Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Nikolski : Nicolas Dickner

Nikolski : Nicolas Dickner

   En route ! Que vous soyez voyageur de grands chemins, aventuriers dans les grandes plaines, à la recherche de votre identité, ce livre est pour vous ! Ne soyez pas avare, si l'angoisse des grands espaces vous paralyse, pas de problème, vous pouvez voyager à travers les livres. Cependant, les livres peuvent aussi prendre les chemins buissonniers pour atteindre tous les lecteurs.

   Noah, né dans une roulotte, part à la recherche de l'identité de son père avec comme point de départ une dernière carte postale. Joyce, largue les amarres, fuit sa famille à la recherche d'une aïeule flibustière. Le narrateur, libraire, campe dans son univers et vit à travers les écrits.

   Durant la narration, le lecteur découvre que les protagonistes seraient issus de la même famille. Nicolas Dickner pousse le vice jusqu'à créer des rencontres fortuites entre les personnages sans qu'aucun indice ne soit dévoilé entre eux. 

 

   Le lecteur s'attache rapidement aux personnages comme à une bouée qui émerge de la mer. Les lieux, les pays traversés incitent à la découverte de soi et de l'autre. La notion de père cimente les chapitres. La quête d'identité sacralise le roman. Dans la recherche de son identité, les personnages retracent les itinéraires d'une vie. Ils cherchent à combler un vide. Très jeunes, ils sont en lutte pour retrouver un être, se créer un avenir néanmoins cette aventure spirituelle s'ancre sur des dépotoirs, des objets oubliés et usés et de vieux livres. Le roman initiatique atteint son apogée quand chacun découvre sa vraie personnalité et désacralise son passé énigmatique.

   Aucune pause n'est concédée, même les livres racontent leur propre histoire. 

 

   Ce roman est jubilatoire et regorge de retour à l'enfance (un pirate, une boussole qui indique Nikolski, pas tout à fait le nord, une carriole...). Le lecteur aurait espéré de vraies rencontres cependant cette idée de lier ses histoires sans se rencontrer.

 

    Bienvenue dans ce monde imaginaire et poétique d'un premier roman!

Une minute plus tard, Noah se retrouve seul au bord de la route avec un sac à dos béant, une vieille carte des Caraïbes chiffonnée dans la main et une boule d'asphalte dans l'estomac. Il respire profondément, plie la carte et la glisse dans une poche de chemise. Puis il ajuste son sac à dos et se met en marche vers l'est, les yeux plissés, droit vers le soleil qui rase encore l'horizon.

Pour Maelo, un immigrant peut être égaré, confus, réticent, épuisé, exploité, peut refuser de s'adapter, sombrer dans la déprime, croupir dans la nostalgie - mais jamais il ne doit s'abaisser à être orphelin.

Joyce a l'impression de vivre en marge d'un monde précieux et insaisissable. De l'autre côté de cette fenêtre, les évènements se produisent par eux-mêmes, sans que l'on puisse les arrêter ou influencer leur logique propre. Chaque seconde, chaque instant se déroule pour la première et la dernière fois. Impossible d'interrompre ce processus, de revenir en arrière ou d'enregistrer une copie de secours.

La respiration de Joyce couvre la vitre de buée. Le monde extérieur estompe lentement, la réalité semble de plus en plus relative. Elle essuie la fenêtre avec sa manche. De l'autre côté de la rue, la fillette hirsute a terminé ses devoirs de mathématiques et elle range ses cahiers dans un sac à dos aux couleurs vives.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Mon cahier BEACH BODY : Sissy

Mon cahier BEACH BODY : Sissy

   Le sport et moi, on a dû se croiser à un moment (dans une vie antérieure). Mes vagues souvenirs me replongent dans mes dernières années de lycée où le sport était obligatoire et faisait partie d'une des épreuves du BAC. 

   Depuis, le terme avait disparu de mon vocabulaire. Rassurée ce mot sournois revient au galop quand vous affichez quelques années au compteur ! 

   La ceinture abdominale ressemble à la bouée que vous trimballiez à la plage. Un joli accessoire à l'époque mais plus maintenant. Celle-ci ne se dégonfle pas pour rentrer dans le sac de plage. Elle reste bien accrochée. Votre corps s'identifie au physique de la baleine. 

   Que vous soyez fine avec des bourrelets disgracieux ou forte, la lutte est cruciale et nous touche toutes à un moment ou à un autre.

