'est pas essence. Mais même s'il n'y avait pas eu mort d'homme, elle avait vraiment cru sa dernière heure arrivée, surtout en voyant la tête paniquée de Martine, en tablier et décoiffée, lorsqu'elle était venue les récupérer au garage.
....
- Mais il faut être débile, c'est écrit ! Ou alors analphabète ! Qu'elle me dise ce qu'elle préfère...

- Je te dis juste "fais attention". Ce n'est pas ton pote, c'est mon père. Je trouve que tu le rembarres et le charries un peu trop, c'est tout ! disait le jeune chef.
- Non mais je rêve ! Il se comporte en vrai macho, critique ouvertement mon accent et n'est pas non plus irréprochable niveau nicotine, et je devrais me taire ! protesta Jeanne.
- Ce n'est pas que ça. "Salut partenaire..." Tu te crois au collège ou quoi?
- Bon, il faudrait savoir ! Je suis censée faire quoi, quand je suis dans ta famille ? Me taire ? Nicolas, sérieusement?

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Des conseils pour une nouvelle lectrice !

  Il y a quelques jours, une amie et collègue, très peu lectrice, me demandait des conseils pour ses vacances estivales sur son bateau. Comme une youtubeuse mode, nous nous sommes rendues dans une librairie afin de dévaliser les rayons. 

 

  Pour cet exercice, pour lequel je n'étais pas rompue, il m'a fallu dans un premier temps me mettre à la place d'une novice dans un magasin de porcelaine. 

  Après lui avoir posé quelques questions basiques, je me vocalisais sur ses envies. Il fallait répondre à ses attentes et effacer les miennes. 

 

  J'avais le devoir de me focaliser sur des livres de poche, plus pratique sur un bateau, peu onéreux car ils subiraient des retours de baignades, des gouttes de crème solaire, en bref les joies de l'été.

  Etant une nouvelle lectrice, il fallait des livres accrocheurs et plaisants.

  Voici enfin le moment jouissif, du toucher et de la possession ! Je vous laisse découvrir les petits bonheurs littéraires qui vogueront sur les flots.

 

un petit bonheur !

un petit bonheur !

Les vicissitudes du troisième âge !

Les vicissitudes du troisième âge !

Une enquête bien ficelée !

Une enquête bien ficelée !

Une femme en littérature !

Une femme en littérature !

Rencontre d'une lectrice avec son auteur préféré !

Rencontre d'une lectrice avec son auteur préféré !

   J'avoue avoir essuyé quelque refus avec un joli sourire. (je débute dans le métier !). Les livres remis dans les rayons n'apparaissent donc pas dans cette liste.

 

  Je remercie encore C. qui s'est déjà reconnue dans mon descriptif. J'ai hâte de réitérer l'expérience. Une amie, une cousine ou toutes autres personnes désirant recevoir des conseils peuvent me solliciter, je serai ravie de les aider.

 

  J'ai aussi écouté les réflexions non dénuées de sens et formatrices (pour une bonne remise en question) et essayé de répondre à cette fameuse question : ton top 1 de tous les livres que tu as lu ?

 

 Je n'ai pas su lui répondre reprenant à mon compte la remarque juste de Sylvain Tesson : "Je me méfie de l'homme d'un seul livre !"

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Les animaux fantastiques : J.-K. Rowling

Les animaux fantastiques : J.-K. Rowling

    Cet ouvrage provient des lectures effectuées par Harry Potter et conseillées par Aldus Dumbledore. Pour devenir un excellent sorcier, il faut connaître les deux ouvrages suivants : "Les animaux fantastiques" et "Le quidditch à travers les âges". J.-K. Rowling s'attelle à ce travail avec enthousiasme et délectation.

 

   Ce livre scolaire regorge des descriptions de chaque animal côtoyant les salles de classe de Poudlard mais aussi l'univers magique et dangereux des sorciers. Les animaux sont classés selon leur dangerosité. Les apprentis sorciers apprendront avec assiduité les rouages pour soigner les animaux selon leur état. 

