Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #y a quelqu'un qui m'a dit... catégorie

Mon cahier BEACH BODY : Sissy

Mon cahier BEACH BODY : Sissy

   Le sport et moi, on a dû se croiser à un moment (dans une vie antérieure). Mes vagues souvenirs me replongent dans mes dernières années de lycée où le sport était obligatoire et faisait partie d'une des épreuves du BAC. 

   Depuis, le terme avait disparu de mon vocabulaire. Rassurée ce mot sournois revient au galop quand vous affichez quelques années au compteur ! 

   La ceinture abdominale ressemble à la bouée que vous trimballiez à la plage. Un joli accessoire à l'époque mais plus maintenant. Celle-ci ne se dégonfle pas pour rentrer dans le sac de plage. Elle reste bien accrochée. Votre corps s'identifie au physique de la baleine. 

   Que vous soyez fine avec des bourrelets disgracieux ou forte, la lutte est cruciale et nous touche toutes à un moment ou à un autre.

 

   Aujourd'hui est venu le temps de revêtir le legging-brassière (quant à moi, j'opte pour le jogging-T-shirt) pour bouger son popotin. Je vous rassure, ce n'est pas pour ressembler à une déesse de magazine photoshopée mais pouvoir se mouvoir, monter l'escalier sans perdre un poumon.

 

   Je vais donc suivre les conseils avisés de "Mon cahier BEACH BODY" et voir les résultats. Pourquoi un livre? N'est pas accroc à la littérature qui veut. D'autres préféreront les vidéos (me concernant aucun rythme dans la peau).

   Ce cahier en est vraiment un, avec des lignes à petits carreaux. Les conseils sont pratiques et réalisables par les plus novices. Ils remettent nos corps en perdition vers le droit chemin. C'est à nous de nous attribuer des objectifs réalistes. (le marathon n'est pas encore d'actualité pour moi).

 

  Bon, j'y vais ! Ne rêvez pas que je vous communique mes objectifs ! Je vous laisse, j'ai piscine !

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

L'année de ma disparition : Carole David

L'année de ma disparition : Carole David

Non d'un caribou ! Je me suis faite cueillir, assommée d'un grand coup de massue ! Carole David prend au vif, taille au hachoir les âmes trop sensibles. 

 

   Je suis encore sous le coup de l'émotion. Sa ligne d'écriture est brutale et sans tabou. Adieu les rondeurs de l'appréhension de la mort ! La poétesse transgresse tous les interdits, les mièvreries qui entourent le monde des ténèbres. Elle les convoque pour en sortir le pire. Les poèmes emplis de justesse terrassent l'adversité. L'écriture devient l'essence pure de la mort. La poésie permet de dépasser celle-ci. La convoquer, c'est la combattre !

 

  Carole David se "désincarne" pour libérer son esprit et son âme. La poésie devient la quintessence de son esprit. Par sa mort, elle rejoint les mots (essence même de sa propre existence). Par sa convocation mortelle, elle immortalise la vie.

Je suis entrée dans le boisé de mon enfance avec l'intention d'y rester.
J'étais douée pour une existence hasardeuse, je ne m'appartenais plus corps et biens.
Des photographies, des objets perdus ont suffi à me faire disparaître.
J'ai donné un congé définitif aux vies qui m'habitaient.
Je ne sais rien de ce que j'écris.
Ces poèmes sont l'écume de ma chute.

J'entre, la chambre de création m'accueille;
mon hachoir à la main, ma préparation de liquides,
mon programme orgueilleux,
tout est en place pour la cérémonie.

Ne reste que la pensée ancienne
du corps illustrée sur mes os,
fil que je dévide entre poésie et narration.
Je suis à la veille de changer de peau.

J'ai retrouvé nos empreintes laissées
sur les arbres du parc ; les enfants
au coeur de mousse, les nains de jardin
habitent la pataugeoire ; enfouie sous les balançoires,
la chemise blanche que tu portais est un linceul,
avec notre cadavre à l'intérieur.

