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Miracle Morning : Hal Elrod

Miracle Morning : Hal Elrod

 Souvent je me suis levée tôt (cela me rappelle le début d'un roman, mais passons, là n'est pas le sujet) avec l'envie de réveiller le monde ou simplement le comprendre. Oui, j'avoue parfois j'ai vraiment des difficultés à le comprendre, à comprendre les autres ou me comprendre moi-même.

 Ceux qui me connaissent un peu (car qui se connais soi-même peut tenter de comprendre l'autre) savent que je ne suis pas du genre à suivre aveuglément les concepts de bien-être. Je les écoute prodigué par des collègues, des amis ou durant les réunions de famille. Mais de là, à suivre le gourou de la secte, il n'y a pas un gouffre mais un cratère qui nous sépare.

 

 Cependant entant que lectrice, je ne pouvais pas passer à côté de tous ces livres porteurs de message sur le bien-être, le hygge, la conscience de soi....

 Donc rendez-vous pris dans une librairie, je m'attarde sur "Miracle Morning", livre encensé par tous les lecteurs et passé en livre de poche.

 

 Le concept consiste à se lever une heure plus tôt pour se recentrer sur soi. L'idée n'est pas de gagner une heure sur notre agenda journalier. Le lecteur doit fixer ses objectifs sur son bien-être, ses objectifs de réussite dans n'importe quel domaine. 

 Après un essai, car le but était de vérifier cette méthode, j'avoue avoir adhéré à la méthode mais en l'ajustant à ma sauce. Ma manie de ne pas me laisser prendre à tous les jeux. 

 

 L'idée principale fixe les adeptes dans leur volonté de s'épanouir, d'éviter de se laisser accaparer voire manger par leur quotidien. Ils ne doivent plus regarder leur semaine avec le regret de ne pas avoir accompli quelque chose pour eux-mêmes. 

 Ce que je regrette se résume dans ce besoin de renvoyer les lecteurs sur des applis (pas essayer car pas mon idée principale) ou d'autres sites ou encore des coachs pour les accompagner. Ceci n'est pas ma tasse de thé cependant je comprends que des personnes, perdues dans les méandres du quotidien, se rapprochent de ces outils. Certains éléments fournis vous sembleront trop connus, tenant du bon sens (privilégier ses amis, un cocon, ses rêves..) mais souvent non appliqués dans notre vie sur-connectée.

 

 Ce livre est un bon point de départ pour les novices. Hal Elrod raconte son parcours de vie ce qui donne une crédibilité à la méthode. 

 Munissez-vous de carnets (de forme, de couleur, avec des paillettes..ce qui vous fait plaisir), de stylos, feutres, gommettes pour égayer votre écriture et l'aventure peut commencer ! Faites entrer les bonheurs les plus simples dans votre existence, il faut que cela pétille, vous fasse sourire sans contrainte....

 

A vous de prendre votre vie en main !

Retenez cette vérité : le moment présent est plus important que n'importe quelle période de votre vie, car c'est ce que vous faites aujourd'hui qui conditionne l'individu que vous devenez. Et celui-ci déterminera toujours la qualité et l'orientation de votre existence.

Le problème, c'est qu'être obsédé par cette faille peut nuire à notre confiance et à l'image de nous-mêmes et entraîner une insatisfaction permanente par rapport à ce que nous avons et réussissons. Nous nous jugeons insuffisamment bons ou, tout du moins, pas aussi bons que nous devrions l'être.

Exemple de Miracle Morning (60 minutes)
- Avec Life SAVERS-
Silence (5 minutes)
Affirmations (5 minutes)
Visualisation (5 minutes)
Exercice physique (20 minutes)
Reading (lecture) (20 minutes)
Scribing (écriture) (5 minutes)
Durée totale : 60 minutes

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le garçon du dernier rang : Juan Mayorga

le garçon du dernier rang : Juan Mayorga

Le monde de l'écriture perçut par un adolescent et un professeur !

 

Qui de la réalité ou de la fiction mène la règle du jeu. La réalité ne se confond-elle pas avec l'imaginaire ou est-ce l'invention qui inonde le monde réel pour lui soustraire une vérité.

 

Lors de corrections de copies, un professeur décèle un élève à l'écriture prometteuse. Il pousse Tom à poursuivre son roman-feuilleton, l'abreuvant de lectures pointues. Ils s'échangent des textes. Tom entre dans l'intimité de la famille d'un camarade de classe. Il se prend au jeu au détriment des conséquences de cette introspection. 

 

Sur cette colonne vertébrale de découverte littéraire se greffe le concept du schéma de création.

 

Très beau texte théâtral se révélant un pur bonheur à monter! 

Germain.- C'est un garçon révolté, c'est tout. Un garçon fâché avec le monde. Et il y a de quoi. Mieux vaut qu'il sorte sa rage comme ça plutôt que de brûler des voitures. Moi, ce sont les autres qui me font peur. Ceux-là, oui, ils sont dangereux. Ceux-là ne respectent rien : ni l'orthographe, ni la syntaxe, ni le sens commun. En dehors de Claude, celles qui font le moins de fautes sont deux petites Chinoises qui ne sont dans ce pays que depuis six mois. La dernière fois que je les ai emmenés au théâtre, ils m'ont fait honte pendant toute la représentation. Et ne t'avise pas de les critiquer si tu veux pas que la brigade des inspecteurs pédagogiques te tombe dessus.