   Ce manuel, comme tout bon manuel scolaire, regorge d'annotations gribouillées, raturées par les facétieux élèves, Harry, Ron et Hermione, avec un jeu d'humour. Dans les manuels d'occasion, le lecteur retrouve toujours des histoires appartenant à leurs anciens propriétaires et c'est cela qui renforce la magie.

 

    Á vos crayons les Moldus et accrochez-vous à vos souvenirs de vos lectures de la série Harry Potter pour retrouver ces animaux et comprendre leur histoire.

 

   L'achat de ce manuel permet de soutenir l'association humanitaire Comic Reflief qui aide tous les enfants pauvres, séparés de leur parent par la guerre, souffrants dans le monde entier. Gallimard soutient cette cause et reverse l'intégralité de l'argent perçu à cette association.

 

   Attardons-nous maintenant sur le scénario qui en découle et sur la qualité de celui-ci écrit par J.K. Rowling. 

 

   Norbert Dragonneau, fraîchement débarqué à New York avec sa valise pleine d'animaux fantastiques, l'a égarée et certains animaux en profitent pour filer à l'anglaise avec de mauvaises intentions. Les protagonistes de la première heure accompagnent notre antihéros pour récupérer cette ménagerie perdue.

 

   Dans ce script, le lecteur découvre de manière plus approfondie les personnages et leur caractère bien tranché. Plutôt que de pénétrer dans un script, le lecteur entre dans une pièce de théâtre dont il apprécie rapidement les rouages. 

 

   La calligraphie et les dessins ponctuent admirablement la scénographie. Le livre devient un objet luxueux qui rejoint rapidement la collection d'Harry Potter et bien sur le film en découlant. Ce script apporte une vision encore plus ensorcelante du film sans lui occulter ses pouvoirs magiques. La lecture est rapide avec une écriture soignée qui donne une autre dimension à l'univers des sorciers. Laissez-vous "transplaner" dans les rues de New-York ! Regardez avec bonheur évoluer les animaux fantastiques ! Une très belle aventure sur fond de sorciers et de pouvoirs !

 

 Que vous dire, chers Moldus, c'est juste et infiniment MAGIQUE !

 

Êtes-vous à la recherche de quelque chose? À la recherche de la vérité?

Lorsque NORBERT lève la tête vers MARY LOU, il aperçoit du coin de l'oeil quelque chose qui attire son attention. Le Niffleur, une petite créature à la fourrure noire, croisement entre une taupe et un ornithorynque à bec de canard, est assis sur les marches de la banque. L'animal emporte précipitamment le chapeau du mendiant rempli de pièces et va le cacher derrière un pilier.

Personne n'est dupe, monsieur
Dragonneau. Vous avez amené cet
Obscurus à New York dans l'espoir de
causer un massacre, d'enfreindre le
Code du secret magique et de révéler
l'existence du monde des sorciers...

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Mon cahier BEACH BODY : Sissy

Mon cahier BEACH BODY : Sissy

   Le sport et moi, on a dû se croiser à un moment (dans une vie antérieure). Mes vagues souvenirs me replongent dans mes dernières années de lycée où le sport était obligatoire et faisait partie d'une des épreuves du BAC. 

   Depuis, le terme avait disparu de mon vocabulaire. Rassurée ce mot sournois revient au galop quand vous affichez quelques années au compteur ! 

   La ceinture abdominale ressemble à la bouée que vous trimballiez à la plage. Un joli accessoire à l'époque mais plus maintenant. Celle-ci ne se dégonfle pas pour rentrer dans le sac de plage. Elle reste bien accrochée. Votre corps s'identifie au physique de la baleine. 

   Que vous soyez fine avec des bourrelets disgracieux ou forte, la lutte est cruciale et nous touche toutes à un moment ou à un autre.