Cette nuit j'ai rêvé aux fleurs roses*
que tu ne m'as jamais offertes.
J'ai préféré ta salive âcre.

*Elsa Morante, Territoire du rêve

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

   Fred et Alice n'ont pas réussi leur vie de couple cependant ils doivent s'allier pour sauver Jules, leur chien. Jules, guide d'aveugle, avait trouvé sa place auprès d'Alice. Lors de la guérison de sa maîtresse, il met ses pouvoirs au service des épileptiques. Il intègre une école afin de former des chiens sauveteurs. Pour une raison inconnue, Jules a attaqué un adolescent. Fred et Alice doivent tout mettre en oeuvre pour sauver Jules d'une mort affreuse.

 

     J'avoue avoir été un peu déçue, espérant une aventure extraordinaire pour ce chien aux pouvoirs salvateurs. Certes les idées farfelues de Didier Van Cauwelaert, des éléphants peintres, des chiens dépressifs, restent vivaces durant tout le roman.

 

    La lecture est agréable et rapide. Ce roman se dévore durant un voyage en train ou dans une salle d'attente d'un cabinet médical. Le lecteur s'évade tout en étant ancré dans sa réalité.

 

   Ce qu'il faudra retenir de ce livre est principalement le projet "ESCAPE" dont le but est de former des chiens détecteurs d'épisode épileptiques chez les enfants. Une raison d'acheter "le retour de Jules".

Il est couché sur le ciment dans une cellule-cage de deux mètres carrés. Dès qu'il nous sent, il bondit sur ses pattes et aboie comme je ne l'ai jamais entendu. Terrorisé, furieux, aphone. Je m'agenouille devant lui, glisse les bras entre les barreaux luisants de bave pour toucher son poil raide, humide, souillé.
- C'est moi, mon chien, c'est moi...Tout va bien.

Alarmée par son ton, l'adjudant a coupé le haut-parleur et changé de pièce. Alice s'est laissée tomber sur un pouf au coin de la cheminée, décomposée. Deux chiens d'élite, deux chiens d'assistance dont la formation avait coûté plus de vingt mille euros pièce, étaient retournés à l'état sauvage, s'entraînant l'un l'autre dans la divagation, le harcèlement, l'attaque des personnes et des biens qu'ils étaient censés protéger. Je m'épuisais à lui répéter en vain qu'elle n'était pour rien dans le dérèglement psychologique de Jules, qui pouvait être causé par un simple parasite de l'oreille interne - le premier diagnostic du Dr Vong. Quant à Victoire, son propre traumatisme et l'ascendant qu'exerçait sur elle le labrador en faisaient la complice involontaire de ses troubles de la personnalité.

Mon héros s'étonne que je le fixe à tout bout de champ, stylo en main, l'air en attente, concentré, discrètement quémandeur - un peu comme lui quand il me réclame une promenade. Mais là, c'est pour puiser l'inspiration dans ses yeux. Lui piquer une attitude, une réaction, un état d'esprit qui me permettront de décrire au plus juste son caractère, de faire partager ses débats de conscience à des lecteurs inconnus.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le vertige des falaises : Gilles Paris

Le vertige des falaises : Gilles Paris

Une prison à ciel ouvert !

 

  L' Île renferme des secrets inavoués. Les silences sont plus lourds de sens que des mots bredouillés. Les mensonges enferment cette famille au bord de l'asphyxie dans cette maison vitrée au bord des falaises.

   Marnie, adolescente, assiste à l'enterrement de son père puis de son grand-père. Cela ne semble pas l'affecter. Cette enfant, rebelle, fuit la réalité, se réfugiant derrière des non-dits. Après tant d'années à côtoyer les silences, les mensonges, elle s'est forgée le caractère des insoumis. Les hommes ne prendront pas le pouvoir sur elle. Marnie devient la bouée de secours de deux femmes à la dérive. Olivia, sa grand-mère, a subi des violences physiques de la part d'Aristide qui lui avait construit sa prison de verre. (Monument bâti sur les ruines de son enfance heureuse). Luc, le père de Marnie, abandonne femme et enfant pour se réfugier dans le jeu et les femmes de petite vertu.