 

   Aujourd'hui est venu le temps de revêtir le legging-brassière (quant à moi, j'opte pour le jogging-T-shirt) pour bouger son popotin. Je vous rassure, ce n'est pas pour ressembler à une déesse de magazine photoshopée mais pouvoir se mouvoir, monter l'escalier sans perdre un poumon.

 

   Je vais donc suivre les conseils avisés de "Mon cahier BEACH BODY" et voir les résultats. Pourquoi un livre? N'est pas accroc à la littérature qui veut. D'autres préféreront les vidéos (me concernant aucun rythme dans la peau).

   Ce cahier en est vraiment un, avec des lignes à petits carreaux. Les conseils sont pratiques et réalisables par les plus novices. Ils remettent nos corps en perdition vers le droit chemin. C'est à nous de nous attribuer des objectifs réalistes. (le marathon n'est pas encore d'actualité pour moi).

 

  Bon, j'y vais ! Ne rêvez pas que je vous communique mes objectifs ! Je vous laisse, j'ai piscine !

 

 

 

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Rendez-vous à la tour Eiffel: Elzbieta

Rendez-vous à la tour Eiffel: Elzbieta

Le clown Gratte-Paillette doit rejoindre sa grand-mère à la Tour Eiffel, suite à une lettre reçue. Gloussette, la poule, l'accompagne en ballon gonflable. Les cochons et l'éléphant sont tristes d'être restés seuls. Ils décident de les retrouver à Paris. Cette aventure, ils risquent de s'en souvenir encore longtemps.

 

Ce livre est très imagé, rapide à lire à de petits enfants férus d'aventures. 

 

Bon voyage en ballon !

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

La Suisse est un village : collectif

La Suisse est un village : collectif

   Que vous envisagiez de visiter la Suisse pour vos prochaines vacances ou durant un long week-end ou que vous y habitiez ce livre regorge de découvertes. De manière implicite ou de manière didactique, le groupe d'écrivains vous fera découvrir les subtilités de ce pays. 

 

   Vous pouvez vous amuser à suivre le tracé des itinéraires développé par certains auteurs ou vous laissez happer par la poésie des lieux décrits.

 

  Une petite découverte sympathique dont je me suis régalée! (merci encore pour ce présent).

 

  Cerise sur le fromage, vous pourrez découvrir des auteurs suisses que vous ne connaissiez pas  ! Là, ce sera pour mes prochains achats compulsifs!

Pour moi, enfant, Berne a toujours été une ville noble. Quand nous sortions de la gare et que s'ouvrait devant nous cette perspective magnifique qui traverse tout le méandre de l'Aar d'ouest en est, il me semblait que j'entrais dans une ville royale. Et aujourd'hui que la circulation en a été bannie, que seuls les transports publics l'utilisent, elle a gagné en beauté. On peut mieux s'approcher des fontaines dont les statues finement taillées ont près de cinq cents ans. Elles évoquent des personnages de la Bible, comme Samson, des êtres légendaires, comme l'ogre ou des personnages très populaires comme le joueur de cornemuse qui entraîne sous ses pieds un cortèges d'enfants nus, menés par le fou du roi. Au bas de la ville, la plus belle est sûrement la statue de la justice (1543) qui est due au ciseau de Hans Gieng.

Berne : Madeleine Knecht-Zimmermann

Comment choisit-on une ville ? Le travail, le cimetière?
Si c'est la situation à la montagne, alors pourquoi pas Cuzco? La langue sans doute, je souhaite que l'on y comprenne mon vaudois et l'entendre, même métissé de gruyérien, de valaisan, de bernois, d'échos albanais et de trois mot anglais : small is beautiful. A la montagne, tranquillité pour écrire, et que la ville soit petite, proche de cette verticalité que je recherche, pour pouvoir grimper, sitôt franchi le seuil de la tanière.

Château-d'Oex, ville à la montagne : Pierre Yves Lador

Dans mon Morges, il y a tout ce qu'il faut pour rester en vie. Et même davantage encore. Les terrasses du "Nautique" et de "La Fleur du Lac" ont été probablement construites par un dieu. Il aime s'y asseoir, boire un verre de vin et réfléchir sur le mystère de l'univers. L'autre jour, Dieu et moi, nous avons siroté un délicieux chasselas de mon Morges et on a décidé que plus nous pensons, plus grand est le mystère.

Voir les commentaires

Les enfants perdus : François Hauter

Les enfants perdus : François Hauter

  Jusqu'où pourrait aller une mère ou un père pour sauver ses enfants ? Jusqu'où la part de responsabilité parentale peut intervenir dans l'univers de nos enfants déjà devenus adultes? 