 

   Aujourd'hui est venu le temps de revêtir le legging-brassière (quant à moi, j'opte pour le jogging-T-shirt) pour bouger son popotin. Je vous rassure, ce n'est pas pour ressembler à une déesse de magazine photoshopée mais pouvoir se mouvoir, monter l'escalier sans perdre un poumon.

 

   Je vais donc suivre les conseils avisés de "Mon cahier BEACH BODY" et voir les résultats. Pourquoi un livre? N'est pas accroc à la littérature qui veut. D'autres préféreront les vidéos (me concernant aucun rythme dans la peau).

   Ce cahier en est vraiment un, avec des lignes à petits carreaux. Les conseils sont pratiques et réalisables par les plus novices. Ils remettent nos corps en perdition vers le droit chemin. C'est à nous de nous attribuer des objectifs réalistes. (le marathon n'est pas encore d'actualité pour moi).

 

  Bon, j'y vais ! Ne rêvez pas que je vous communique mes objectifs ! Je vous laisse, j'ai piscine !

 

 

 

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L'année de ma disparition : Carole David

L'année de ma disparition : Carole David

Non d'un caribou ! Je me suis faite cueillir, assommée d'un grand coup de massue ! Carole David prend au vif, taille au hachoir les âmes trop sensibles. 

 

   Je suis encore sous le coup de l'émotion. Sa ligne d'écriture est brutale et sans tabou. Adieu les rondeurs de l'appréhension de la mort ! La poétesse transgresse tous les interdits, les mièvreries qui entourent le monde des ténèbres. Elle les convoque pour en sortir le pire. Les poèmes emplis de justesse terrassent l'adversité. L'écriture devient l'essence pure de la mort. La poésie permet de dépasser celle-ci. La convoquer, c'est la combattre !

 

  Carole David se "désincarne" pour libérer son esprit et son âme. La poésie devient la quintessence de son esprit. Par sa mort, elle rejoint les mots (essence même de sa propre existence). Par sa convocation mortelle, elle immortalise la vie.

Je suis entrée dans le boisé de mon enfance avec l'intention d'y rester.
J'étais douée pour une existence hasardeuse, je ne m'appartenais plus corps et biens.
Des photographies, des objets perdus ont suffi à me faire disparaître.
J'ai donné un congé définitif aux vies qui m'habitaient.
Je ne sais rien de ce que j'écris.
Ces poèmes sont l'écume de ma chute.

J'entre, la chambre de création m'accueille;
mon hachoir à la main, ma préparation de liquides,
mon programme orgueilleux,
tout est en place pour la cérémonie.

Ne reste que la pensée ancienne
du corps illustrée sur mes os,
fil que je dévide entre poésie et narration.
Je suis à la veille de changer de peau.

J'ai retrouvé nos empreintes laissées
sur les arbres du parc ; les enfants
au coeur de mousse, les nains de jardin
habitent la pataugeoire ; enfouie sous les balançoires,
la chemise blanche que tu portais est un linceul,
avec notre cadavre à l'intérieur.

Cette nuit j'ai rêvé aux fleurs roses*
que tu ne m'as jamais offertes.
J'ai préféré ta salive âcre.

*Elsa Morante, Territoire du rêve

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Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

   Fred et Alice n'ont pas réussi leur vie de couple cependant ils doivent s'allier pour sauver Jules, leur chien. Jules, guide d'aveugle, avait trouvé sa place auprès d'Alice. Lors de la guérison de sa maîtresse, il met ses pouvoirs au service des épileptiques. Il intègre une école afin de former des chiens sauveteurs. Pour une raison inconnue, Jules a attaqué un adolescent. Fred et Alice doivent tout mettre en oeuvre pour sauver Jules d'une mort affreuse.

 

     J'avoue avoir été un peu déçue, espérant une aventure extraordinaire pour ce chien aux pouvoirs salvateurs. Certes les idées farfelues de Didier Van Cauwelaert, des éléphants peintres, des chiens dépressifs, restent vivaces durant tout le roman.

 

    La lecture est agréable et rapide. Ce roman se dévore durant un voyage en train ou dans une salle d'attente d'un cabinet médical. Le lecteur s'évade tout en étant ancré dans sa réalité.