 

  Dans ce roman choral, Gilles Paris aborde la violence silencieuse et vicieuse. Il bluffe le lecteur par les divers points de vue apportés.Trois femmes racontent leurs histoires, leurs espoirs et leurs désenchantements. Un roman polyphonique qui donne un pouvoir et une dimension plus accrue à la violence qui se décline sous le mode des coups portés, des cris étouffés, des silences et de l'abandon. 

   À ces trois femmes, il faut ajouter le poids étouffant et castrateur de l'Île (avec un Î majuscule comme une personne à part entière) et le pouvoir de cette maison construite de verre et d'acier qui emprisonne jusqu'à l'agonie.

 

   Ce roman est puissant de rage et de douleur. L'intensité du mutisme accable le lecteur qui voudrait crier pour ces femmes et qui reste impuissant face à l'inconcevable. Gilles Paris agit en maître des sentiments, disséquant, analysant les moindres recoins de l'âme. 

 

   De nouveau, je reconnais à cet auteur ces lettres de noblesse. Encore une fois, je suis restée muette et triste de laisser ses personnages. Dans les romans de Gilles Paris, le lecteur souhaite prolonger l'histoire. Cet auteur a le don de vous faire aimer ces enfants, ces femmes et ces hommes. Le lecteur devient le confident de ces êtres en détresse. Chez Gilles Paris, le lecteur retrouve une sensibilité fine et infinie et une note d'optimisme magnétique.

 

 

- Toi, tu as des yeux, alors profite de ce miracle. Regarde tout, même ce qui est insignifiant, dis-toi que les couleurs ont des nuances, ou des formes, moi je les invente, ce n'est pas pareil. Je ne les ai jamais vues. Toi, il te suffit de soulever la paupière, Je n'essaie pas d'être aveugle, je le suis depuis ma naissance.

(...) Prudence et Géraud ont tenu leur promesse, c'était notre pacte. Aristide a cessé de fréquenter l'église et Côme s'est habitué à ma seule présence. Ni Luc, ni Rose, ni même la petite ne s'en sont doutés et je dois avouer que j'ai su conserver les apparences avec un certain panache. Même si les fêtes et les dîners ont cessé à Glass, en dehors du mariage de Luc et de Rose. La violence m'avait ôté toute joie de paraître . Les portes et les murs épais de Glass ont enterré le reste. La disparition d'Aristide ne m'a ni soulagée, ni attristée. Pour moi l'homme du parasol était mort depuis longtemps. Je cachais quelques pelures d'oignon dans une petite boîte à pilules qu'il m'a suffi de respirer le jour de l'enterrement. Il fallait que l'Île et les miens me voient pleurer. J'avais vécu quarante ans auprès d'un monstre et nous étions quatre à le savoir.

De toutes les maladies, même les plus mortelles, celle-ci s'est imposée comme la plus injuste. La violence est une maladie de l'âme, qu'elle soit sous l'emprise de l'alcool ou de la colère. Rien ne la soigne vraiment sauf peut-être la mort qu'on vient à souhaiter comme une délivrance.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

  Découvrons Philippe Chevallier dans un autre registre ! Oui, Monsieur, le comique de service, s'essaie aux chroniques donc à l'écriture. L'aventure est audacieuse mais déride les plus récalcitrants.

 

  Philippe Chevallier dissèque les vices et les travers des Français donc fatalement de lui-même. Les séquences brèves de ses chroniques tiennent en haleine le lecteur avide de se corriger ou pas. Car le charme du français réside dans sa faculté de pouvoir rire de lui-même sans se formaliser sur le moyen utilisé. (Après ça, c'est vous qui voyez !)

Chroniques drolatiques, l'objectif est atteint!