 

   Le précipice, dans lequel sont jetés Rose avec sa fille Jade emprisonnée pour trafic de drogue en Thaïlande, Stanislas avec son fils Alexander recherché par la police en Australie et enfin Bienaimé avec sa fille la Zoune née dans la misère d'Haïti, dévaste des univers entiers, des vies construites ou à construire. Ces antihéros, doivent-ils rester sur la touche ou se battre corps et âme pour sauver un prolongement d'eux-mêmes ?

 

   À travers l'écriture de François Hauter, l'aventure humaine prend tout son sens. Trois destins qui se battent, fomentent des plans pour sauver leur famille et par la même occasion se sauver eux-mêmes. La lutte semble perdue d'avance cependant l'auteur détecte les failles des systèmes; il en connaît les moindres détails, de l'aristocratie aux bas fonds de Shanghai, de l'homme cultivé et socialement bien assis à l'homme des bidonvilles. 

   Néanmoins de ses fractures de la vie, François Hauter en saisit la complexité. Il extirpe de ces aventures humaines un amour de l'autre incommensurable. il décrypte les signaux de détresse et la violence de l'attaque sentimentale. Il juxtapose des vies diamétrales opposées qui se rencontrent dans un seul but : sauver leur enfant.

 

   Beau roman où le lecteur s'attache rapidement aux personnages. J'avoue avoir craquée pour Bienaimé car il lutte depuis le début de son histoire et il transpire cette empathie tandis que Rose et Stanislas me semblent plus des images plastifiées. Je ne conteste pas que l'auteur l'aurait donné une tessiture mais elle reste pour moi en surface.

 

 Je vous laisse découvrir et partager vos impressions.

 

 

Bienaimé était un débris lui aussi. Ses tripes étaient encordées par la faim. Ses yeux, d'un éclat terrifiant, apercevaient la Faucheuse assise un peu plus loin, juste au coin de la ruelle, entre deux rats qui vaquaient à leurs affaires. Etait-ce lui qu'elle attendait ce soir ?

- Vous voyez, cela commence. Et ne s'arrêtera jamais. Vous êtes trop riche pour qu'ils la relachent dans les délais légaux. Alors, plus de choix! Changez radicalement de méthode. Jade ne peut pas passez un demi-siècle en prison, c'est inenvisageable. Il faut donc la sortir de là par la force. Agissez maintenant, et vite! Le plus rapidement possible. C'est bon pour vous aussi Stanislas : ni l'un ni l'autre ne récupérerez vos enfants sans pénétrer dans la tanière du tigre!

- Dresse-toi maintenant! Ta volonté, elle est haute comme une montagne! Tu le sais, on ne fait qu'une seule famille! On a tous le même poids dans la balance de la misère et de la justice! Le Seigneur a racheté toutes les âmes au même prix et très cher. Je ne suis pas un brigand, je suis ton frère, tu le sais, même si tu m'as fait grande peine avec cette enveloppe pleine de billets d'argent alors que je te devais la solidarité. Une chose comme ça, ça ne s'est jamais vu! La confiance ça ne s'achète pas! Tu crois que je vendrais ma conscience pour cet argent de papier? Tu le sais, Boss, je te dois la fraternité, je te dois la solidarité. Excuse ma colère de ce matin. Sans rancune, on va faire tout bien, et après seulement, quand tu auras revu ton fils, je partirai chasser!

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

L'année de ma disparition : Carole David

L'année de ma disparition : Carole David

Non d'un caribou ! Je me suis faite cueillir, assommée d'un grand coup de massue ! Carole David prend au vif, taille au hachoir les âmes trop sensibles. 

 

   Je suis encore sous le coup de l'émotion. Sa ligne d'écriture est brutale et sans tabou. Adieu les rondeurs de l'appréhension de la mort ! La poétesse transgresse tous les interdits, les mièvreries qui entourent le monde des ténèbres. Elle les convoque pour en sortir le pire. Les poèmes emplis de justesse terrassent l'adversité. L'écriture devient l'essence pure de la mort. La poésie permet de dépasser celle-ci. La convoquer, c'est la combattre !

 

  Carole David se "désincarne" pour libérer son esprit et son âme. La poésie devient la quintessence de son esprit. Par sa mort, elle rejoint les mots (essence même de sa propre existence). Par sa convocation mortelle, elle immortalise la vie.