Il lui donne un autre livre. Claude s'en va pour lire et écrire.

Jeanne .- Je ne sais pas ce que tu cherches.
Germain.- A lui apprendre.
Jeanne.- Lui apprendre quoi?
Germain.- La littérature. Et, à travers la littérature, d'autres choses.
Jeanne. - La littérature n'apprend rien.
Germain.- Ah bon?
Jeanne.- Tu sais ce qu'il avait dans sa poche, le timbré qui a tué John Lennon? Bartleby le scribe. Qu'est-ce qu'elle lui a appris, la littérature, à ce fou ?
Germain.- C'est L'attrape-coeurs qu'il avait dans sa poche, l'assassin de John Lennon.
Jeanne.- Peu importe. Ce qui compte, c'est que la littérature ne nous apprend rien. Elle ne nous rend pas meilleurs.
Germain.- Tes expositions nous apprennent davantage. Les gens sortent très cultivés de tes expositions. A condition qu'ils trouvent la sortie.
Jeanne.- Mes expositions, c'est pareil. L'art, en général, ne nous apprend rien.

(...) La pire des littératures se fabrique pour les catalogues d'art contemporain. Une poésie poubelle, un jargon de mafieux, des histoires sans queue ni tête. N'importe quoi pour vendre ça, regarde la photo. C'est de l'art parce que quelqu'un l'a écrit, sinon, ce serait de la merde. Tu imagines un travail plus triste pour un écrivain? Oui, écrire un discours pour le ministre de l'Education : "Assemblez deux cents mots pour justifier cette chierie."

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Le Parrain et le Rabbin : Sam Bernett

Le Parrain et le Rabbin : Sam Bernett

Au coeur de la Seconde Guerre Mondiale se trame la plus extraordinaire aventure liant un Rabbin et un Parrain. Des enfants juifs fuyant une rafle des nazis sont pris au piège par la neige dans les montagnes reliant l'Italie à la Suisse. Les conditions de cette fuite sont atroces. Malgré les prières du Rabbin, la faim cisaille les estomacs, des enfants souffrent et les désœuvrements touchent les esprits les plus positifs.

 

A New-York se joue un autre pan de l'Histoire, Le Rabbin Chaskel Werzburger signe un pacte avec un Parrain italien. L'urgence est vitale ! Bonnano, acceptera-t-il de sauver cette communauté qui n'est pas la sienne à des milliers de kilomètres? 

 

Cette histoire vraie marque les esprits par son union maléfique entre Dieu et le Diable. Cependant ce qu'il faut retenir c'est que face à l'horreur engendrée par un seul mouvement nazi, des âmes honnêtes ou douteuses trouveront toujours un moyen de contrecarrer leurs agissements. 

 

Ce livre est un hommage à ces hommes de l'ombre qui ont oeuvré à sauver ce qui fait notre humanité. L'écriture est limpide, incisive et bouleversante. Sam Bernett, plus connu par ses biographies et son parcours journaliste, signe un livre magnifique. 

 

A lire absolument et à faire lire à nos enfants ! La vie n'est jamais toute blanche ou toute noire et réserve beaucoup de surprises !

Dix-sept enfants sans la moindre expérience de la montagne, déjà marqués par ce que la vie leur a fait, terrifiés par ce qu'ils pressentent.

Dix-sept mômes qui, jusqu'à ce qu'ils perdent tout, leurs familles, leurs habitudes, leurs espérances, n'étaient que joie et dévotion. Qui de la vie se préparaient à prendre ce qu'elle a de plus beau : les sensations, la connaissance et la foi.

Dix-sept orphelins que hantent depuis des mois le chagrin de la perte, le sourire à jamais éteint d'une mère et d'un père.

"On peut toujours trouver des qualités, y compris d'âme, chez ceux qui en semblent le plus dépourvus. Ce n'est pas à vous, avocat, que je vais l'apprendre."

Aucun petit matin n'a jamais été si pénible. On sent que quelque chose en soi bascule. Les ressources, où l'on puisait sans trop de peine hier encore, aujourd'hui se refusent. Il n'aura fallu que quelques heures à la nature pour faire une bouchée de l'énergie de ces constitutions gelées. Les gamins ne tiennent plus debout, leur marche devient incohérente, ils trébuchent contre les racines, les pierres, certains tombent sur les genoux. Ils ont perdu leurs couleurs, cette étincelle que l'on croyait inextinguible. Les aînés aussi souffrent et luttent, mais ils ont pour eux le sens des responsabilités, l'esprit de sacrifice, la force d'âme. Vaille que vaille, mâchoires serrées, ils continuent à prodiguer des sourires, des encouragements, quelques soins aux plus fragiles aussi, frottant vigoureusement les mains, les pieds, les épaules de tous ces petits corps meurtris.

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Victoria, héroïne de sa vie

 

 

Victoria, une star adulée qui attendait depuis cinq ans d’être enfin reconnue dans le monde du cinéma, n’avait pas cru à sa nomination quand son manager lui avait annoncé la nouvelle par téléphone. Elle était restée ébahie, heureuse et interdite. Un sourire embellissait son visage.

 

 Cinq années à apparaître sur les plateaux de télé, à serrer des mains, à signer des autographes, à sourire sans se dévoiler, restant toujours sur la réserve. Certes, quelques photos d’elle, entourée d’hommes puissants lui avaient valu des critiques virulentes et dégradantes. Mais que devait-elle faire ? Rester cloîtrée dans un loft aseptisé à attendre un prince charmant qui ne la cherchait plus ou user de ses charmes pour se faire une place près des étoiles ?