 

 

Prenons le délicieux et sympathique : "Oh, mais vous ne changez pas !" Les trois quarts du temps, ça signifie : "Tu parles, vieille morue, t'as toujours eu la gueule de traviole avec du poil au menton, même à 30 ans, c'est pas maintenant que ça va s'arranger ! En plus, tu pues du bec !"

DE L'ART D'ÊTRE FRANÇAIS

Dans un pays aussi ancien culturellement que le nôtre, les traditions sont pérennes et font parfois la vie dure aux tentatives pourtant nombreuses d'adaptation à la modernité. Comme dans une pièce de Feydeau ou sur les photos de Doisneau, il semble que nos travers composent cette part de nostalgie à laquelle nous tenons, car c'est avec eux que nous nous sentons le mieux. Si nous sommes toujours en train de râler, c'est parce que nous avons, plus que d'autres, le sentiment d'être légitimes : nous avons été longtemps les meilleurs, les plus grands, les plus forts, les inspirateurs, les novateurs...Aujourd'hui, où nous sommes réduits à une portion plus congrue, on a envie de montrer au monde qu'on a encore de beaux restes...

Sur la Seine, retour des jeux nautiques à partir du printemps. Le ski et la joute seront remis à la mode, ainsi que les courses d'hommes-grenouilles et la pêche à la ligne. Les ballets nautiques de Muriel Hermine, accompagnés par l'orchestre de Tony Ripoll et son orchestre, seront de nouveau programmés sur le lac Daumesnil, mais avec des nageuses recrutées parmi les filles du bois de Boulogne. Je remplacerai Paris Plages par des cabines de bain exclusivement réservées à l'usage de massage thaïlandais et ce, dans le but de soulager la fatigue du travailleur du mois d'août.

Moi, maire de Paris, je rétablirai les jeux du cirque aux arène de Lutèce. Avec des attractions pour les petits et les grands : lotos géants, sudokus en famille, lancers de nains et bien entendu, catch féminin dans la crème au chocolat...Avec des noisettes le dimanche.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

Mémé dans les orties : Aurélie Valognes

   La vieillesse n'est pas une sinécure quand le seul objectif de Fernand est d'éviter des vieilles aux cheveux teints en rose, bleu et violet et surtout Madame Suarez, la concierge. Le vieil homme porte toute son amitié à Daisy, sa chienne. Un jour, Daisy disparaît. Fernand se doute des manigances de la concierge qui n'a qu'un seul but faire déménager ce vieux fou. 

    Une petite fille bouscule les habitudes de Fernand; elle est franche, directe et secoue cet homme qui s'était exclu du monde extérieur. Béatrice, une dame plus âgée que lui, lui donne une leçon de vie.

 

   Un petit moment de détente face à un personnage acariâtre et infect. C'est le sosie de Tatie Danielle avec ses énormes travers. Aurélie Valognes accentue les traits de son personnage principal pour lui donner une vraie épaisseur. Ce livre se lit d'une traite, la lecture est fluide sans accroche.

   Dans ce petit immeuble cossu, deux camps s'affrontent un grognon aigri et une revancharde hermétique. 

   Ce roman reste sur la retenue, j'aurais aimé des affrontements plus hilarants entre ces deux protagonistes. L'histoire est rafraîchissante et vous regarderez les membres plus âgés de votre famille avec plus de compassion.

 

Les roses trémières se portent à merveille tout autour de la cour, sauf sous le balcon de M. Brun. Elle parierait son manteau en fourrure qu'il les arrose de désherbant. C'est comme les ampoules des parties communes : à l'étage du vieil homme elles sautent tous les mois. Et chaque fois qu'elle revient de sa tournée du courrier, les marches de l'escalier sont humides et glissantes. Sans parler des énormes déjections canines juste en face de la résidence, près de l'école. Elle serait prête à gager que ce sont celles de son sale cabot. Si elle ne peut pas sentir M. Brun, elle déteste plus encore son chien, un colosse qui fait peur à son chihuahua d'amour, au chat de Mme Berger mais surtout à ses pauvres canaris. L'année dernière, six d'entre eux sont morts, de peur selon elle, à cause de la bête. Le vétérinaire n'a pas confirmé, mais elle en est certaine.

