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Musa Traviesa : José Martí

Musa Traviesa : José Martí

     José Martí , célèbre poète cubain, né à la Havanne de parents espagnols, suivra des études grace à la bienveillance de Rafael Maria de Mendive et développera son esprit révolutionnaire. Son goût pour la liberté lui vaudra son expulsion du pays et sa déportation en Espagne. Il y paufinera son goût pour la philosophie et les Lettres. Il se liera d'amitié avec des membres socialistes et anarchistes.

     Après son amnistie, il parcourera le monde et écrira de nombreux textes révolutionnaires. Il deviendra un homme littéraire et engagé de la révolution. José Martí sera de nouveau déporté. Il s'envolera pour New-York puis le Vénézuela où il publiera une revue révolutionnaire "patria".

 

    José  Martí reviendra armé à Cuba pour vaincre l'oppression. Il sera tué à la bataille de Dos Rios.

    Durant son expulsion définitive, le poète souffrira de l'absence de son fils. Par le biais de poème, comme Musa Traviesa, il s'adressera à son fils où il exprimera son malaise. José Martí devient le fils de son fils. Il exprime sa détresse. Le poète se révèle dans le sein d'une mère (ici un fils) aimante. Poème putri d'amour et de désillusion. Poème engagé et fier.

 

 

¿Mi musa? Es un diablillo
Con alas de ángel.
¡Ah, musilla traviesa.
Que vuelo trae!

Yo suelo, caballero
En sueños graves,
Cabalgar horas luengas
Sobre los aires.
Me entro en nubes rosadas.
Bajo a hondos mares,
Y en los senos eternos
Hago viajes.
Allí asisto a la inmensa
Boda inefable,
Y en los talleres huelgo
De la luz madre:
Y con ella es la oscura
Vida, radiante
Y a mis ojos los antros
Son nidos de ángeles!
Al viajero del cielo
¿Qué el mundo frágil?
Pues ¿no saben los hombres
Qué encargo traen?
¡Rasgarse el bravo pecho,
Vaciar su sangre.
Y andar, andar heridos
Muy largo el valle.
Roto el cuerpo en harapos,
Los pies en carne,
Hasta dar sonriendo
-¡No en tierra! -exánimes!
Y entonces sus talleres
La luz les abre,
Y ven lo que yo veo:
¿Qué el mundo frágil?
Seres hay de montaña,
Seres de valle,
Y seres de pantano
Y lodazales.

De mis sueños desciendo,
Volando vanse,
Y en papel amarillo
Cuento el viaje.
Contándolo, me inunda
Un gozo grave:-
Y cual si el monte alegre,
Queriendo holgarse
Al alba enamorando
Con voces ágiles
Sus hilillos sonoros
Desanudase,
Y salpicando riscos,
Labrando esmaltes
Refrescando sedientas
Cálidas cauces,
Echáralos risueños
Por falda y valle,-
Así, al alba del alma
Regocijándose,
Mi espíritu encendido
Me echa a raudales
Por las mejillas secas
Lágrimas suaves.
Me siento, cual si en magno
Templo oficiase;
Cual si mi alma por mirra
Vertiese al aire;
Cual si en mi hombro surgieran
Fuerzas de Atlante;
Cual si el Sol en mi seno
La luz fraguase:-
Y estallo, hiervo, vibro;
Alas me nacen!

Suavemente la puerta
Del cuarto se abre,
Y éntranse a él gozosos
Luz, risas, aire.
Al par da el Sol en mi alma
Y en los cristales:
¡Por la puerta se ha entrado
Mi diablo ángel!
¿Qué fue de aquellos sueños,
De mi viaje,
Del papel amarillo,
Del llanto suave?
Cual si de mariposas,
Tras gran combate,
Volaran alas de oro
Por tierra y aire,
Así vuelan las hojas
Do cuento el trance.
Hala acá el travesuelo
Mi paño árabe;
Allá monta en el lomo
De un incunable;
Un carcax con mis plumas
Fabrica y átase;
Un sílex persiguiendo
Vuelca un estante,
Y ¡allá ruedan por tierra
Versillos frágiles,
Brumosos pensadores,
Lópeos galanes!
De águilas diminutas
Puéblase el aire:
¡Son las ideas, que ascienden,
Rotas sus cárceles!