 

 Dans les moments de doute, de remise en question, elle se souvenait des paroles sages que lui énonçait sa mère : « Sois toujours ce que tu veux être. Tu croiseras toujours des détracteurs qui jugeront ta conduite. Cependant n’oublie jamais que tu es la seule à vivre tes rêves ».

 

 Victoria, du haut de ses vingt-six ans, savait mettre ses atouts en valeur. D’un trait d’eyeliner, elle sublimait son regard qui avait fait évoluer sa belle carrière. Son corps svelte avait été sculpté à force d’entrainements. Elle était fière de sa silhouette.

 

    Ce soir, Victoria ferait encore des émules. Elle s’étira dans son lit comme un chat sortant de sa léthargie. Le réveil affichait dix heures et le soleil réchauffait la baie vitrée. Frénétiquement, elle attrapa son téléphone portable pour contrôler ses messages et surtout vérifier s’il était bien chargé. Cette actrice avait toujours été anxieuse. Cette angoisse qui la tenaillait, influençait son humeur. Elle vivait dans la crainte de rater un rendez-vous, qu’un script pourrait lui échapper. Certes elle avait eu des opportunités ratées mais maintenant que la gloire lui sautait au visage, elle s’était astreinte à ne jamais manquer un appel.

 

   Ce contrôle effectué, elle se détendit. Puis, un autre doute la submergea, avait-elle bien été nominée dans la catégorie « espoir féminin » ? Elle sortit précipitamment du lit, se heurtant à une pile de vêtements jetés là avec nonchalance lors de ses soirées de détente. Elle se jeta avec avidité sur le carton d’invitation blanc cassé où son nom était inscrit en lettre capitale. Rassurée, elle fit couler son café, ouvrit le frigo pour dégoter un restant de yaourt ou de fromage.

Elle but son café en se brulant les lèvres. Victoria tenta de calmer son excitation quand son regard se tourna vers son lit. Un son rauque et guttural faisait vibrer les draps. Dans sa quête de succès, elle avait oublié Igor.

 

  Igor, un personnage que l’on n’oubliait pas pourtant et qui savait toujours se rappeler à votre bon souvenir. Igor était la seule ombre au tableau de cette belle réussite. Et quelle ombre ! Cet homme mesurait un mètre quatre-vingt-dix, ressemblait à une armoire normande. Il savait utiliser ses bras quand les fans ou les indésirables s’approchaient trop près de Victoria. Certes, des personnes mal intentionnées trainaient autour du loft. Pour cette actrice, la célébrité s’accompagnait de ses aléas et il fallait s’en accommoder. Igor n’avait franchement pas la même vision des choses. Parfois, cela lui arrivait de se tromper de cible et ces incidents portaient ombrage à l’image polissée de Victoria. Pour lui, il ne s’agissait que de dommages collatéraux. Il s’accordait une marge d’erreur. Cependant celle-ci agaçait sérieusement notre belle brune.

Néanmoins, Igor avait veillé sur elle, l’avait sorti de situations douteuses et ne s’était jamais plein de ses excès. Il faut admettre que Victoria, sous ses airs angéliques, ne savait pas choisir ses amis. Parfois, Igor l’avait extirpée de descentes policières car dans certaines soirées, des stupéfiants circulaient avec trop d’abondance. Il possédait des connections à la brigade des stups. Ceux-ci, pour divers services rendus, renvoyaient l’ascenseur sans rechigné.

 

  Victoria ne se souvenait plus quand leur rencontre s’était produite ni quand leur relation sexuelle avait débuté cependant elle se sentait parfois rassurée par sa présence et parfois inquiète de son trop grand dévouement. Dans son for intérieur, elle se laissait convaincre qu’il était préférable de l’avoir comme ami et éviter de rentrer en conflit avec lui. L’aimait-elle vraiment, d’un amour déraisonné comme dans les films qu’elle tournait ? Cet amour incroyablement fort et unique qui vous fait traverser le monde entier pour retrouver l’homme ou la femme sans qui vous ne seriez rien, celui ou celle qui vous transforme et vous transporte. Elle avait su se persuader que cet amour était réservé aux personnes uniques. La passion amoureuse, elle la connaitrait à travers des rôles de femmes fragiles, aimantes. Elle vivrait ses bonheurs fugaces à travers des scènes remaniées au montage. Elle était ce personnage éphémère qui fait rêver les spectateurs le temps d’une séance. Déjà enfant, Victoria regardait avec avidité et béatitude ces icônes du cinéma défilant sur le petit et le grand écran.  Sa mère, par des remarques insidieuses, lui faisait remarquer sa niaiserie et lui rappelait que le prince charmant n’existait pas, qu’il avait revêtu ses haillons de looser. Elle reprenait l’exemple de son père qui s’était évaporé au moment d’élever son enfant. Victoria voulait échapper à cette vérité trop crue et s’était au fil du temps créée une carapace pour éviter de se livrer en amour. L’amour, dans sa vie privée, se résumait à des nuits torrides ou désespérantes dans les bras d’homme parfois virils, parfois moins mais toujours en quête de jouissance. (Pour elle ou pour eux : elle n’avait pas de réponse à fournir). Le plus souvent, au petit matin, en silence, elle reprenait ses frusques et continuait sa vie d’avant. A un moment donné de son existence, elle s’était dit que son physique pourrait lui faire gravir les échelons. Si l’amour réel lui semblait impossible peut-être pourrait-elle devenir le temps d’un instant : Sofia Lauren, Sophie Marceau, Sandra Bullock… tombée amoureuse d’un libraire de banlieue, devenir la prostituée de Richard Gere ou enfin tenter d’échapper à Gerard Butler dans le Chasseur de prime. Elle devrait par son courage et sa ténacité montrer au monde entier mais surtout à sa mère que s’accrocher à ses rêves, quelque soient les moyens d’y parvenir, et les réaliser était le seul et l’unique moyen d’échapper à la médiocrité de son existence. Certes, la tâche s’annonçait ardue néanmoins il ne fallait jamais faillir.