Ensuite, il n'y a eu que des contraintes : biberon, rots, couches, bains, insomnies, courses, lessives, sans interruption, de jour comme de nuit. Ferdinand s'est senti peu concerné mais rien que de voir sa femme s'affairer autant, il était fatigué ! Quand il n'était pas à l'usine, il dormait sur le canapé du salon pour rattraper le retard de sommeil. Parfois même, il fuyait le domicile.

Savie s'est arrêtée quand sa femme l'a quitté. Louise dirait qu'elle s'était arrêtée des année avant, au départ de Marion, ce moment où les couples réalisent que sans leur enfant ils n'ont plus rien en commun. Et puis Ferdinand est presque aussi âgé qu'une tortue de mer. Béatrice lui a parlé de trucs de l' Internet auxquels il n'a rien compris. De toute façon, à quoi ça sert d'essayer? À son âge, apprendre, ce n'est plus rentable ! Sauf s'il lui reste effectivement dix ans à vivre...

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Nos 14 novembre : Aurélie Silvestre

Nos 14 novembre : Aurélie Silvestre

    Texte dérangeant et violent par la tristesse de son propos : comment se reconstruire quand des terroristes viennent d'abattre de sans froid un mari, un frère, un père, une cousine, une amie...

    Aurélie raconte avec pureté et profondeur le calvaire de l'attente, l'annonce sans appel de la mort et son profond désir de continuer à vivre pour ses enfants : un de trois ans (qui ne comprend pas pourquoi son père ne jouera plus avec lui) et un à naître (pour qui il faudra faire vivre un père mort trop tôt).

   Par cet écrit, elle s'oppose au terrorisme en luttant par son optimisme. Elle insuffle, par le biais de son courage, une volonté de continuer de vivre à ceux marqués par les attentats qui ont ensanglanté la France : pays des droits de l'homme et de la liberté.

 

     Ce livre est un hommage aux voix silencieuses qui souffrent d'avoir subi une violence démoniaque. Il faut continuer à aimer la vie, à hurler sa liberté de penser, à courir les spectacles, les expos, rire et chanter.

    La structure du livre se scinde en trois parties, la première raconte l'effroyable tragédie, la seconde raconte une rencontre amoureuse et un désir de vivre et la troisième développe une rage de vivre difficile, fragile mais heureuse.

 

    Un livre magnifique qui redonne espoir ! A lire absolument !

PS : pour les émotives prévoir des mouchoirs : pour moi la boîte est vide

Matthieu est mort.

Il va falloir le répéter beaucoup pour y croire vraiment.

Matthieu est mort. Matthieu est mort.

Je ne sais pas où part mon esprit à ce moment-là, dans quel coin de ma sidération, ou de ma peur, il se cache. Mon corps comprend le premier : je me mets à vomir et à vomir encore.

Apprivoiser l'absence, le manque, accepter une autre forme de présence, parler au fantôme, voir les signes qu'il envoie. Voilà ma nouvelle vie pour le moment.

J'avance, je recule, je tombe, je me relève. J'essaie de prendre les choses comme elles viennent.

Quand on me demande comment on fait pour se reconstruire après qu'il nous est arrivé une chose pareille je réponds " On ne se reconstruit pas, on continue, c'est tout."

Je bois un autre verre. Ma tête tourne.

Je peux bien faire tomber mon armure le temps d'une soirée.

Je pose sur ma tête la casquette "cowboy" que Marie vient de m'offrir et je ris, je ris à toutes les blagues.

Aujourd'hui j'ai trente-cinq ans et j'aime comme avant.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Passeport pour l'espoir : Grine

Passeport pour l'espoir : Grine

    À l'heure où les dissensions politiques abreuvent les médias, un avocat issu de l'immigration, propose un texte dans lequel il exprime son ressenti face à son pays : La France.

