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Un ange en équilibre : Edith Rebillon

Un ange en équilibre : Edith Rebillon

   Du rêve à la réalité où dans la vie les deux notions se confondent. Est-on toujours maître de notre destinée? Devenons nous croire à l'immuable amour, l'éternel? Et si tout cela n'était que supercherie. Les éléments extérieurs ne favorisent-ils pas une déception prochaine, profonde?

 

   Que le lecteur se rassure Edith Rébillon, avec sa joie de vivre et sa bonhomie, donne un regard sain et bienveillant sur notre société et sur la notion de confiance. Le hasard des vies, des rencontres ponctuent notre existence et insufflent un vent nouveau, soit en positif soit en négatif. (cela reste la loterie de la vie !)

 

   La lecture est fluide comme un nuage cotonneux qui vous transporte dans les méandres de l'existence. Un ange veille ! Ce roman a le goût de l'innocence et l'amertume d'un bonbon acidulé. Le rêve et son halo de douceur protègent les protagonistes confrontés à un réveil parfois brutal.

 

   Belle rencontre avec cette auteure pleine de charme et de joie de vivre! A conseiller à ceux et celles qui croient aux belles histoires ou pas !

Perdue comme une enfant que l'on aurait laissée au bord du chemin.
Mais il avait toujours su, du moins jusqu'à présent, la rassurer, la serrer contre lui avec cette tendresse qui n'appartenait qu'à lui.
"Mais le temps sépare ceux qui s'aiment tout doucement sans faire de bruit..." comme le dit si bien la chanson.
Mais nous nous serons plus forts que la vie qui passe, plus forts que l'usure du quotidien...

Elle souriait.
- Un ange, je suis un ange, moi?

Il a dû lui en falloir du courage pour oser tout faire exploser, comme cela, avec deux enfants.
Avant, on attendait que les enfants soient élevés.
C'est bien ou c'est mal?
Hypocrisie et faux semblant ou vérité et transparence à tout crin.
Je ne sais pas, je suis bien incapable de juger.
Je n'en ai pas envie, je veux les garder tous les deux, être un trait d'union, être leur trait d'union.

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Je peux me passer de l'aube : Isabelle Alonso

Je peux me passer de l'aube : Isabelle Alonso

    La Seconde Guerre Mondiale touche à sa fin néanmoins l'histoire ne se clôt pas pour les opposants au régime de Franco. Angel, âgé de 15 ans, espère rejoindre sa famille en Italie mais les rouages de l'Histoire veulent en décider autrement. 

    Angel, enrôlé enfant dans une guerre qu'il croyait comprendre (malgré les réticences de son père), lutte dans un camp pour rejoindre les siens. En sortant de ce camp, il découvrit, anéanti, que les conséquences de la guerre vont être très dures à effacer. Il subit les affres du manque de nourriture, de la violence qui  souille la ville, les dénonciations qui inondent les rues. Angel quitte vivant un camp de concentration pour rejoindre une prison à ciel ouvert.  Angel, ne manquant pas d'humour, continue à se battre contre Franco, refusant de faire le service militaire. Il vit de manière clandestine.

 

   De ces faits historiques, le lecteur retiendra cette volonté farouche de vivre et de survivre. Sur un ton parfois décalé ou badin, Isabelle Alonso retrace l'itinéraire d'une nation prisonnière. Isabelle Alonso autopsie une Espagne en souffrance. Chaque avancée du nazisme fait reculer l'espoir d'une vie nouvelle, d'une liberté retrouvée. Le narrateur, âgé de 16 ans, scrute son avenir avec un regard d'ancien prisonnier. De ces états découle une rage de survivre. Dans Franco et sa politique, il décompose un pan de l'histoire comme un cri de condamné.

 

   La prouesse d'écriture permet de mettre en exergue l'histoire et les résolutions de certains et la rage de liberté d'autres. Un roman qui vous tient en haleine comme les derniers survivants du Titanic accrochés à un morceau de bois dans cette volonté immense de vivre.

 

   Un roman sur fond d'histoire à conseiller aux amoureux de l'Espagne.