                                    

  Des relations charnelles, souvent médiocres avec des gens du métier, n’avaient pas été une sinécure. Outre ses détails sordides dont elle garderait un souvenir impérissable, elle avait su trouver les bons arguments (le terme chantage est trop réducteur à ce niveau) pour convaincre de son potentiel cinématographique. Victoria avait séduit par son charisme et une bonne dose de culot. Son périple avait commencé dans des boîtes de nuit de Paris. Elle avait, dans un premier temps, épluché les magazines « people », d’abord chez la coiffeuse et l’esthéticienne, chez qui elle avait reçu un soutien inconditionnel, pour trouver les lieux branchés où les personnalités faisaient la fête. Dans un deuxième temps, il fallait à la fois se faire remarquer par son look et à la fois rester discrète sur ses agissements.

 

 La mission n’était pas de tout repos. Il fallait le reconnaître. Elle avait défini sa stratégie tout en gardant un œil sur son objectif : sa réussite cinématographique. Elle s’était liée d’amitié avec les videurs des discothèques qui n’avaient pas résisté à son charme. Igor, remplaçant son cousin, portier, tomba fou amoureux de Victoria. Il lui présenta des personnes influentes. Il sut s’effacer, laissant Victoria se glisser dans les bras glacés de producteurs et de réalisateurs plus ou moins douteux. Après des coucheries infructueuses, elle ne s’était plus encombrée de sa conscience. Elle avait mis son plan à exécution et des détails croustillants de ses relations commençaient à filtrer dans les tabloïds. Soudain des propositions de tournage se profilèrent à l’horizon. Certes de petits rôles, mais dans lesquels elle s’investissait. Puis enfin, après des périodes plus difficiles, le rôle tant attendu fit son apparition. Elle serait une fille des bas-fonds de la capitale, insensible à son passé, son présent et son futur ; juste une femme fragile, posée dans un univers sans odeur et sans couleur. Elle donnerait la réplique à Vincent Cassel, chargé de retrouver la fille d’un mania de la pègre qui n’était autre que sa colocataire retrouvée assassinée dans une ruelle sombre. Victoria et Vincent mèneront l’enquête et une relation amoureuse naîtra de cette intrigue policière. Le scénario fonctionnait bien, les acteurs s’étaient investis et la gloire serait au rendez-vous.

 

Aujourd’hui était enfin le jour de sa concrétisation. Elle entrait enfin au panthéon des stars adulées, voire vénérées. Les paillettes avaient investi les lieux. Ce soir, elle serait l’héroïne de sa propre vie.

 

Un bruit sourd la fit sursauter. Un livreur toquait à la porte, il déposa devant Victoria deux boîtes blanches entourées d’un ruban bleu. Victoria, transie de bonheur, défit le nœud, ouvrit la boîte, caressa la robe Versace, sertie de paillettes dans les tons bleus. La broderie, réalisée par des ouvrières méritantes, apportait un côté glamour à ce chef d’œuvre de créativité. Elle déballa le second paquet qui contenait des escarpins. Elle ôta avec précipitation ses chaussons ridicules et désuets. Elle chaussa, avec un bonheur sans fin, cette création divine. (Cendrillon pouvait pâlir devant ses escarpins de verre, elle n’aurait jamais cette classe). Cette paire de chaussure créait un galbe parfait à ses mollets, trop potelés à son goût. Elle les enleva avec précaution de peur de les abîmer. Elle remit aussi la robe dans son papier de soie. Le bruit simple et unique du papier de soie la faisait frissonner. Cette actrice sentait son bonheur croitre durant ses heures de préparatif. Une maquilleuse et une coiffeuse allaient entrer en scène pour révéler son potentiel. Ses mains étaient moites et son impatience grandissait au fil des heures. Elle s’inquiétait de la survenue d’un bouton disgracieux, du rouge à lèvres qui risquait de filer et le plus horrible de trébucher sur le tapis rouge, le jour de la montée des marches ou pire encore un sein dévoilé. Il fallait se ressaisir, rester concentrée et surtout relire son discours pour ne pas bafouiller. Parler sans hurler, être heureuse sans cracher son bonheur à la face du monde, il fallait toujours rester digne.