 

   Dans son texte, il revient sur son parcours scolaire, sur son éducation mixte tant sur le plan religieux que sur le plan culturel. Grine affirme que sa mixité a fait de lui l'homme qu'il est devenu.  

 

   Cet auteur décortique avec son ressenti l'image de ce pays qu'il aime. Il y dévoile ses points forts (qui sont nombreux) mais aussi ses dissonances. Attention, il n' idolâtre pas les institutions mais reconnaît leurs déterminismes et leur nécessité. Il appelle au renouveau politique comme une majorité de ses contemporains. Il ne fustige pas les anciens politiciens mais admet leur manque de contact avec le monde d'en bas.

 Il donne aussi sa vision de l'école et replace celle-ci à sa juste place : donner du savoir à des élèves tout en admettant que tous ces élèves n'ont pas le même niveau. L'éducation sociale revenant à la charge des parents.

 

   Certes, certains électeurs accepteront son point tandis que d'autres s'opposeront à sa vision. Ce texte est un point de départ pour une discussion politique argumentée mais ne peut être qu'un unique point de vue.

 À deux mois des élections présidentielles, ce texte permet de fixer les attentes des électeurs. Cependant, chaque génération a sa manière de ressentir la politique et de valider ses propres choix. 

 

   Le point principal à retenir est de se rendre aux urnes pour faire reconnaître le pouvoir de la liberté de choisir ses représentants politiques.

Lorsque mes parents se sont mariés, ce fut la consternation dans les deux familles. Le temps, l'amour et la tolérance aidant, tout finit par rentrer dans l'ordre. Il y avait - entre mon père et ma mère un accord tacite : leurs enfants seraient libres de choisir leur religion.
Pour cette raison, ni ma soeur ni moi ne fûmes baptisés. Et de l'autre côté, nous ne fûmes que rarement au contact de la religion musulmane. Enfants et adolescents, nous passions nos vacances à Alger, sans que mon père n'éprouvât la nécessité de nous conduire à la mosquée. À vrai dire, je n'y suis jamais allé, pas plus en France qu'en Algérie.

À l'école, tout le monde n'est pas au même niveau. L'enseignant n'est pas un animateur ni un GO. Il est là pour délivrer le savoir, et les élèves pour l'apprendre. Qu'on améliore les méthodes pédagogiques, très bien. Que se noue un dialogue à partir d'un âge où l'élève a les moyens de réfléchir et d'argumenter encore mieux. Mais vouloir à tout prix établir un rapport d'égalité est non seulement un leurre, mais une faute : les premiers à en pâtir sont les élèves, à qui il manquera d'indispensables repères.

Ce n'est pas la première fois : Ernest Renan a donné sa fameuse conférence intitulée "Qu'est-ce qu'une nation ?" dans la foulée de la défaite de 1870 face à la Prusse. Il répond ceci : "Une nation est une âme, un principe spirituel....Une grande agrégation d'hommes, saine d'esprit et chaude de coeur, crée une conscience morale qui s'appelle une nation". Pour lui, le principe dominant est la volonté d'hommes venant de divers horizons de vivre ensemble. À la base, il y a un choix et un contrat passé avec les autres pour former ensemble une entité singulière.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

     Les enfants de la guerre doivent-ils porter la responsabilité des actes de leurs parents? Doivent-ils être aussi coupable que leurs pères tortionnaires?

 

     Rachel est mort d'avoir retracé le parcours dominateur et nazi de son père. Malrich se plonge dans le journal intime abandonné par Rachel à sa mort. Deux frères, nés d'une mère algérienne et d'un père allemand, débarquent dans une cité française pour réchapper à la misère. Est-ce bien là la seule vérité? Chacun des garçons s'approprie un semblant de vie. Cependant, quand un massacre se produit dans le petit village de leur enfance, Rachel doit connaître la vérité. Celle-ci s'avère macabre.