Del muro arranca, y cíñese,
Indio plumaje:
Aquella que me dieron
De oro brillante,
Pluma, a marcar nacida
Frentes infames,
De su caja de seda
Saca, y la blande:
Del Sol a los requiebros
Brilla el plumaje,
Que baña en áureas tintas
Su audaz semblante.
De ambos lados el rubio
Cabello al aire,
A mí súbito viénese
A que lo abrace.
De beso en beso escala
Mi mesa frágil;
¡Oh, Jacob, mariposa,
Ismaelillo, árabe!
¿Qué ha de haber que me guste
Como mirarle
De entre polvo de libros
Surgir radiante,
Y, en vez de acero, verle
De pluma armarse,
Y buscar en mis brazos
Tregua al combate?
Venga, venga, Ismaelillo;
La mesa asalte,
Y por los anchos pliegues
Del paño árabe
En rota vergonzosa
Mis libros lance,
Y siéntese magnífico
Sobre el desastre,
Y muéstreme riendo,
Roto el encaje-
-¡Qué encaje no se rompe
En el combate!-
Su cuello, en que la risa
Gruesa onda hace!
Venga, y por cauce nuevo
Mi vida lance,
Y a mis manos la vieja
Péñola arranque,
Y del vaso manchado
La tinta vacie!
¡Vaso puro de nácar:
Dame a que harte
Esta sed de pureza:
Los labios cánsame!
¿Son éstas que lo envuelven
Carnes, o nácares?
La risa, como en taza
De ónice árabe,
En su incólume seno
Bulle triunfante:
¡Hete aquí, hueso pálido,
Vivo y durable!
Hijo soy de mi hijo!
El me rehace!

Pudiera yo, hijo mío,
Quebrando el arte
Universal, muriendo,
Mis años dándote,
Envejecerte súbito,
La vida ahorrarte!-
Mas no: que no verías
En horas graves
Entrar el Sol al alma
Y a los cristales!
Hierva en tu seno puro
Risa sonante:
Rueden pliegues abajo
Libros exangües:
Sube, Jacob alegre,
La escala suave:
Ven, y de beso en beso
Mi mesa asaltes:-
¡Pues esa es mi musilla,
Mi diablo ángel!
¡Ah, musilla traviesa,
Qué vuelo trae!

 

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Fusion, tu seras mon fils : Gérard Bourguignat

     A la découverte d'un nouvel auteur: cela faisait une paille que je ne m'étais pas attardée sur un auteur en devenir.

   Vous vous laisserez surprendre par votre attachement soudain à Julien : ce jeune homme en quête de repères sentimentaux.

    Le propriétaire de la supérette s'éprend de passion pour la mère de Julien qui élève seule son fils. La relation évalue favorablement entre les deux amoureux. Julien adhère à cette union. Il est en recherche d'un père et Robert en attente d'un fils.

Leur relation est ambigüe. Comment doit-on se comporter face à un étranger qui devient un membre important de la famille. Cet amour filial voire incestueux est-il raisonnable?

 

    Gérard Bourguignat parsème durant le récit des bribes d'une vie basée sur des certitudes surtout celle de l'absence du père, mais aussi sur une quête d'identité amoureuse qui définit les troubles de l'adolescence. Le travail de Gérard Bourguignat se peaufine en couches successives : la découverte des troubles sentimentaux, patriarcal, matriarcal, amoureux. L' apparition de ses troubles se dissout de manière lancinante et troublante dans l'esprit du jeune homme. La clairvoyance reste énigmatique: tous les sentiments se côtoient aux frontières troubles et semblables : l'amour d'un beau-père, l'admiration d'une idole, d'un messie ou l'amour amoureux dans sa pureté. Comment cet homme en devenir se débat avec toutes ses subtilités ?

     La structure du roman utilise tous les points de vue littéraire. L'auteur entre sans frapper dans l'esprit des deux principaux protagonistes qui sont le centre névralgique du roman. La mère devient un personnage secondaire. Elle permet simplement une rencontre troublante.