 

 Son discours, d’abord griffonné sur le dos d’une enveloppe de facture, fut réécrit à maintes reprises en modifiant des termes, en raturant des remerciements et en éludant les moyens de parvenir aux succès. Elle ne tenterait pas une blague pour détendre l’atmosphère (Est-ce qu’elle avait une gueule d’atmosphère ? elle ? : cette réplique d’Arletty (prostituée au grand cœur) qu’elle avait répétée pour se l’approprier et qu’elle aurait adoré rétorquer à Louis Jouvet, dans Hôtel du Nord). Dans sa précipitation, devait elle remercier ses parents sans qui elle ne serait pas là ou les oublier sur le banc de sa mémoire ? Il était plus qu’évident pour elle de féliciter le réalisateur, ses partenaires du grand écran. Elle resterait sur cette stratégie. Igor, lui, comprendrait sûrement, que son nom ne pouvait être associé à son succès. Il aurait fallu lui trouver une place ; il ne possédait ni celle d’amant, ni celle d’un partenaire moins d’un ami. Il resterait le protecteur parfois encombrant.

 

 Pour le moment, il dormait et cet instant pouvait-il rester éternel ? Elle pouvait le réduire en cendre par la pensée mais dans la vie il aurait fallu faire appel à un homme de main pour le faire taire. Igor en savait trop de sa vie passée. Néanmoins, il savait rester dans l’ombre mais pour combien de temps ? Ne voudrait-il pas, lui aussi, sa part de lumière ? Qu’adviendrait-il si Victoria décidait de l’abandonner ? Quelle serait sa réaction ? Partirait-il avec un air de chien battu ou resterait-il accroché à son trésor comme une sangsue ? Ces questions taraudaient cette nominée aux Césars. Dans combien de films, des personnages secondaires devenaient-ils encombrants comme de vieux meubles d’un passé révolu. Les premiers rôles possédaient le pouvoir de les éliminer, de les faire disparaître et d’influencer le cours de leur destiné.

 

 Pour mettre à exécution son plan, il fallait se servir de grands moyens et cela semblait hors de portée pour Victoria. Elle se sentait seule investie de cette mission. Comment expliquer à Igor son désir de l’abandonner ? Une discussion semblait impossible car Igor ne comprenait que le langage du corps. Tout se réduisait aux poings et à une bonne bagarre. Les discussions l’épuisaient et sa capacité de réflexion avait été amoindrie par quelques combats de boxe durement gagnés. Les séquelles restaient visibles. Il serait tellement plus simple de le faire disparaître mais le clap de fin de scène n’avait pas de portée dans la vie réelle.

 

 Elle réfléchit de longues minutes aux moyens de le supprimer. Il avait certes un penchant pour la boisson mais de là à lui administrer une dose mortelle… La tâche était impossible. De plus siroter de la vodka le matin n’était pas très habituel. Il fallait réfléchir encore et le temps pressait. La drogue, il ne s’était jamais piqué ; cela aurait semblé suspect aux enquêteurs. Une seule trace d’aiguille et la dose aurait été fatale. Le coup du sort se serait acharné sur lui. Une drogue mal coupée ou associée à un produit douteux aurait achevé son existence de gardien fidèle de Victoria. Cependant, cette substance ne se trouvait pas chez le droguiste du coin.

 

 Durant ses réflexions, son corps s’était machinalement dirigé vers la cuisine. Elle avait ouvert mécaniquement le tiroir contenant une série de couteaux offerts par un ami pour leur pendaison de crémaillère. Elle saisit un couteau pour découper la viande, celui-ci était toujours aiguisé afin de découper le rôti du dimanche accompagnant inéluctablement les pommes de terre rôties qui laissaient une odeur poisseuse dans tout l’appartement et que Igor adorait. Ce repas lui donnait la nausée. Malgré son succès, elle continuait à préparer ce plat dominical et elle continuerait encore et encore…

 

Elle empoigna le couteau dont la lame luisait au soleil. Décidée, fière comme Sharon Stone, dans Basic Instinct, Victoria brandit le couteau au-dessus de la poitrine d’Igor et frappa de toutes ses forces à plusieurs reprises. Le sang giclait comme le jet du champagne qui célèbre le succès et la victoire d’une femme sur sa condition. Elle devenait son héroïne. Une jouissance envahit tout son corps. Elle était enfin libre, plus de pression. Elle contempla le corps sans vie d’Igor, regardant avec bonheur le couteau à rôti tailladant cette viande avariée. Elle était resplendissante.

 

Son sourire, barrant son visage, lui donnait un air surréaliste. Elle rejoignit la salle de bain, ôta ses vêtements tachés de sang. Elle se fit couler un bain à la violette comme tous les dimanches quand ses clients avaient été plus vicieux qu’à l’ordinaire. Elle se détendit un long moment avant de songer à revêtir la robe de son créateur préféré. Elle avait su gardé les billets supplémentaires glissés par des clients reconnaissants de ses prestations tarifées. Petit à petit, elle avait amassé ce petit pécule qui la ferait briller devant les photographes. Elle glissa sa main dans ses cheveux, décida de porter un chignon à la manière de Brigitte Bardot dans les années 60. La brosse glissa dans ses cheveux, elle aimait cette sensation. Ceci la replongeait dans certains moments heureux de son existence. Machinalement, elle ouvrit son pot de crème qu’elle porta à son nez. Elle frissonna de bonheur. Son jour de gloire la comblait d’un bonheur idyllique. Elle fit glisser le pinceau d’eyeliner sur ses paupières délicates qu’elle avait su protéger des coups répétés d’Igor, le bienfaiteur. Le bienheureux gisait dans son lit de soie. Lui aussi avait revêtu sa plus belle création : une mort digne de son dévouement à la cause des prostituées.