 

BATAILLON DE TRAVAILLEURS. ça sonne bien, ça sonne noble. ça sonne comme des mots à nous. Si j'avais entendu cette expression avant la défaite, j'aurais imaginé une cohorte d'hommes volontaires, solidaires, animés par une conscience de classe taillée dans l'airain, consacrant leurs forces à la collectivité, à la construction du socialisme, tels des héros de l'Union soviétique, Stakhanov et tant d'autres. Mais nous avons perdu la guerre. Nous sommes livrés aux franquistes. Ce qu'ils appellent "bataillon de travailleurs" est ni plus ni moins qu'un régiment disciplinaire. Une escouade de forçats. Personne n'est volontaire et encore moins solidaire. Personne n'a commis d'autre faute que d'être vaincu. Le bataillon numéro 12, dont j'ai le privilège de faire partie, s'établit à Gerona dans un premier temps. Nous remontons vers le nord, donc. Vers la frontière. Je n'avance toujours pas, et même, je recule.

Je fais ce que je peux, c'est-à-dire pas grand chose. j'observe la nouvelle Espagne, cavernicole, asphyxiée par la censure. Plus de journaux, plus de livres. De nouvelles chansons apparaissent, cyniques et triomphantes. Les affiches de cinéma, les frontons de théâtre annoncent des épopées guerrières, des contes religieux, des destinées exemplaires, qui nous démontrent à l'envi que nous avons perdu la guerre...On ne risque pas de l'oublier. ça me fend le coeur de penser que si les nazis continuent leur marche triomphale, Sol et Peque vont grandir dans ce monde vermoulu où tout est péché. Tout ce qui était drôle, stimulant, instructif est désormais interdit.L'école novatrice, libre, ambitieuse qu'ils auraient pu fréquenter a disparu. Les instituteurs sont en première ligne des represaliados. Morts ou interdits d'exercer. Voilà les petits condamnés à ingurgiter la litanie des hymnes franquistes, des bondieuseries et de la nouvelle matière scolaire obligatoire, la "formation de l'esprit national". Tout u programme. A se pendre. Mon vrai pays semble avoir disparu, englouti comme le Titanic, dans une mer glacial et sans fond.

La guerre telle que nous l'avons connue, telle qu'elle s'est imprimée dans notre mémoire, déchaîne sa fureur : vacarme des immeubles qui s'écroulent, urgence des explosions, il faut courir, parfois ramper, se mettre à l'abri. On voit le sang, les nuages de poussière, les arbres déchiquetés, les décombres, les morts. A cette frénésie-là a succédé une guerre d'un autre type, plus discrète, plus insidieuse et plus cruelle. Ma petite soeur va à l'église sans croire en Dieu, elle a déjà appris à se trahir elle-même. Mon petit frère la voit faire, comprend que ce qui se dit dans la maison est interdit au-dehors. La duplicité est devenue un mode de vie. Le renoncement aussi. Jusqu'au point où l'on ne sait même plus à quoi on renonce....

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Frappe-toi le coeur : Amélie Nothomb

Frappe-toi le coeur : Amélie Nothomb

  Une rentrée littéraire sans Amélie Nothomb, c'est comme une charlotte aux fraises sans fraise (j'avais pensé au départ à la choucroute mais la comparaison aurait été peu flatteuse) cela manque de finesse.

  "Frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie" d'Alfred de Musset résume ce roman. Diane, une enfant délaissée par sa mère, recherche l'amour à travers des rencontres. Pas des rencontres amoureuses comme le lecteur pourrait le présager mais des rencontres amicales solides et salvatrices. Diane n'a pas le gout des liaisons passagères. Elle travaille hardiment, fuit sa famille pour ne pas tomber dans le gouffre de la jalousie et se construit son avenir. Des liens se tissent avec des personnages qui comprennent son mal-être. Cependant, le passé vous rattrape toujours. Diane tente tous les moyens pour oublier néanmoins dans les yeux de Mariel, une enfant méprisée, elle comprend qu'à travers ses propres maux il existe des souffrances encore plus dévastatrices.