   Sur fond de vie d'intégration raciale, le narrateur aborde le nazisme, ses conséquences sur les générations persécutées par un dictateur. Par le biais du nazisme, Boualem Sansal alerte les communautés sur le mouvement intégriste qui pullule dans toutes les cités par l'intermédiaire des mosquées. Il pointe du doigt les endoctrinements que les autorités laissent se développer.

 

   L'auteur met en exergue les similitudes d'Hitler et des dirigeants intégristes. Il veut éveiller les consciences à la vigilance. Il affirme aux enfants émigrés que l'Algérie de leur souvenir n'a plus la même image.

   L'utilisation de la lecture du journal intime impose une confidentialité. Chaque lecteur devient Malrich qui se découvre, qui prend conscience de ses racines. Le lecteur s'approprie ses souffrances, comprend plus aisément le malaise, la nausée de découvrir un père méconnu par sa propre famille mais reconnu par l'Histoire comme un serviteur assidu d'un des plus grands dictateurs.

   Boualem Sansal joue constamment avec des allers-retours entre l'enfance algérienne et le monde moderne qui glisse sous les pieds de ces déracinés. L'image de l'autre et son rapport à l'autre se désolidarisent, se désagrègent. L'image du père admirée par ce petit village algérien explose face aux images d'atrocité des camps d'extermination. La Shoah vue par un Algérien-Allemand- Français de banlieue accentue la souffrance vécue. Un extrait du livre "Si c'est un homme" de Primo Lévi marque de son encre et de son sang le drame vécu par ce village algérien massacré au nom du terroriste et non de Dieu.

  Ce n'est pas Allah qui prône la violence mais bien des hommes avides de pouvoir et de domination. Le dialogue entre l'imam et le jeune homme sacralise toute l'incompréhension de cette volonté castratrice. Boualem Sansal insiste sur les similitudes entre les islamistes et Hitler : les embrigadements, le choix d'une race supérieure, la surveillance constante, les prêches vindicatifs sous le couvert d'une volonté céleste...

 

Livre puissant,vivant et hurlant de vérité. A faire lire et étudier par le plus grand nombre.

Ce que je sais de l'Algérie, je l'ai su par les médias, par mes lectures, les discussions avec les copains. Au temps où j'habitais la cité, chez tonton Ali, j'en avais une perception trop vraie pour être réelle. Les gens jouaient à être algériens, plus que la vérité ne pouvait le supporter. Rien ne les obligeait mais ils se sacrifiaient au rituel avec tout l'art possible: Emigré on est, émigré on reste pour l'éternité. Le pays dont ils parlaient avec tant d'émotion et de tempérament n'existe pas. L'authenticité qu'ils regardent comme le pôle Nord de la mémoire encore moins. L'idole porte un cachet de conformité sur le front, trop visible, ça dit le produit de bazar, contrefait, artificiel, et combien dangereux à l'usage. L'Algérie était autre, elle avait sa vie, et déjà il était de notoriété mondiale que ses grands dirigeants l'avaient saccagée et la préparaient activement à la fin des fins. Le pays vrai est celui dans lequel on vit, les Algériens de là-bas le savent bien, eux. Le drame dans lequel ils se débattent, ils en connaissent l'alpha et l'oméga et s'il ne tenait qu'à eux, les tortionnaires auraient été les seules victimes de leurs basses oeuvres.

Un jour, le monde entier s'est mobilisé contre cette folie, ils ont tué l'imam en chef, le Führer, et tous ses émirs, et ils ont occupé l'Allemagne. C'est là qu'ils ont découvert les camps d'extermination. Il y en avait des dizaines, les morts se comptaient par millions et les survivants ressemblaient tellement à des cadavres qu'ils ne savaient comment leur parler. Quand mes parents et leurs voisins du village ont été égorgés par les islamistes, Rachel a commencé à réfléchir. Il a compris que l'islamisme et le nazisme c'était du pareil au même. Il a voulu voir ce qui nous attendait si on laissait faire comme on a laissé faire en Allemagne, à Kaboul et en Algérie où les charniers islamistes ne se comptent plus, comme on laisse faire chez nous, en France où les Gestapos islamistes ne comptent plus. Au bout du compte, ça lui a fait tellement peur qu'il s'est suicidé. Il pensait qu'il était trop tard, il se sentait responsable, il disait que notre silence était de la complicité, il disait que nous sommes dans le piège et qu'à force de nous taire en faisant semblant de discutailler intelligemment, nous finirons par devenir des kappas, sans nous en rendre compte, sans voir que les autres, autour de nous, le sont déjà.