 

 Victoria se saisit de ses escarpins, les chaussa, glissa, dans le lecteur cd, la douce mélodie du bonheur. Elle se mit à tournoyer, à virevolter dans cet appartement étroit et maudit. Elle ouvrit la baie vitrée pour laisser pénétrer le soleil. La vie était enfin là.

 

Les heures s’égrenaient et sa joie ne quittait pas son visage. Le moment de sa consécration avait sonné. A vingt et une heure précise, les journalistes de plusieurs chaînes viendraient admirer son chef d’œuvre. Ils sonneraient au 5 impasse Mirabeau. Elle les recevrait comme une star sait recevoir. Elle obtiendrait le prix du public et de ses collègues pour service rendu à la nation. La brillante carrière de Victoria serait en première page, à la Une de toutes les rédactions.  Les flashs crépiteraient durant son anoblissement. Elle deviendrait le centre de toutes les attentions. Victoria, la fille de province, inconnue du grand public avant cette consécration, avait enfin mis fin à son calvaire. Elle avait abattu son protecteur de son sang-froid et avec détermination. S destinée prenait enfin la tournure de ses rêves. Victoria s’était enfin affranchi de toutes les règles et regagnait enfin le pouvoir de devenir une autre.

A vingt heures quarante, Victoria composa le numéro de téléphone et prit sa plus belle voix pour annoncer son succès. La journaliste, à l’autre bout de l’appareil, félicitait Victoria de cette belle réussite. Elle prit note de l’adresse exacte où se situait l’homme sans vie et sa meurtrière. Elle garda Victoria en ligne afin que celle-ci lui raconte en détails cette incroyable et meurtrière aventure.

 

Pendant son entretien téléphonique, la sonnette de sa porte retentit. Victoria sentit un frisson parcourir son échine. Elle remercia la journaliste pour son oreille attentive. Elle se dirigea vers la porte, pris le temps de se mirer une dernière fois dans son miroir, remit une mèche en place dans son chignon. Elle ouvrit la porte avec le plus grand sourire. Elle fut surprise de découvrir des policiers. Les hommes armés avaient mis en joue la meurtrière. Une femme, surgit de nulle part, saisit les poignets de Victoria et fit glisser les menottes.

 

Les yeux de Victoria s’embrumèrent, les larmes coulèrent sur ses joues trop maquillées. Elle était déçue car aucun photographe ni aucun journaliste n’avait fait le déplacement. Elle restait muette face aux questions des enquêteurs. Elle était rentrée dans un mutisme profond. Victoria monta dans une voiture banalisée surmontée d’un gyrophare bleu. Seule lueur de son succès !

 

 

 

 

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Minute, papillon! Aurélie Valognes

Minute, papillon! Aurélie Valognes

  Rose, âgée de 36 ans, doit refaire sa vie ou donner un second souffle à la sienne. Mère d'un garçon de 18 ans qui décide de vivre avec sa fiancée qui est enceinte. Des coups de massue que Rose a des difficultés à assumer. Elle accepte un emploi de dog-sitter pour pouvoir réellement s'occuper de la mère de son employé. Cependant, la question se pose - qui aide qui? dans cette histoire.

 

 Sur le ton d'une rencontre fortuite, Aurélie Valognes survole le problème de l'abandon, des mensonges mais aussi l'exigence d'être un être parfait tel que la société l'impose aux femmes. 

 

  Mon avis : je reste sur ma faim. Autant les livres précédents avaient de la vitalité autant celui-ci est fade, mélancolique, voire morose. Certes le lecteur compatit à la détresse de cette mère abandonnée par sa progéniture mais attend qu'elle se ressaisisse rapidement. Le lecteur trentenaire ou quarantenaire ne se retrouve pas dans le personnage de Rose qui perd de sa crédibilité par son manque de réactivité.

 

  Le thème reste abordé en surface. Le lecteur espère une vision psychologique du drame familial de l'abandon. La solitude d'une vie ne se règle pas en deux coups de cuillère à pot. Les questions sont posées mais restent en suspens. (dommage). Le soufflet est retombé malgré une happy-end trop grosse à avaler. Cependant, pour les éternels optimistes, espérant une fin heureuse, leur bonheur sera atteint.

 

  Le point positif demeure une rédaction fluide qui permet de se détendre.

-Ah, ça ! J'ai fait de la pâte à sel. J'ai commencé des cours de méditation et ils recommandent de trouver une activité pour se vider la tête. J'ai essayé le coloriage, mais ce n'est pas pour moi. Alors je teste des activités manuelles, qui ruinent ma cuisine et ma couleur. Et attention, maintenant, je me lève tous les jours à 5 heures du matin. Ils appellent ça le Power Morning. Résultat : je suis crevée et passe mon temps à bâiller au cabinet. Je me suis même complètement décrédibilisée auprès des autres avocats quand, l'autre jour, il y en a un qui m'a surprise à faire la sieste dans mon bureau.

Colette avait pris conscience qu'en croyant bien faire, depuis des années, elle provoquait des catastrophes. La plus grande d'entre elles étant sa propre fille, Véronique, qui était devenue sous ses yeux un monstre d'égoïsme, sous une épaisse couche de superficialité. Elle n'avait rien vu venir. En s'investissant à corps perdu dans ses associations, elle n'avait pas pris conscience qu'elle avait délaissé Véronique : le moindre chien perdu passait avant elle ! La culpabilité la rongeait désormais. Véronique suivait une thérapie et cela avait fait ressurgir ses propres fantômes. Colette dut admettre qu'elle était dans le déni. Elle n'avait rien vu des souffrances de sa fille, rien vu de sa boulimie, de sa fragilité. Désormais, elle était punie d'avoir été aveugle.