 

   Ce qu'il faudra retenir de ce livre est principalement le projet "ESCAPE" dont le but est de former des chiens détecteurs d'épisode épileptiques chez les enfants. Une raison d'acheter "le retour de Jules".

Il est couché sur le ciment dans une cellule-cage de deux mètres carrés. Dès qu'il nous sent, il bondit sur ses pattes et aboie comme je ne l'ai jamais entendu. Terrorisé, furieux, aphone. Je m'agenouille devant lui, glisse les bras entre les barreaux luisants de bave pour toucher son poil raide, humide, souillé.
- C'est moi, mon chien, c'est moi...Tout va bien.

Alarmée par son ton, l'adjudant a coupé le haut-parleur et changé de pièce. Alice s'est laissée tomber sur un pouf au coin de la cheminée, décomposée. Deux chiens d'élite, deux chiens d'assistance dont la formation avait coûté plus de vingt mille euros pièce, étaient retournés à l'état sauvage, s'entraînant l'un l'autre dans la divagation, le harcèlement, l'attaque des personnes et des biens qu'ils étaient censés protéger. Je m'épuisais à lui répéter en vain qu'elle n'était pour rien dans le dérèglement psychologique de Jules, qui pouvait être causé par un simple parasite de l'oreille interne - le premier diagnostic du Dr Vong. Quant à Victoire, son propre traumatisme et l'ascendant qu'exerçait sur elle le labrador en faisaient la complice involontaire de ses troubles de la personnalité.

Mon héros s'étonne que je le fixe à tout bout de champ, stylo en main, l'air en attente, concentré, discrètement quémandeur - un peu comme lui quand il me réclame une promenade. Mais là, c'est pour puiser l'inspiration dans ses yeux. Lui piquer une attitude, une réaction, un état d'esprit qui me permettront de décrire au plus juste son caractère, de faire partager ses débats de conscience à des lecteurs inconnus.

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Le vertige des falaises : Gilles Paris

Le vertige des falaises : Gilles Paris

Une prison à ciel ouvert !

 

  L' Île renferme des secrets inavoués. Les silences sont plus lourds de sens que des mots bredouillés. Les mensonges enferment cette famille au bord de l'asphyxie dans cette maison vitrée au bord des falaises.

   Marnie, adolescente, assiste à l'enterrement de son père puis de son grand-père. Cela ne semble pas l'affecter. Cette enfant, rebelle, fuit la réalité, se réfugiant derrière des non-dits. Après tant d'années à côtoyer les silences, les mensonges, elle s'est forgée le caractère des insoumis. Les hommes ne prendront pas le pouvoir sur elle. Marnie devient la bouée de secours de deux femmes à la dérive. Olivia, sa grand-mère, a subi des violences physiques de la part d'Aristide qui lui avait construit sa prison de verre. (Monument bâti sur les ruines de son enfance heureuse). Luc, le père de Marnie, abandonne femme et enfant pour se réfugier dans le jeu et les femmes de petite vertu.

 

  Dans ce roman choral, Gilles Paris aborde la violence silencieuse et vicieuse. Il bluffe le lecteur par les divers points de vue apportés.Trois femmes racontent leurs histoires, leurs espoirs et leurs désenchantements. Un roman polyphonique qui donne un pouvoir et une dimension plus accrue à la violence qui se décline sous le mode des coups portés, des cris étouffés, des silences et de l'abandon. 

   À ces trois femmes, il faut ajouter le poids étouffant et castrateur de l'Île (avec un Î majuscule comme une personne à part entière) et le pouvoir de cette maison construite de verre et d'acier qui emprisonne jusqu'à l'agonie.

 

   Ce roman est puissant de rage et de douleur. L'intensité du mutisme accable le lecteur qui voudrait crier pour ces femmes et qui reste impuissant face à l'inconcevable. Gilles Paris agit en maître des sentiments, disséquant, analysant les moindres recoins de l'âme. 