     L'auteur accorde autant de temps à Julien et à Robert : le temps de la découverte maladroite et emplie de bienveillance. Dans ce rapport à l'autre, l'écrivain décrit avec justesse le rite amoureux: la découverte, la peur de l'autre, la paralysie du sentiment...

    L'amour filial effraye quand celui-ci apparaît à l'âge adulte.

    Très bonne découverte sur les joies d'être père et les angoisses qui en découlent mais aussi celle de l'acceptation d'avoir un père de substitution. Je conseille de lire ce roman car il offre une vision réelle et humaniste parfois galvaudée des relations filiales.

Julien ne se le fit pas dire deux fois. Arrivé dans sa chambre, il tomba, dos collé au lit, immobile, les yeux grands ouverts: Une sorte de nausée l'envahit. Il fait l'estomac noué. Comment avait-il pu céder à son agresseur et surtout, pourquoi y avait-il trouvé du plaisir? Il se sentait sale. Il avait honte et ne comprenait pas ce qui s'était passé, sinon qu'il avait accepté ce baiser furtif et qu'il y avait répondu: Et l'autre qui lui demandait le silence. Comme si on racontait ce genre de choses à sa mère. Ah, si mon père était là, lui, il saurait ; il lui dirait ce qu'il fallait faire.

- J'ai paniqué, Julien, je me suis rendu compte de l'énormité de mon geste. Faut pas m'en vouloir, je te l'ai dit, je n'ai trouvé que ce moyen. Quant à l'attirance dont tu parles, ce serait comme une amitié forte entre homme, ou de l'amour entre un père et son fils. Pourquoi tu me hais ? ça, j'aimerais ne pas avoir à te répondre: Je pense, sans être psychologue, que je me suis substitué involontairement à l'image que tu te faisait de ton père depuis ta plus tendre enfance et que tu l'as mal vécu, tu ne crois pas?

- Ben, oui, selon l'endroit, comme tu es en hauteur, tu te trouves au-dessus du vol des corbeaux et tu ne vois donc que leur dos ! L'empereur Constantin disait plus poétiquement : "Constantine, la ville où l'homme est plus haut que l'aigle."

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Le Cid : Corneille

Le Cid : Corneille

     Question, somme toute, sans intérêt mais qui se souvient du prénom de ce tragédien du XVII ème siècle? Ne trichez pas son nom résonne à nos oreilles d'ancien étudiant mais ce fameux prénom. Simplement Pierre.

    Question supplémentaire : citez trois pièces de cet auteur prolifique, à part Le Cid ? (je vous voyais arriver avec vos gros sabots). Donc on peut ajouter : L'illusion comique de 1636, Cinna de 1642 et enfin Oedipe de 1659. Je reconnais la liste peut-être longue et vous laisse le plaisir de la compléter. Jeu qui peut devenir très ludique.

 

    Je vous accorde le plaisir de découvrir avec moi : qui est qui dans Le Cid : Don Fernand, premier roi de Castille; Dona Urraque, infante de Castille; Don Diègue, père de don Rodrigue; Don Gomès, père de Chimère; Don Rodrigue, amant de Chimène, Don Sanche, amoureux de Chimène; Chimène, fille de don Gomès, Léonor, gouvernante de l'Infante; Elvire, gouvernante de Chimène.

 

    Attention voici l'intrigue: Le comte Gomès, humilié par le roi par sa décision de prendre Don Diègue comme précepteur du prince, le provoque en duel. Don Rodrigue doit laver l'honneur de sa famille sur l'ordre de son père. Il tue Don Gomès et ruine ses fiançailles avec Chimène. L'assassin du père de Chimène ne peut moralement pas épouser Chimène. Celle-ci demande la mort de Rodrigue au roi. Durant cette tragédie, Les Maures attaquent la ville et Rodrigue sauve son royaume. Le roi lui accorde son pardon. Cependant, Chimène ne peut se résoudre à aimer un homme qui a tué son père. Elle propose au roi d'épouser le vainqueur du duel qui opposera Don Sanche (amoureux de Chimène) et Don Rodrigue (amant de Chimène). Don Rodrigue gagne et leur mariage sera célébré un an après ce duel.