D'un sourire énigmatique, elle répondit simplement en se touchant le ventre :
- Minute, papillon ! ça, c'est une autre histoire...

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Oiche Shamhna !! Halloween !!!

Oiche Shamhna !! Halloween !!!

TREMBLEZ !!! PREPAREZ CETTE NUIT QUI SERA TRES TRES LONGUE !!!

L'Etrange Halloween de M. Léo d'Olivier Kourilsky : Pas facile de récupérer une cargaison de came dans une petite maison hantée. Attention aux portes qui grincent ! Méfiez-vous, de Pauline, cette adolescente gothique ! Doutez de ses parents chirurgiens !!

Frankenstein ou le Prométhée moderne de Mary W. Shelley : Vous doutiez de son existence, voici la révélation de son existence ! Un étudiant, recueilli par un scientifique, se confie sur le lourd secret qui le hante. Faut-il croire à la violence du monstre qu'il a engendré ? Doit-il détruire cet être surnaturel ? A vous de répondre à ces questions !

ça de Stephen King : Les clowns ne vous inspiraient déjà pas confiance ! COURAGE FUYEZ ! Surtout vous les enfants, ça adore vous terroriser. Il se nourrit de vos peurs les plus profondes.

Lost Souls de Poppy Z. Brite : Une adolescente en quête d'identité rejoint un groupe de gothiques qui s'abreuve d'une boisson au goût de sang. Etes-vous prêt à suivre cette bande démoniaque ? Rien ne l'arrête ! Violence, Terreur et Manipulation gangrènent ce roman !

 

Oiche Shamhna !! Halloween !!!
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The pointless Book : Alfie Deyes

The pointless Book : Alfie Deyes

Comment suivre avec nos ados qui eux-mêmes suivent des Youtubers !

 

Alfie Deyes - cessons de l'associer invariablement avec Zoella - est avant tout un leader sur la toile suivi par des millions de fans. Son humour décalé plaît à nos ados. Il a publié trois livres qui permettent d'écrire comme un journal intime. Ils contiennent des jeux, des pages blanches à griffonner, des anecdotes à lire. En bref, le style se veut ludique et attractif : ce que les ados kiffent!

 

De ces livres, l'ados peut poursuivre son aventure avec une appli gratuite sur son smartphone. 

 

Les points positifs : l'ado écrit ses pensées (love letter..tear this page out and write someone a love letter) (What's the first thing you do in the morning and why?). Il peut se libérer de ses angoisses, peindre avec les doigts (point a picture using only your fingers ...), coller des photos (stick a photo here of when you were young) et créer son propre langage (Make up a code language) ou sa chanson (if your life was a song, write the chorus).

Pour synthétiser, votre rejeton apprend l'anglais avec plaisir et joie (le plus du plus...)

 

Les bémols : le papier utilisé amoindrit le style. La difficulté à se le procurer réduit les chances que nos petits français ou suisses puissent s'amuser.

 

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La désaffection : Jean Vuilleumier

La désaffection : Jean Vuilleumier

  Une tranche de vie impeccablement décrite !

 

  Vous n'y couperez pas à cet attachement de solitude. Léna reste vivre seule dans la cité qui se désagrège. Sa vie solitaire croise la vie disloquée de Jenny. Pascal, handicapé moteur, transporte sa lassitude sur sa deux roues. Madame Maurice espère des visites fugaces pour fuir la solitude de sa vieillesse. Des destins croisés et solitaires qui se lient au gré de rencontres fortuites. Cependant au-delà de ces rencontres demeure cet isolement extrême de l'être. 

 

  Jean Vuilleumier, à travers une écriture abrupte et directe, retrace des tranches de vie qui interpelle le lecteur. En dehors de cette description inébranlable de la détresse humaine, l'écrivain recherche un espoir, une main tendue vers l'autre. De cette claustration volontaire, il tire la beauté du contact épisodique avec l'autre. Cependant ce contact renvoie irrémédiablement à sa solitude. La cité est dépeinte comme une prison à ciel ouvert qui implose. La violence souterraine de l'âme se plaque à cette violence physique et atroce.

 

  Très beau roman sur les modifications de nos rapports aux autres et l'évolution des cités. A lire !

 

 

Léna scrute les allées vides, souvent parcourues par une ambulance silencieuse, forme blanche et furtive qui emmène une suicidée. Au début, le vertige la nouait chaque fois qu'elle risquait un regard à l'extérieur.

L'aiguille de la pendule continue de trotter, Jenny écrase une dernière cigarette. Elle a été convoquée un jour au bureau d'assistance psychologique de la cité, on l'a entretenue de José. Les extravagances des groupes de jeunes désoeuvrés étaient connues des autorités, les parents exhortés à la vigilance.

Une nausée fluctuante, et ces doigts de bois. Elle aspire l'air à petites goulées. L'indifférence l'a gagné à la façon d'une sclérose, un refus qui la paralyse. Apprendrait-elle la mort de José qu'elle ne ressentirait rien, sinon la délivrance du dénouement. Un accident, n'importe quoi, une balle perdue, une chute du haut d'un viaduc. En fait, il est déjà mort pour elle.