 

  Amélie Nothomb revisite les liens maternels sur le mode déshumanisé. Ce n'est pas l'auteur de la positive attitude. Elle dévoile les vices des mères qui ne supportent pas leur propre progéniture. Elle désacralise l'instinct maternel et remet sur le banc de touche les biens-penseurs qui diabolisent la mère incapable d'aimer. Elle fait le distinguo entre une mère qui n'a pas d'affection avec son enfant et une mère qui méprise son bébé.

 

   Ce roman se lit très vite (comme tous les "Amélie Nothomb"). Le sujet est finement traité cependant dans la perception de Diane, enfant, le lecteur pourrait regretter un manque de sensibilité enfantine. Quand le regard devient externe, la description des émotions de Diane développe une sensibilité plus adulte qui correspond à la maturité de l'auteur. Amélie Nothomb travaille sur une distanciation de l'être qui mériterait un approfondissement. 

Le lecteur reste stoïque devant cette fin de roman abrupte. 

Mon avis : Roman agréable mais sans conviction sur le souvenir qui restera impérissable.

 

Diane ne se rendormit pas. La révélation de l'amour ne cessait de la parcourir. Certes, dans les bras de son père, de mamie, de papy, elle avait senti qu'elle était aimée et qu'elle aimait. Mais ce qu'elle avait éprouvé dans les bras de sa mère était d'une nature autre : cela relevait de la magie. C'était une force qui élevait, transissait, broyait de bonheur. Cela tenait à l'odeur de sa mère, qui l'emportait sur les fragrances les plus exquises. Cela avait à voir avec la voix de sa mère, qui, quand elle lui avait parlé cette nuit-là, était la musique la plus délicieuse qu'elle ait entendue. Cela se complétait par la douceur de la peau et de la chevelure de sa mère, qui avait achevé de transformer cette étreinte en une longue caresse soyeuse.

A 11 ans, Diane sentit son univers s'effondrer. Jusqu'alors, si elle avait pu tenir, c'est parce qu'elle croyait sa mère inconsciente de sa souffrance. Et là, elle découvrait que dans la version maternelle, c'était elle la coupable de l'absence de tendresse qui lui était adressée. L'accusation de jalousie relevait du comique, comparée à celle-là. Comment allait-elle continuer à vivre, étouffée qu'elle était par le sentiment d'une injustice démentielle?

Si seulement cela n'avait été que de la haine! Il apparaissait maintenant à Diane que le mépris était pire que la haine. Celle-ci est si proche de l'amour, quand le mépris lui est étranger. "Au moins, ma mère ne m'a jamais méprisée", pensa-t-elle. Le sort de Mariel la fit frémir.

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Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

Mon père sur mes épaules : Metin Arditi

  "Les livres, c'est autre chose." comme une prophétie, c'est quelques mots symbolisent la vie de Metin Arditi et son lien au père. Père qui l'admire enfant, qu'il ne comprend pas à l'adolescence et recherche à l'âge adulte. 

 

   L'écrivain reste toujours un enfant en quête de reconnaissance. Metin Arditi revient sur son enfance heureuse (ou qu'il espère être heureuse) à Istanbul, ses années difficiles en internat (dès l'âge de sept ans), sa vie d'adulte avec comme toile de fond un père absent, sur la réserve. Un père qui ne félicite pas, un père neutre comme un étranger à qui on doit tout et qui ne vous épargne rien. Metin vit entre se réaliser et faire plaisir à son père, car même dans cette absence règne un pouvoir de toute-puissance.

   Dans la construction d'un homme, il faut se confronter au père, ce héros aux pieds d'argile. 

 

 Dans ce récit, le lecteur décèle un amour filial inconditionnel et surtout incompréhensif. Dans leur relation existe une dichotomie qui marque à la fois le respect et un amour non exprimé. Du regard de l'enfant admiratif devant l'élégance et la culture du père au jeune homme en lutte contre les idées paternelles qu'il réfute, se joue l'amour paternel. Cet amour s'exprime dans une retenue incompréhensive durant les premières années de la vie et dans une condamnation à l'âge adulte.

   Le lecteur trouvera dans ce récit ce qui fait de Metin Arditi un auteur de talent, sa manière de se livrer avec sensibilité, sans verser dans un pathos qui ne lui permettrait pas de se donner. Les souvenirs exprimés restent brefs et incisifs comme des coups de canif dans une mémoire qu'il désire honnête. Il se raconte et brise l'instant d'après ce souvenir pour s'adresser à son père, à la recherche d'une réponse. Mais hélas, la discussion se produit trop tard; son père est mort depuis vingt ans.