 

O rage! ô désespoir! ô vieillesse ennemie!
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie!
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers?
Mon bras, qu'avec respect toute l'Espagne admire,
Mon bras, qui tant de fois à sauver cet empire,
Tant de fois affermi le trône de son roi,
Trahit donc ma querelle, et ne fait rien pour moi?
O cruel souvenir de ma gloire passée!
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée!
Nouvelle dignité, fatale à mon bonheur!
Précipice élevé d'où tombe mon honneur!
Faut-il de votre éclat voir triompher le Comte,
Et mourir sans vengeance, ou vivre dans la honte?
Comte, sois de mon prince à présent gouverneur:
Ce haut rang n'admet point un homme sans honneur;
Et ton jaloux orgueil, par cet affront insigne,
Malgré le choix du Roi, m'en a su rendre digne indigne.
Et toi, de mes exploits glorieux instrument,
Mais d'un corps tout de glace inutile ornement
Fer, jadis tant à craindre et qui, dans cette offense,
M'as servi de parade, et non pas de défense,
Va, quitte désormais le dernier des humains,
Passe, pour me venger, en de meilleures mains.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire.

Ne mêle point de soupirs à ma joie;
Laisse-moi prendre haleine afin de te louer.
Tu l'as bien imitée, et ton illustre audace
Fait bien revivre en toi les héros de ma race :
C'est d'eux que tu descends, c'est de moi que tu viens :
Ton premier coup d'épée égale tous les miens;
Et d'une belle ardeur ta jeunesse animée
Par cette grande épreuve atteint ma renommée.
Appui de ma vieillesse, et comble de mon heur,
Touche ces cheveux blancs à qui tu rends l'honneur,
Viens baiser cette joue, et reconnais la place
Où fut empreint l'affront que ton courage efface.

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Quinze rounds : Richard Bohringer

Quinze rounds : Richard Bohringer

        J'ai bu tout mon saoul au son grave de la voix de Bohringer. Personnage troublant et attachant qui décoche, avec tendresse, ses flèches d'affection.

    Personnage connu mais tellement blessé par la vie se livre à travers un épanchement libérateur. La vie est un combat tenace et ardu. Bohringer arbore son costume de boxeur et se bat contre un cancer (nouveau combat), comme une dernière lutte face à cette mort qui le harcèle depuis l'enfance.

         Lui, qui a bravé tous les interdits : de l'alcool en passant par l'héroïne, aimant les femmes espérant simplement être aimé.

 

     Bohringer, à travers ses quinze rounds, balance, jette avec désinvolture et arrogance tous les "je t'aime" resté coincé au fond de son coeur. Ses yeux verts, avides de tendresse, marquent encore des points dans l'admiration collective.

 

         L'écorché vif accentue chez ses admirateurs ce pathos tant refoulé. Ce roman est la catharsis de ce poète maudit (qui se refuse à cette comparaison). Il devient le mentor désoeuvré qui ouvre le chemin de la créativité aux écrivains, aux peintres qui désirent être reconnus.

         Bohringer symbolise ce joueur de Jazz, au fond de la boîte de nuit, qui offre sa vie au public avec pudeur et qui se livre un combat violent et destructeur dans son for intérieur.

 

       Le texte est rude et rédempteur. J'ai admiré cette leçon de courage, car l'auteur n'attend pas de pardon. Il doit lutter pour survivre comme il l'a toujours fait. Cependant à travers ce texte, il cherche à se comprendre et à vivre en paix avec lui-même.

L'animal en moi a souvent pris le pas. Je ne marchais qu'à l'instinct. Mon instinct était infaillible. Je n'ai été trompé que par moi-même. Je me suis transformé en guerrier. Fallait que je vive. Que je survive plutôt. J'étais sûr de n'avoir aucun talent. Même pour être bandit. Un peu gigolo. De passage. Fallait que je m'invente une vie.

J'avais pas d'avenir. Il me fallait un passé.
J'ai été cruel avec innocence. La lune était mon astre, mon ultime confidente. Elle partageait mes nuits, mes errances, mes certitudes nocturnes.