Je suis entrée dans le boisé de mon enfance avec l'intention d'y rester.
J'étais douée pour une existence hasardeuse, je ne m'appartenais plus corps et biens.
Des photographies, des objets perdus ont suffi à me faire disparaître.
J'ai donné un congé définitif aux vies qui m'habitaient.
Je ne sais rien de ce que j'écris.
Ces poèmes sont l'écume de ma chute.

J'entre, la chambre de création m'accueille;
mon hachoir à la main, ma préparation de liquides,
mon programme orgueilleux,
tout est en place pour la cérémonie.

Ne reste que la pensée ancienne
du corps illustrée sur mes os,
fil que je dévide entre poésie et narration.
Je suis à la veille de changer de peau.

J'ai retrouvé nos empreintes laissées
sur les arbres du parc ; les enfants
au coeur de mousse, les nains de jardin
habitent la pataugeoire ; enfouie sous les balançoires,
la chemise blanche que tu portais est un linceul,
avec notre cadavre à l'intérieur.

Cette nuit j'ai rêvé aux fleurs roses*
que tu ne m'as jamais offertes.
J'ai préféré ta salive âcre.

*Elsa Morante, Territoire du rêve

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

Le retour de Jules : Didier van Cauwelaert

   Fred et Alice n'ont pas réussi leur vie de couple cependant ils doivent s'allier pour sauver Jules, leur chien. Jules, guide d'aveugle, avait trouvé sa place auprès d'Alice. Lors de la guérison de sa maîtresse, il met ses pouvoirs au service des épileptiques. Il intègre une école afin de former des chiens sauveteurs. Pour une raison inconnue, Jules a attaqué un adolescent. Fred et Alice doivent tout mettre en oeuvre pour sauver Jules d'une mort affreuse.

 

     J'avoue avoir été un peu déçue, espérant une aventure extraordinaire pour ce chien aux pouvoirs salvateurs. Certes les idées farfelues de Didier Van Cauwelaert, des éléphants peintres, des chiens dépressifs, restent vivaces durant tout le roman.

 

    La lecture est agréable et rapide. Ce roman se dévore durant un voyage en train ou dans une salle d'attente d'un cabinet médical. Le lecteur s'évade tout en étant ancré dans sa réalité.

 

   Ce qu'il faudra retenir de ce livre est principalement le projet "ESCAPE" dont le but est de former des chiens détecteurs d'épisode épileptiques chez les enfants. Une raison d'acheter "le retour de Jules".

Il est couché sur le ciment dans une cellule-cage de deux mètres carrés. Dès qu'il nous sent, il bondit sur ses pattes et aboie comme je ne l'ai jamais entendu. Terrorisé, furieux, aphone. Je m'agenouille devant lui, glisse les bras entre les barreaux luisants de bave pour toucher son poil raide, humide, souillé.
- C'est moi, mon chien, c'est moi...Tout va bien.

Alarmée par son ton, l'adjudant a coupé le haut-parleur et changé de pièce. Alice s'est laissée tomber sur un pouf au coin de la cheminée, décomposée. Deux chiens d'élite, deux chiens d'assistance dont la formation avait coûté plus de vingt mille euros pièce, étaient retournés à l'état sauvage, s'entraînant l'un l'autre dans la divagation, le harcèlement, l'attaque des personnes et des biens qu'ils étaient censés protéger. Je m'épuisais à lui répéter en vain qu'elle n'était pour rien dans le dérèglement psychologique de Jules, qui pouvait être causé par un simple parasite de l'oreille interne - le premier diagnostic du Dr Vong. Quant à Victoire, son propre traumatisme et l'ascendant qu'exerçait sur elle le labrador en faisaient la complice involontaire de ses troubles de la personnalité.

Mon héros s'étonne que je le fixe à tout bout de champ, stylo en main, l'air en attente, concentré, discrètement quémandeur - un peu comme lui quand il me réclame une promenade. Mais là, c'est pour puiser l'inspiration dans ses yeux. Lui piquer une attitude, une réaction, un état d'esprit qui me permettront de décrire au plus juste son caractère, de faire partager ses débats de conscience à des lecteurs inconnus.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Bâtons à message, Tshissinuatshitakana : Joséphine Bacon

Bâtons à message, Tshissinuatshitakana : Joséphine Bacon

De retour de ma découverte canadienne au salon du livre de Genève, j'aborderai la poésie sous la main réaliste et innue de Joséphine Bacon. Le Canada, terre multiculturelle, nous ouvre les bras.