 

   Mais ce qu'il faudra retenir de ce récit sont ces quelques mots qui résonnent encore dans la tête de Metin Arditi : "Les livres, c'est autre chose".

Un souvenir nous embarrasse ? Faisons en sorte qu'il nous paraisse aimable. Ni une ni deux, on le maquille, on lui colle une barbe et des moustaches. Et une perruque, s'il le faut, on se débrouille, pourvu qu'il ait l'air présentable, qu'il nous soit doux, qu'en pensant à tel ou tel événement qui lui est lié, on puisse se dire : "Comme c'était formidable."

Tu n'étais jamais envahi par l'émotion"

Suis-je injuste? Ingrat? Peut-être. Il y avait dans sa posture quelque chose de maîtrisé, un brin distant. Etait-ce sa vanité de père face à tant d'amour exprimé devant la directrice et les professeurs qui nous entouraient à ce moment-là? Il devinait sans doute leurs pensées...Si sa présence déclenchait de telles manifestations de joie, c'est qu'il était ce père modèle.

C'était avant que j'avais besoin de ton soutien. De ta bienveillance. De ton estime. Avant. Quand je t'avais demandé de faire une partie de poker. Au moment où je m'attendais à te voir passer la porte de la clinique pédiatrique. Ou lorsque je t'avais annoncé que j'étais nommé professeur invité à l'Ecole polytechnique. Ou devant tes amis de la communauté juive, Ou encore avec le fabricant de tubes alimentaires...

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La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

   Le pardon a toujours un goût étrange, il associe à la fois un désir d'oubli et à la fois un désir de vengeance inassouvi. La nuance reste toujours latente.

 

   Eric-Emmanuel Schmitt s'inspire de cette association saugrenue pour écrire des nouvelles qui feront douter le lecteur sur la notion du pardon. Les rencontres avec les protagonistes ne vous laisseront pas de marbre : Vous douterez de la douceur de cette charmante grand-mère; vous resterez fébrile devant cette paternité tardive; pardonneriez-vous le plus abject des crimes ?, prolongeriez-vous la vie de Saint-Exupéry?

    La structure des histoires ne suit pas un schéma structuré ou identique. Le lecteur perçoit ses morceaux de vie avec un regard neuf, celui du pardonnant. Cependant, méfiez-vous de cette image trop lisse de la femme aimante, de la soeur servile, du fils rédempteur et de la petite fille avide de rencontre. L'homme est un être ambivalent qui peut absoudre ou condamner. Nonobstant, le choix reste cornélien et force le respect.

 

   Si vous me demandiez de choisir une de ces quatre rencontres, je serais incapable de choisir. Mais me pardonneriez-vous cette absence de réponse?

 

   Mon premier coup de coeur pour cette rentrée littéraire !

Moïsette y réfléchit des semaines et se rendit à l'évidence : elle ne serait jamais sacrifiée parce qu'elle ne ressentait aucun attachement. Nulle affection ne l'inclinait à préférer sa soeur à elle. Au contraire. Voilà ce qui la choqua : elle découvrit que Lily l'aimait, tandis qu'elle ne l'aimait pas.
- Salope !
(les soeurs Barbarin)

Il se rappela le pari et décréta que l'aventure ne serait pas arrivée sans ce défi. En quelques secondes, il réaménagea ses souvenirs d'été, se peignit en manipulateur triomphant- James Bond en mission- et réussit à se redonner l'étoffe d'un héros. L'homme est ainsi fait que la culpabilité appartient aux émotions fugitives, le sentiment permanent demeurant l'estime de soi.
(Mademoiselle Butterfly)

- Dites-lui deux choses de ma part, maître. Dites-lui d'abord que je n'irai plus jamais le voir.
- Mais...
- Et dites-lui ensuite, maintenant qu'il a rejoint l'humanité...
Elle réfléchit, s'éclaircit la voix et prononça posément sa formule :
- Bienvenue en enfer !
Sans un mot de plus, elle raccrocha.