J'ai décidé de n'écrire que sur les humains que j'ai aimés car ils m'ont aimé malgré les insupportables errances qui me rongeaient l'âme et me rendaient d'une grande violence verbale. Et puis sur des films oubliés auxquels j'ai aimé participer. Des pas bons, même, mais qui m'ont tous donné un moment d'existence.

Tu voulais être meilleur humain, regarder la vie et ceux qui piétinent sur la terre comme des frères. Tout ce que tu n'aimes pas en toi, je le bénis, l'asperge de la pluie à travers le soleil. Les rayures sont ton élégance et, grâce à toi, je suis moins seul. Putain d'ami voudrait enfin comprendre que même si je ne vis pas comme toi, je suis de là, de chez toi.

Les mots d'amour ne donnent pas à manger mais peuvent rassembler des coeurs. Marchons, vivants. Ensemble devenons humains, enfin: Face à toi, grâce à toi, j'ai retrouvé la liberté et l'envie de croire.
(...)

Dans un jardin noir court un rat qui cherche à boire.
La route me bouffe, je me noie dans la route.
Je suis un marin de la route. Je l'aime par tous les temps. Sans route je meurs.

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Le Dicton de Léon

L'arrogance et la suffisance n'ont de l'importance que pour ceux qui en usent.

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Oubli

Oubli

Vide insensé

de nos mémoires enfouies

 

Oubli sidéral de nos souvenirs

Néant de nos sourires effacés

 

Amnésie de nos désirs assouvis

Détachement de nos proches

 

Abnégation d'une vie passée

Adieu à notre empreinte sur terre !

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Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

Le village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller: Boualem Sansal

     Les enfants de la guerre doivent-ils porter la responsabilité des actes de leurs parents? Doivent-ils être aussi coupable que leurs pères tortionnaires?

 

     Rachel est mort d'avoir retracé le parcours dominateur et nazi de son père. Malrich se plonge dans le journal intime abandonné par Rachel à sa mort. Deux frères, nés d'une mère algérienne et d'un père allemand, débarquent dans une cité française pour réchapper à la misère. Est-ce bien là la seule vérité? Chacun des garçons s'approprie un semblant de vie. Cependant, quand un massacre se produit dans le petit village de leur enfance, Rachel doit connaître la vérité. Celle-ci s'avère macabre.

   Sur fond de vie d'intégration raciale, le narrateur aborde le nazisme, ses conséquences sur les générations persécutées par un dictateur. Par le biais du nazisme, Boualem Sansal alerte les communautés sur le mouvement intégriste qui pullule dans toutes les cités par l'intermédiaire des mosquées. Il pointe du doigt les endoctrinements que les autorités laissent se développer.

 

   L'auteur met en exergue les similitudes d'Hitler et des dirigeants intégristes. Il veut éveiller les consciences à la vigilance. Il affirme aux enfants émigrés que l'Algérie de leur souvenir n'a plus la même image.

   L'utilisation de la lecture du journal intime impose une confidentialité. Chaque lecteur devient Malrich qui se découvre, qui prend conscience de ses racines. Le lecteur s'approprie ses souffrances, comprend plus aisément le malaise, la nausée de découvrir un père méconnu par sa propre famille mais reconnu par l'Histoire comme un serviteur assidu d'un des plus grands dictateurs.

   Boualem Sansal joue constamment avec des allers-retours entre l'enfance algérienne et le monde moderne qui glisse sous les pieds de ces déracinés. L'image de l'autre et son rapport à l'autre se désolidarisent, se désagrègent. L'image du père admirée par ce petit village algérien explose face aux images d'atrocité des camps d'extermination. La Shoah vue par un Algérien-Allemand- Français de banlieue accentue la souffrance vécue. Un extrait du livre "Si c'est un homme" de Primo Lévi marque de son encre et de son sang le drame vécu par ce village algérien massacré au nom du terroriste et non de Dieu.

  Ce n'est pas Allah qui prône la violence mais bien des hommes avides de pouvoir et de domination. Le dialogue entre l'imam et le jeune homme sacralise toute l'incompréhension de cette volonté castratrice. Boualem Sansal insiste sur les similitudes entre les islamistes et Hitler : les embrigadements, le choix d'une race supérieure, la surveillance constante, les prêches vindicatifs sous le couvert d'une volonté céleste...