(...) Je paie pour un autre. Je veux le sauver, parce que c'est mon père, parce que c'est un homme. C'est ainsi que je veux répondre à la question de Primo Lévi, Si c'est un homme. Oui, quelle que soit sa déchéance, la victime est un homme, et quelle que soit son ignominie, le bourreau est aussi un homme.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen : Arto Paasilinna

Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen : Arto Paasilinna

  Y a quelqu'un qui m'a dit de lire : "Les mille et une gaffes de l'ange gardien Ariel Auvinen" d'Arto Paasilinna

  Qui n'a jamais songé à cet ange gardien qui le protège contre les malheurs du monde? Aaron n'a jamais espéré recevoir l'aide d'un ange. Celui-ci lui a été attribué d'office.

Ariel Auvinen, après une formation au paradis, dans la petite église de Kerimäki en Finlande, est affecté au bonheur d'Aaron, un homme sans problème. La protection de cet humain s'avère chaotique et risquée car Ariel a un don très particulier pour accumuler les gaffes.

Malgré de multiples recommandations, les interventions se soldent par des échecs. Le protégé frôle la mort plusieurs fois et devient un adepte des commotions cérébrales.

 

   Arto Paasilinna renoue avec le burlesque de situation. Un sourire se dessine à la lecture du corbillard planté dans le champ entouré de toute une bibliothèque. Quoi de plus jouissif pour un ange de pouvoir, par le biais des pensées, appuyer sur le champignon d'un corbillard? Un corbillard roulant à plus de 200 miles, est-ce bien raisonnable?

Des morts, qui se font voler par des Russes, un bateau qui s'échoue sur les côtes allemandes sont des situations comiques exploitées avec brio par cet auteur finlandais.

La description de l'ange prête à sourire dès ses premières apparitions. Ses ailes sont trop encombrantes, ce qui l'oblige à voyager dans le ciel.

 

  La lecture est légère et permet de passer des heures agréables en compagnie de personnages haut en couleur. La structure narrative n'accorde pas de place aux surprises. La fin est prévisible mais cela n’ôte pas le plaisir de la lecture.

Si vous avez envie d'une détente, ce livre est un moment de bonheur.

Dans l'effervescence du moment, tout à sa volonté de bien faire, Ariel Auvinen ne vit pas à temps la ligne à haute tension qui enjambait le lac à cet endroit. Ailes grandes ouvertes, il vola droit dessus et s'y emmêla. Des étincelles jaillirent des câbles électriques, de la fumée s'échappa de ses plumes, le courant fut coupé dans la ville d'Imatra. La rupture de la ligne à haute tension arrêta même les plus proches usines papetières, mais des centrales d'appoint prirent heureusement le relais pour alimenter les installations industrielles, les hôpitaux et les autres services essentiels.

Ariel Auvinen était assis au chevet d'Aaro à l'hôpital de Maria. Le patient avait repris connaissance et dormait maintenant paisiblement. Heureusement, il n'avait pas trop souffert. S'il s'était fait écraser par un camion, rue Mechelin, il serait sûrement mort, songea l'ange gardien, soulagé d'avoir pu agir vite et couper la circulation. Dommage seulement qu'il ait négligé de stopper le scooter qui l'avait ensuite percuté.

Oui... les choses ne se sont pas passées exactement comme je l'avais espéré.
- Je suis désolé, mais j'ai fait de mon mieux.
- C'est bien le problème...personne n'est parfait, marmonna l'ange Gabriel. Mais venons-en au fait. Tu accumules quand même assez magistralement les gaffes.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>