 

   De nouveau, je reconnais à cet auteur ces lettres de noblesse. Encore une fois, je suis restée muette et triste de laisser ses personnages. Dans les romans de Gilles Paris, le lecteur souhaite prolonger l'histoire. Cet auteur a le don de vous faire aimer ces enfants, ces femmes et ces hommes. Le lecteur devient le confident de ces êtres en détresse. Chez Gilles Paris, le lecteur retrouve une sensibilité fine et infinie et une note d'optimisme magnétique.

 

 

- Toi, tu as des yeux, alors profite de ce miracle. Regarde tout, même ce qui est insignifiant, dis-toi que les couleurs ont des nuances, ou des formes, moi je les invente, ce n'est pas pareil. Je ne les ai jamais vues. Toi, il te suffit de soulever la paupière, Je n'essaie pas d'être aveugle, je le suis depuis ma naissance.

(...) Prudence et Géraud ont tenu leur promesse, c'était notre pacte. Aristide a cessé de fréquenter l'église et Côme s'est habitué à ma seule présence. Ni Luc, ni Rose, ni même la petite ne s'en sont doutés et je dois avouer que j'ai su conserver les apparences avec un certain panache. Même si les fêtes et les dîners ont cessé à Glass, en dehors du mariage de Luc et de Rose. La violence m'avait ôté toute joie de paraître . Les portes et les murs épais de Glass ont enterré le reste. La disparition d'Aristide ne m'a ni soulagée, ni attristée. Pour moi l'homme du parasol était mort depuis longtemps. Je cachais quelques pelures d'oignon dans une petite boîte à pilules qu'il m'a suffi de respirer le jour de l'enterrement. Il fallait que l'Île et les miens me voient pleurer. J'avais vécu quarante ans auprès d'un monstre et nous étions quatre à le savoir.

De toutes les maladies, même les plus mortelles, celle-ci s'est imposée comme la plus injuste. La violence est une maladie de l'âme, qu'elle soit sous l'emprise de l'alcool ou de la colère. Rien ne la soigne vraiment sauf peut-être la mort qu'on vient à souhaiter comme une délivrance.

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Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

  Découvrons Philippe Chevallier dans un autre registre ! Oui, Monsieur, le comique de service, s'essaie aux chroniques donc à l'écriture. L'aventure est audacieuse mais déride les plus récalcitrants.

 

  Philippe Chevallier dissèque les vices et les travers des Français donc fatalement de lui-même. Les séquences brèves de ses chroniques tiennent en haleine le lecteur avide de se corriger ou pas. Car le charme du français réside dans sa faculté de pouvoir rire de lui-même sans se formaliser sur le moyen utilisé. (Après ça, c'est vous qui voyez !)

Chroniques drolatiques, l'objectif est atteint!

 

 

Prenons le délicieux et sympathique : "Oh, mais vous ne changez pas !" Les trois quarts du temps, ça signifie : "Tu parles, vieille morue, t'as toujours eu la gueule de traviole avec du poil au menton, même à 30 ans, c'est pas maintenant que ça va s'arranger ! En plus, tu pues du bec !"

DE L'ART D'ÊTRE FRANÇAIS

Dans un pays aussi ancien culturellement que le nôtre, les traditions sont pérennes et font parfois la vie dure aux tentatives pourtant nombreuses d'adaptation à la modernité. Comme dans une pièce de Feydeau ou sur les photos de Doisneau, il semble que nos travers composent cette part de nostalgie à laquelle nous tenons, car c'est avec eux que nous nous sentons le mieux. Si nous sommes toujours en train de râler, c'est parce que nous avons, plus que d'autres, le sentiment d'être légitimes : nous avons été longtemps les meilleurs, les plus grands, les plus forts, les inspirateurs, les novateurs...Aujourd'hui, où nous sommes réduits à une portion plus congrue, on a envie de montrer au monde qu'on a encore de beaux restes...