 

"Bâtons à message" constitue son premier recueil de poésie. Dans celui-ci, Joséphine Bacon a de nombreux messages à faire passer par le biais de ses écrits. Elle transmet la parole muette de ses ancêtres. Elle n'oublie pas ses racines et prône un respect de cette richesse incroyable. Pour une découverte plus subtile de ses écrits, les poèmes sont traduits dans les deux langues.

 

Ces poèmes transpirent ses craintes de l'oubli d'une culture encore vivante. La tribu Innue Essipit réside au nord du Saint-Laurent. Les Innus essaient de transmettre aux générations futures le respect des traditions. Ce peuple nomade, à force de brimades, a dû se sédentariser. La communauté vénérait le Maître du caribou, les colonisateurs leur interdisent ce culte afin qu'ils croient en Dieu. Les rébellions et les guerres ont eu raison de leurs repères culturels.

 

J'ai sélectionné trois poèmes magnifiques et puissant. Cette poétesse est vraiment la porte-parole idéale pour son peuple.

 

Entrez dans son tipi et laissez-vous porter par cette voix porteuse d'espoirs!

mon clan est l'ours
mon clan est le chevreuil, le bison
castor, anguille
je suis mohawk
seneca
oneida
onondaga
cayuga

Moi, fils de louve
moi, fils de guerrier
ma nation crie sa révolte
et parcourt dans ses rêves
ces espaces qui autrefois
l'accueillaient comme un fils
glorieux ayant su
protéger les siens
la terre de ses ancêtres
dans l'horizon sans dimension...

Moi, fils de louve
moi, fils de guerrier
parmi toutes les guerres
je reste fils d'une terre
qu'on m'arrache, me soudoie
on m'écrase, on me tue
mais toujours, je resterai
guerrier de cette terre
qui a vu naître nos mères
nos pères et nos enfants.

Mon enfance
n'a de visage
que les coups
reçus,
muette
face au soleil levant

Que reviennent
les premiers pas
de la saison de ma naissance

Ce matin,
le regard vidé par la faim,
j'avance vers ton sein nourricier

femme , tu me nourriras
et je poursuivrai
ma marche

le découragement n'existe pas
quand on sait
que nous nous reverrons.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le vertige des falaises : Gilles Paris

Le vertige des falaises : Gilles Paris

Une prison à ciel ouvert !

 

  L' Île renferme des secrets inavoués. Les silences sont plus lourds de sens que des mots bredouillés. Les mensonges enferment cette famille au bord de l'asphyxie dans cette maison vitrée au bord des falaises.

   Marnie, adolescente, assiste à l'enterrement de son père puis de son grand-père. Cela ne semble pas l'affecter. Cette enfant, rebelle, fuit la réalité, se réfugiant derrière des non-dits. Après tant d'années à côtoyer les silences, les mensonges, elle s'est forgée le caractère des insoumis. Les hommes ne prendront pas le pouvoir sur elle. Marnie devient la bouée de secours de deux femmes à la dérive. Olivia, sa grand-mère, a subi des violences physiques de la part d'Aristide qui lui avait construit sa prison de verre. (Monument bâti sur les ruines de son enfance heureuse). Luc, le père de Marnie, abandonne femme et enfant pour se réfugier dans le jeu et les femmes de petite vertu.

 

  Dans ce roman choral, Gilles Paris aborde la violence silencieuse et vicieuse. Il bluffe le lecteur par les divers points de vue apportés.Trois femmes racontent leurs histoires, leurs espoirs et leurs désenchantements. Un roman polyphonique qui donne un pouvoir et une dimension plus accrue à la violence qui se décline sous le mode des coups portés, des cris étouffés, des silences et de l'abandon. 

   À ces trois femmes, il faut ajouter le poids étouffant et castrateur de l'Île (avec un Î majuscule comme une personne à part entière) et le pouvoir de cette maison construite de verre et d'acier qui emprisonne jusqu'à l'agonie.

 

   Ce roman est puissant de rage et de douleur. L'intensité du mutisme accable le lecteur qui voudrait crier pour ces femmes et qui reste impuissant face à l'inconcevable. Gilles Paris agit en maître des sentiments, disséquant, analysant les moindres recoins de l'âme. 

 

   De nouveau, je reconnais à cet auteur ces lettres de noblesse. Encore une fois, je suis restée muette et triste de laisser ses personnages. Dans les romans de Gilles Paris, le lecteur souhaite prolonger l'histoire. Cet auteur a le don de vous faire aimer ces enfants, ces femmes et ces hommes. Le lecteur devient le confident de ces êtres en détresse. Chez Gilles Paris, le lecteur retrouve une sensibilité fine et infinie et une note d'optimisme magnétique.