- Si tu avais été nazi, je t'aurais pardonné. Tu aurais commis une erreur, pas une faute. Après tout, pourquoi pas ? Chaque homme se fourvoie.Je répète aux jeunes qui jugent le passé qu'il s'avère simpliste de condamner rétrospectivement. Moi-même, j'ignore comment j'aurais agi, à ton âge, dans ton temps. Oui, papa, je t'aurais pardonné si tu avais adhéré au nazisme. Mais que tu le restes aujourd'hui ! Aujourd'hui!

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En voiture Simone ! Aurélie Valognes

En voiture Simone ! Aurélie Valognes

  Les vacances ne vous ont pas réussis pour diverses raisons, pas de vacances à l'horizon, ne vous faites pas de mourons, Aurélie Valognes nous dévoile une famille extraordinaire qui pourrait vous faire comprendre la vôtre. Humour au rendez-vous !

 

  Entrez dans la belle-famille n'est pas une partie de plaisir ! Les belles-filles de Jacques en savent quelque chose. Les trois ont des caractères différents et doivent se faire une place auprès de Martine et Jacques. Chacune, à sa manière, tente d'amadouer le beau-père gaffeur et têtu. Aurélie Valognes décrit les caractères distincts de chacun des personnages et sur fond de comédie intègre le lecteur dans cette famille tellement ordinaire. 

   Le livre s'apparente à une pièce de théâtre où tous les protagonistes essaient d'atteindre le devant de la scène. De manière légère, l'auteur dévoile des pans de personnalité qui permettront aux lecteurs d'admettre que leur belle-famille a des bons côtés.

 

Figure inconditionnelle de la "feel good"littérature, Aurélie Valognes signe son deuxième roman avec succès. 

 

Léger et drôle, un roman à offrir à votre nouvelle bru ! (un petit conseil : éviter les livres à message, surtout si la couverture concerne un chien d'attaque) 

- Pas d'annonce de notre part, intervint Matthieu, en revanche je voudrais complimenter maman pour la belle chemise neuve qu'elle a réussi à faire mettre à papa. Et les chaussures ! Tu as presque l'air classe, papa. C'est pour ta nouvelle belle fille, Jeanne, que tu as fait un effort ? Je ne me souviens pas que Stéphanie et Laura aient eu droit à de tels égards...

Effectivement, elle aurait pu lire plus attentivement l'indication près du bouchon du réservoir sur la voiture de son beau-père. Mais, à sa décharge, on perd un peu la tête quand on est enceinte. Donc, oui, c'est vrai : diesel, ce n'est pas essence. Mais même s'il n'y avait pas eu mort d'homme, elle avait vraiment cru sa dernière heure arrivée, surtout en voyant la tête paniquée de Martine, en tablier et décoiffée, lorsqu'elle était venue les récupérer au garage.
....
- Mais il faut être débile, c'est écrit ! Ou alors analphabète ! Qu'elle me dise ce qu'elle préfère...

- Je te dis juste "fais attention". Ce n'est pas ton pote, c'est mon père. Je trouve que tu le rembarres et le charries un peu trop, c'est tout ! disait le jeune chef.
- Non mais je rêve ! Il se comporte en vrai macho, critique ouvertement mon accent et n'est pas non plus irréprochable niveau nicotine, et je devrais me taire ! protesta Jeanne.
- Ce n'est pas que ça. "Salut partenaire..." Tu te crois au collège ou quoi?
- Bon, il faudrait savoir ! Je suis censée faire quoi, quand je suis dans ta famille ? Me taire ? Nicolas, sérieusement?

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LE DICTON DE LEON

L'humain est une fragilité en mouvement qui se débat contre son immobilisme.

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Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Dans le jardin : Stéphane Mallarmé

Une petite présentation du poète : un poète, marqué par la mort précoce de sa mère (quand il a cinq ans) et sa soeur âgée à peine de treize ans. Il se plonge dans la poésie et la lecture de poète comme Victor Hugo ou Edgar Poe. Mallarmé est un poète de la suggestion. Les idées desservent la poésie, seuls les mots comptent. Il faut compliquer la structure pour que le texte reste hermétique au commun des mortels. La poésie se cherche, s'apprivoise et seuls les esprits éclairés peuvent atteindre sa beauté.