Sur la Seine, retour des jeux nautiques à partir du printemps. Le ski et la joute seront remis à la mode, ainsi que les courses d'hommes-grenouilles et la pêche à la ligne. Les ballets nautiques de Muriel Hermine, accompagnés par l'orchestre de Tony Ripoll et son orchestre, seront de nouveau programmés sur le lac Daumesnil, mais avec des nageuses recrutées parmi les filles du bois de Boulogne. Je remplacerai Paris Plages par des cabines de bain exclusivement réservées à l'usage de massage thaïlandais et ce, dans le but de soulager la fatigue du travailleur du mois d'août.

Moi, maire de Paris, je rétablirai les jeux du cirque aux arène de Lutèce. Avec des attractions pour les petits et les grands : lotos géants, sudokus en famille, lancers de nains et bien entendu, catch féminin dans la crème au chocolat...Avec des noisettes le dimanche.

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Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

   La vieillesse n'est pas une sinécure quand le seul objectif de Fernand est d'éviter des vieilles aux cheveux teints en rose, bleu et violet et surtout Madame Suarez, la concierge. Le vieil homme porte toute son amitié à Daisy, sa chienne. Un jour, Daisy disparaît. Fernand se doute des manigances de la concierge qui n'a qu'un seul but faire déménager ce vieux fou. 

    Une petite fille bouscule les habitudes de Fernand; elle est franche, directe et secoue cet homme qui s'était exclu du monde extérieur. Béatrice, une dame plus âgée que lui, lui donne une leçon de vie.

 

   Un petit moment de détente face à un personnage acariâtre et infect. C'est le sosie de Tatie Danielle avec ses énormes travers. Aurélie Valognes accentue les traits de son personnage principal pour lui donner une vraie épaisseur. Ce livre se lit d'une traite, la lecture est fluide sans accroche.

   Dans ce petit immeuble cossu, deux camps s'affrontent un grognon aigri et une revancharde hermétique. 

   Ce roman reste sur la retenue, j'aurais aimé des affrontements plus hilarants entre ces deux protagonistes. L'histoire est rafraîchissante et vous regarderez les membres plus âgés de votre famille avec plus de compassion.

 

Les roses trémières se portent à merveille tout autour de la cour, sauf sous le balcon de M. Brun. Elle parierait son manteau en fourrure qu'il les arrose de désherbant. C'est comme les ampoules des parties communes : à l'étage du vieil homme elles sautent tous les mois. Et chaque fois qu'elle revient de sa tournée du courrier, les marches de l'escalier sont humides et glissantes. Sans parler des énormes déjections canines juste en face de la résidence, près de l'école. Elle serait prête à gager que ce sont celles de son sale cabot. Si elle ne peut pas sentir M. Brun, elle déteste plus encore son chien, un colosse qui fait peur à son chihuahua d'amour, au chat de Mme Berger mais surtout à ses pauvres canaris. L'année dernière, six d'entre eux sont morts, de peur selon elle, à cause de la bête. Le vétérinaire n'a pas confirmé, mais elle en est certaine.

Ensuite, il n'y a eu que des contraintes : biberon, rots, couches, bains, insomnies, courses, lessives, sans interruption, de jour comme de nuit. Ferdinand s'est senti peu concerné mais rien que de voir sa femme s'affairer autant, il était fatigué ! Quand il n'était pas à l'usine, il dormait sur le canapé du salon pour rattraper le retard de sommeil. Parfois même, il fuyait le domicile.

Savie s'est arrêtée quand sa femme l'a quitté. Louise dirait qu'elle s'était arrêtée des année avant, au départ de Marion, ce moment où les couples réalisent que sans leur enfant ils n'ont plus rien en commun. Et puis Ferdinand est presque aussi âgé qu'une tortue de mer. Béatrice lui a parlé de trucs de l' Internet auxquels il n'a rien compris. De toute façon, à quoi ça sert d'essayer? À son âge, apprendre, ce n'est plus rentable ! Sauf s'il lui reste effectivement dix ans à vivre...

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