 

 

- Toi, tu as des yeux, alors profite de ce miracle. Regarde tout, même ce qui est insignifiant, dis-toi que les couleurs ont des nuances, ou des formes, moi je les invente, ce n'est pas pareil. Je ne les ai jamais vues. Toi, il te suffit de soulever la paupière, Je n'essaie pas d'être aveugle, je le suis depuis ma naissance.

(...) Prudence et Géraud ont tenu leur promesse, c'était notre pacte. Aristide a cessé de fréquenter l'église et Côme s'est habitué à ma seule présence. Ni Luc, ni Rose, ni même la petite ne s'en sont doutés et je dois avouer que j'ai su conserver les apparences avec un certain panache. Même si les fêtes et les dîners ont cessé à Glass, en dehors du mariage de Luc et de Rose. La violence m'avait ôté toute joie de paraître . Les portes et les murs épais de Glass ont enterré le reste. La disparition d'Aristide ne m'a ni soulagée, ni attristée. Pour moi l'homme du parasol était mort depuis longtemps. Je cachais quelques pelures d'oignon dans une petite boîte à pilules qu'il m'a suffi de respirer le jour de l'enterrement. Il fallait que l'Île et les miens me voient pleurer. J'avais vécu quarante ans auprès d'un monstre et nous étions quatre à le savoir.

De toutes les maladies, même les plus mortelles, celle-ci s'est imposée comme la plus injuste. La violence est une maladie de l'âme, qu'elle soit sous l'emprise de l'alcool ou de la colère. Rien ne la soigne vraiment sauf peut-être la mort qu'on vient à souhaiter comme une délivrance.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

Les français et moi (chroniques drolatiques (enfin j'espère) : Philippe Chevallier

  Découvrons Philippe Chevallier dans un autre registre ! Oui, Monsieur, le comique de service, s'essaie aux chroniques donc à l'écriture. L'aventure est audacieuse mais déride les plus récalcitrants.

 

  Philippe Chevallier dissèque les vices et les travers des Français donc fatalement de lui-même. Les séquences brèves de ses chroniques tiennent en haleine le lecteur avide de se corriger ou pas. Car le charme du français réside dans sa faculté de pouvoir rire de lui-même sans se formaliser sur le moyen utilisé. (Après ça, c'est vous qui voyez !)

Chroniques drolatiques, l'objectif est atteint!

 

 

Prenons le délicieux et sympathique : "Oh, mais vous ne changez pas !" Les trois quarts du temps, ça signifie : "Tu parles, vieille morue, t'as toujours eu la gueule de traviole avec du poil au menton, même à 30 ans, c'est pas maintenant que ça va s'arranger ! En plus, tu pues du bec !"

DE L'ART D'ÊTRE FRANÇAIS

Dans un pays aussi ancien culturellement que le nôtre, les traditions sont pérennes et font parfois la vie dure aux tentatives pourtant nombreuses d'adaptation à la modernité. Comme dans une pièce de Feydeau ou sur les photos de Doisneau, il semble que nos travers composent cette part de nostalgie à laquelle nous tenons, car c'est avec eux que nous nous sentons le mieux. Si nous sommes toujours en train de râler, c'est parce que nous avons, plus que d'autres, le sentiment d'être légitimes : nous avons été longtemps les meilleurs, les plus grands, les plus forts, les inspirateurs, les novateurs...Aujourd'hui, où nous sommes réduits à une portion plus congrue, on a envie de montrer au monde qu'on a encore de beaux restes...

Sur la Seine, retour des jeux nautiques à partir du printemps. Le ski et la joute seront remis à la mode, ainsi que les courses d'hommes-grenouilles et la pêche à la ligne. Les ballets nautiques de Muriel Hermine, accompagnés par l'orchestre de Tony Ripoll et son orchestre, seront de nouveau programmés sur le lac Daumesnil, mais avec des nageuses recrutées parmi les filles du bois de Boulogne. Je remplacerai Paris Plages par des cabines de bain exclusivement réservées à l'usage de massage thaïlandais et ce, dans le but de soulager la fatigue du travailleur du mois d'août.

Moi, maire de Paris, je rétablirai les jeux du cirque aux arène de Lutèce. Avec des attractions pour les petits et les grands : lotos géants, sudokus en famille, lancers de nains et bien entendu, catch féminin dans la crème au chocolat...Avec des noisettes le dimanche.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 > >>