Explication succincte du poème: une jeune épouse exprime son mépris et sa jalousie pour l'été que son mari ne connaîtra pas. Il est mort. Elle dépeint sa tristesse. Son défunt mari existe dans la nature profonde qui a mu son corps en une multitude de fleurs. A travers le bruit du vent, les sens en éveil, la veuve peut entendre son doux nom. La mort de l'être se confond dans la nature qui garde les âmes. Le lecteur retrouve une certaine poésie dans la mort. L'amour reste le vecteur essentiel qui permet à l'être de rester vivant.

La jeune dame qui marche sur la pelouse
Devant l’été paré de pommes et d’appas,
Quand des heures Midi comblé jette les douze,
Dans cette plénitude arrêtant ses beaux pas,

A dit un jour, tragique abandonnée – épouse –
A la Mort séduisant son Poète : « Trépas !
Tu mens. Ô vain climat nul ! je me sais jalouse
Du faux Éden que, triste, il n’habitera pas. »

Voilà pourquoi les fleurs profondes de la terre
L’aiment avec silence et savoir et mystère,
Tandis que dans leur coeur songe le pur pollen :

Et lui, lorsque la brise, ivre de ces délices,
Suspend encore un nom qui ravit les calices,
A voix faible, parfois, appelle bas : Ellen !

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BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

   Plonger dans le Bronx où la violence raciale domine les laisser pour compte. Mike, fraîchement sorti de prison, revient dans son quartier malfamé. Il l'a quitté agonisant, il le retrouve moribond. Cependant Mike n'est pas de retour pour se lamenter; il doit régler ses comptes. Son frangin, flic "clean" a disparu dans d'étranges circonstances. Des soupçons, non fondé, salissent la réputation de l'ex-taulard. Et cela le chagrine, au point de chatouiller des voyous et des flics véreux. 

   Jusqu'où va-t-il énerver les caïds du Bronx?

 

   Sur fond de guerre des gangs, de prostitutions, de guerres raciales, Laurent Guillaume dépeint une Amérique divisée en deux. L'eldorado a des relents de pourritures, de camées. La drogue abandonne au passage des corps disloqués. 

    Ce polar noir et profond emporte son lecteur vers cette Amérique trop morbide que Manhattan tente de faire oublier. Mais le vice et la corruption régissent les privés du rêve américain. 

 

    Laurent Guillaume, ancien de la BAC, signe un polar à couper le souffle. A conseiller aux amateurs de texte fort et sans tabou !

"La guerre permet à certains de faire la démonstration de leurs capacités à accomplir ce qui, en temps de paix, serait considéré comme un crime. Pendant la guerre on appelle cela de l'héroïsme, du patriotisme, en temps de paix ça te vaut un séjour à Sing Sing...
- Je te trouve bien cynique.
- Je le suis. J'ai fait la première, la grande, et encore maintenant je me réveille en chialant."

"Peut-être que briser quelques os, faire tomber des ratiches et distribuer des coquards c'est un crime dans ce pays, mais n'oublie pas que le crime c'est le capitalisme des pauvres Micky, dit le gangster. Chacun des gus à qui je file du pognon sait à quoi s'en tenir. Je ne les prends pas en traitre. Aucune banque ne leur prêterait le moindre Buck. Alors ils ont Kerrigan. Avec moi pas de contrats, pas de garantie, pas de caution, bref pas de papelards à la con...On se serre juste la main. C'est un engagement de confiance...Comment qu'on dit déjà Lady?"

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Face à toi

Seul aux creux des vagues

qui m'échouent sur les rochers,

luttant contre ta puissance

que je sais inépuisable.

 

Inlassablement, je nage vers toi.

Tes plaquages d'une force inouïe

ne tarissent pas mon inconscience.

 

Je lutte, me débats

comme un boxeur sur le ring.

Je reconnais l'inégalité du combat.

 

Seule la fatigue de mon corps endolori

aura raison de cet affrontement fantasque.

La victoire t'est acquise dès le premier round. 

 

 

 

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