 

Livre puissant,vivant et hurlant de vérité. A faire lire et étudier par le plus grand nombre.

Ce que je sais de l'Algérie, je l'ai su par les médias, par mes lectures, les discussions avec les copains. Au temps où j'habitais la cité, chez tonton Ali, j'en avais une perception trop vraie pour être réelle. Les gens jouaient à être algériens, plus que la vérité ne pouvait le supporter. Rien ne les obligeait mais ils se sacrifiaient au rituel avec tout l'art possible: Emigré on est, émigré on reste pour l'éternité. Le pays dont ils parlaient avec tant d'émotion et de tempérament n'existe pas. L'authenticité qu'ils regardent comme le pôle Nord de la mémoire encore moins. L'idole porte un cachet de conformité sur le front, trop visible, ça dit le produit de bazar, contrefait, artificiel, et combien dangereux à l'usage. L'Algérie était autre, elle avait sa vie, et déjà il était de notoriété mondiale que ses grands dirigeants l'avaient saccagée et la préparaient activement à la fin des fins. Le pays vrai est celui dans lequel on vit, les Algériens de là-bas le savent bien, eux. Le drame dans lequel ils se débattent, ils en connaissent l'alpha et l'oméga et s'il ne tenait qu'à eux, les tortionnaires auraient été les seules victimes de leurs basses oeuvres.

Un jour, le monde entier s'est mobilisé contre cette folie, ils ont tué l'imam en chef, le Führer, et tous ses émirs, et ils ont occupé l'Allemagne. C'est là qu'ils ont découvert les camps d'extermination. Il y en avait des dizaines, les morts se comptaient par millions et les survivants ressemblaient tellement à des cadavres qu'ils ne savaient comment leur parler. Quand mes parents et leurs voisins du village ont été égorgés par les islamistes, Rachel a commencé à réfléchir. Il a compris que l'islamisme et le nazisme c'était du pareil au même. Il a voulu voir ce qui nous attendait si on laissait faire comme on a laissé faire en Allemagne, à Kaboul et en Algérie où les charniers islamistes ne se comptent plus, comme on laisse faire chez nous, en France où les Gestapos islamistes ne comptent plus. Au bout du compte, ça lui a fait tellement peur qu'il s'est suicidé. Il pensait qu'il était trop tard, il se sentait responsable, il disait que notre silence était de la complicité, il disait que nous sommes dans le piège et qu'à force de nous taire en faisant semblant de discutailler intelligemment, nous finirons par devenir des kappas, sans nous en rendre compte, sans voir que les autres, autour de nous, le sont déjà.

(...) Je paie pour un autre. Je veux le sauver, parce que c'est mon père, parce que c'est un homme. C'est ainsi que je veux répondre à la question de Primo Lévi, Si c'est un homme. Oui, quelle que soit sa déchéance, la victime est un homme, et quelle que soit son ignominie, le bourreau est aussi un homme.

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Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

Manuel de Mise en Scène : Axel Sénéquier

     Le théâtre est un art qui me fascine. Le jeu des acteurs déambulant sur les planches reste attractif quelle que soit la mise en scène.

     Cependant attardons-nous sur le travail de la mise en scène et tous ses enjeux. Axel Sénéquier s'attaque à cette institution qui ne possède pas d'école, à part l'école de la vie, des rencontres avec d'autres metteurs en scène. Le créateur doit se forger lui-même.

     Nonobstant absence d'école, des règles et des lois régissent ce monde de la création. Axel Sénéquier, par le biais de ce manuel, propose une approche intéressante de ce métier admirable et méconnu. Méconnu dans le sens de sa propre définition. Tout le monde connaît le terme et est capable d'en donner une définition plus ou moins complète mais quand il s'agit de rentrer dans le vif du sujet les voix se taisent.

     Dans ce manuel, les débutants et les expérimentés découvriront des techniques, des annotations, des définitions, des icônes et des références théâtrales innombrables. L'auteure aborde chacun des axes déclencheur d'émotion chez le spectateur. Ce livre se lit d'une traite pour connaître toutes les astuces et les textes de loi pour respecter les écrivains. Puis je vous conseille d'utiliser des marques pages, post-it, des surligneurs pour exploiter au maximum ce petit trésor.