La cuisine : Léna enclenche la cafetière électrique, sort les tasses de l'armoire, s'assied en face de Jenny, à côté de la vitre. Un goût de deuil dans leur tête-à-tête, alors qu'elles considèrent sans parler l'esplanade et les tertres, la vasque obstruée de feuilles mortes.

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Quand automne en saison revient : Samivel

Quand automne en saison revient : SamivelQuand automne en saison revient : Samivel

  La poésie emprunte de nombreux chemins pour arriver jusqu'à son art primitif. Samivel (pseudonyme de  Paul Gayet-Tancrède ) débute par des dessins, des illustrations. Il se lie d'amitié avec Jean Giono, illustre des auteurs comme Rabelais, Villon. Ses illustrations se dotent rapidement de petites phrases. Puis l'écrit l'emporte sur le dessin. 

 

   Dans ce poème, il agrémente son texte de pointe picturale laissant glisser sur la page blanche des touches de peinture. C'est une ode à la beauté de l'automne qui doucement habille la nature de ses couleurs orangées.

  Poésie idéale pour des petits lutins-écoliers.

 

Quand automne en saison revient,
La forêt met sa robe rousse
Et les glands tombent sur la mousse
Où dansent en rond les lapins.

Les souris font de grands festins
Pendant que les champignons poussent.
Ah ! que la vie est douce, douce
Quand automne en saison revient.

 

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Système : Agnès Michaux

Système : Agnès Michaux

   La mort tragique (la décapitation) d'une mère reste un fléau qui gangrène tous les orphelins. A la mort de leur père, Marissa et Paul constatent les dégâts. Ils sont anéantis en apprenant la sortie prochaine de l'assassin. Doivent-ils régler le problème? ou Reprendre le cours de leur vie?

   Ce roman psychologique retrace les méandres d'un drame qui fomente une vengeance. Celle-ci se développe, se faufile dans les souvenirs, existe dans les gestes quotidiens. Agnès Michaux serpente dans les pensées de ces deux enfants qui sont devenus adultes. Cependant, le mal est fait et ce ne sont pas les trente de prison qui permettront le pardon. Le pardon n'existe pas quand la violence s'insinue dans l'enfance. 

   Ce roman se veut aussi une quête initiatique vers la rédemption. Néanmoins, la rédemption devrait-elle commencer toujours par un drame? Agnès Michaux tente de répondre à cette question. Elle développe sa thèse sur un fond d'Ethiopie, saupoudré d'aventures racontées par un ancien d'Indochine. Parfois le lecteur se perdra dans des digressions mais retrouvera toujours le chemin de sa lucidité.

 

Belle découverte ! 

- Toi, frérot, tu as une vraie gueule d'atmosphère. Dépression et perturbations.
- C'est que tu gardes jalousement l'anticyclone, frangine.
- Je sais. Et je te l'envie, ta jolie petite gueule d'anticyclone. Ah, le secret de ton visage...Tu refuses obstinément de t'y montrer. Ce n'est pas nouveau. Peut-être parce que tu ne t'es jamais sentie bien avec nous, jamais à ta place. Notre mère t'adorait pour ce trait de caractère. Elle admirait cette force en toi d'être seule et ailleurs. C'est papa qui me l'a dit.

Chute mortelle au mont Faron
Le cadavre d'un homme a été retrouvé au bas du musée du Débarquement. On ne s'explique pas comment il a pu tomber à cet endroit. Une enquête est en cours.
Page 6

Affranchi de la règle commune, hors-la-loi, le crime lui avait redonné prise sur sa vie. Il acceptait le scandale d'une telle constatation. Quelle était la limite ? Où la vengeance devenait-elle justice? Le devenait-elle? Leur rapport restait étroit. Et le crime n°2 n'était pas plus irrationnel que le crime n°1, plutôt moins même. Se venger de l'auteur d'un tort avait été légitime pendant des siècles. Aujourd'hui, la vengeance était bannie du camp des émotions avouables, pourtant c'était bien elle qui excitait les spectateurs et les lecteurs. La vengeance, on n'avait pas inventé mieux pour faire vrombir les histoires. La vengeances, le grand moteur, le V8 impeccable. Lui avait décidé de respirer là, où le système exigeait l'étouffement, précisément dans ce ressort si important de la conscience humaine. Ce que vivaient les hommes dans l'injustice, quelle qu'elle soit, c'était la soif de vengeance. Mais on faisait tout pour qu'elle disparaisse, jusque dans le vocabulaire. On lui préférait l'atténuée revanche ou le raisonnable juste retour des choses, ou encore les militaro-hypocrites représailles et mesures de rétorsion. Tous ces détours rendaient pas les hommes plus sages. De vengeance, on n'osait même plus avoir envie. Envie. L'envie n'était pas l'acte. Devait-on être coupable d'une envie ? Quand le sang des victimes d'attentats étaient encore fumants, il se souvenait que beaucoup n'avaient même pas osé la seconde de sincérité, la seconde de colère, la seconde de violence, tellement plus vraie, tellement plus soi, tellement plus humaine, tellement plus haute, en vérité, que ce "pardon" vite balancé, que ces préventions même plus cul-cul catho mais cul-cul paumé dans un monde où il était clair qu'en haut on prêchait les bons sentiments comme réconfort opiacé d'une masse violentée de tous côtés

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