 

   Bonne lecture et Bonne MISE EN SCENE !!!!!

Dans Fantasio, d'Alfred de Musset, mise en scène à la Comédie-Française par Denis podalydès en 2008, le rôle de Fantasio est interprété par une femme.

Le rideau dissimule l'espace scénique du public. Son ouverture et sa fermeture marquent le début et la fin de la pièce ou le passage entre les actes. Il s'agit d'un élément important de la mise en scène.

Son ouverture provoque la surprise des spectateurs : il importe donc de leur laisser un moment pour étudier les décors avant le début de l'action.

Il est aussi possible de laisser le rideau ouvert pour que les spectateurs découvrent la scène en s'asseyant. Cela crée une ambiance (musique, lumière, personnage installé sur scène et immobile ou s'affairant dans son coin....).

La claque désigne un groupe de spectateurs chargés d'applaudir bruyamment une représentation afin de favoriser son succès. Cette institution de spectateurs payés a disparu au début du XXe siècle.

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Du soleil, un café, un Pivot

Du soleil, un café, un Pivot

Besoin de décompresser, une solution s'offre à vous. Pivot croque les mots avec humour et dérision. Vous doutiez de l'ironie et du second degré de Bernard Pivot, rassurez-vous il n'a pas perdu de sa gouaille légendaire pour notre pur plaisir.

 

       Pour ce roman, il met en scène un écrivain absorbé par sa fonction. Quand on est écrivain, on ne peut décemment pas converser comme le commun des mortels. Il faut utiliser avec diligence et bonne aloi les termes littéraires adéquats à toutes les situations. Cet écrivain invité à l’émission Apostrophe ne peut avec la plus grande des bassesses utiliser des phrases bateau et désuètes comme "il pleut" et pire encore "Je t'aime". Il doit être poétique, savoir enjoliver les choses...La tâche n'est pas si anodine. L'écrivain réussira-t-il avec une jolie ritournelle à tirer avantage de sa situation?

 

       Amour des mots et mots tournés en dérision font de ce roman un joli pied-de-nez aux littéraires trop vaniteux pour parler élégamment des belles choses sans dénaturer la langue française.

 

        Ce roman est vendu avec un DVD où Bernard Pivot offre au spectateur la lecture de cette mise en bouche livresque.

A conseiller aux amoureux des Lettres et les admirateurs du présentateur de la grande dictée, d'Apostrophe....

- Ecoute, tu es en hypokhâgne. Tu vas faire khâgne, Normale sup, tu veux devenir écrivain.
Très bien. Mais tu ne peux déjà plus parler comme tout le monde. "Je t'aime", c'est un cliché, et tu devrais d'ores et déjà rayer de ta conversation ce genre de phrases banales, éculées.

- Eh bien, ex-femme, ex-mari. Ils s'écrivent avec un trait d'union. Ils se sont disputés, ils se sont séparés, ils ont divorcé. Faut-il continuer de leur mettre un trait d'union ? Il est inutile. Supprimons-le.

Avec, par exemple, le mot ego.

Mot masculin, forcément.

Mot invariable. Un ego ne varie pas, reste toujours au sommet de sa considération. Jamais de s à ego car ce serait le mélanger avec d'autres petits ego, avec des moi moi subalternes.

Et surtout pas d'accent sur le e, malheureux ! Car vous commettriez un pléonasme, puisqu'il est dans la nature de l'ego de toujours mettre l'accent sur lui.

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DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

   Comme vous vous en doutiez, je n'ai pas pu résister à arpenter les allées joliment décorées d'ouvrages et peuplées d'auteurs, du salon du livre de Genève.

 

 

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Les rencontres littéraires et philosophiques sont à la hauteur des exigences des lecteurs et ainsi que du public amateur de découverte. 

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE
DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Pour les fidèles lecteurs de l'auteur prolifique Paulo Coelho, une visite interressante de la restrospective de sa vie et de ses oeuvres ne vous laissera pas indifférent.

DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE
DES LIVRES ! DES LIVRES ! DES AUTEURS AU SALON DU LIVRE DE GENEVE

Belle envolée livresque !!!

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