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Articles avec #p'tit polar entre amis catégorie

Du rififi à New-York : Auguste le Breton

Du rififi à New-York : Auguste le Breton

1962, une année difficile dans la police new-yorkaise !

 

   Mike, un flic appliqué, travaille d'arrache-pied pour résoudre des meurtres : chose qui ne manque pas dans les règlements de la pègre italienne. La mafia est impliquée dans les paris clandestins, la drogue, la prostitution et aussi les braquages. Pépère, le père de Mike, travaille dans le bureau chargé du contrôle des plans de la ville et en parallèle traficote avec ses amis émigrés d'Italie. Un jour, il joue aux courses l'argent qui ne lui appartient pas.

 

   Là, il signe son arrêt de mort. Cependant, l'Oranais qui ne supporte pas l'injuste vient en aide à ce grand-père. Cependant, tout service rendu doit être remboursé dans le milieu du crime. 

 

   De simple encaisseur de paris, il devient l'un des plus féroces braqueurs de banques. Mais dans son univers, tout ne se passe jamais comme il voudrait.

 

   Ce roman policier commence par une longueur pour planter le décor. C'est surement mon désir de me confronter à l'action qui me permet de juger ce début de roman trop lent. Cependant, au moment de l'action, le rythme est soutenu et l'action est décrite avec brio (je désigne une seule action car je ne voudrais pas vous dévoiler le secret de l'histoire, finement agencée). Les caïds n'ont qu'à bien se tenir, Auguste Le Breton les tient du bout de sa plume. 

 

   Les descriptions ajoutent du piment à l'action (Bienvenue dans les égouts de New-York !). Les liens d'amitié ont une place importante dans cette phase de description. Ils fixent les règles et la loi du milieu a les siennes. Des amitiés se créent néanmoins le respect et la parole donnée peuvent réduire au silence des amis trop bavards.

 

   Bonne promenade dans un New York en prise avec sa délinquance. N'oubliez jamais de vous munir d'un 38 car les rues sont parfois encombrées de gens malveillants. Les innocents sont parfois les plus méchants.Dans la pègre, il faut toujours savoir se fondre dans la masse. 

 

 

Un soir, Louis avait cédé. Il s'était laissé entraîner et avait vu Mike qui avait alors près de dix ans, l'âge de son fils mort. Son père, gangster d'Ocean Hill, avait laissé ses os en 1939 dans une histoire de Rififi. Et sa mère, employée de night-club, qu'il avait vue succomber à la drogue jour après jour, venait à son tour d'en finir avec sa putain de vie, le laissant complètement orphelin.

- Pas dans le dos au moins ! implora l'Oranais. C'est dégueulasse.
- O.K. fit Steve, qui cria aussitôt : Bob !

Le nom résonna dans la rue déserte et sombre. Le jeune mécano se retourna juste comme Sam levait son bras court. Trois détonations explosèrent dans le silence. Frappé en pleine poitrine, Bob tournoya sur lui-même, poussa un léger cri, et se cassa en deux avant de s'écrouler au milieu de la colonne de vapeur. A part ses pieds qui dépassaient, tout le reste de son corps paraissait déjà appartenir au néant.

Le garde lui fit face, sa bouche s'arrondit, ses yeux aussi. Steve venait de plonger sa main gantée dans un vaste portefeuille contrôlé par une longue chaîne, et ce qu'il tenait n'était pas le collier de la Reine, mais un colt 45. Le garde se tâta machinalement, comme s'il croyait à une blague, comme s'il croyait que l'autre lui avait engourdi son flingue qui était pourtant un spécial 38. Mais Steve lui coupa ses espérances.

- Un cri, un geste, un souffle et ... Allez, demi-tour. On descend. Vite.

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Colère noire : Jacques Saussey

Colère noire : Jacques Saussey

   J'avoue lire beaucoup et vouloir rattraper mes années sans lecture. Donc je découvre des auteurs reconnus et dont malheureusement je n'avais jamais découvert le talent. 

 

   Jacques Saussey fait partie de cette catégorie. Cependant, la découverte de son dernier roman publié aux  Editions French Pulp m'a redonnée l'envie de découvrir des romans policiers.

 

   Un homme, puissant, en lien avec la politique et les affaires (parfois obscures) est retrouvé électrocuté dans sa baignoire. Tout porte à croire à un accident tragique (à la mode Claude François) mais cela est sans compter sur un policier de génie au flair infaillible. L'enquête s'avère palpitante. Quelques ombres au tableau attestent que cet accident est bien un meurtre. D'autres morts suspectes se greffent à l'intrigue principale. Pas de doute, l'enquête semble mener à des personnages puissants.

 

   Le lecteur est tenu en haleine et voudrait bien comprendre les raisons de cette mort trop suicidaire. L'action regorge de rebondissements. Aucun doute, quelqu'un tire les ficelles de cette fâcheuse affaire mais qui? Jacques Saussey sème des informations au fur et à mesure de l'avancée de l'enquête.

 Les éléments se dissolvent au détour des pages. L'action ne manque pas de suspens et de piquant. Jacques Saussey laisse ourdir les stratégies machiavéliques de ce meurtrier de l'ombre. Aucun nom, des conversations cachées, des actes puissants et déterminés tissent la trame de ce roman policier qui tient en haleine son lecteur. Le lecteur émet des spéculations mais se fait balader par le talent de cet auteur prolifique.

 

  Envie de découvrir un vrai polar, c'est dans la lecture de "Colère Noire" que votre envie d'enquête se concrétisera.

Tous ses amis politiques lui tournaient le dos, au fur et à mesure que la réussite se dérobait. Et pourtant, il avait mouillé sa chemise pour certains d'entre eux. Il avait aider à financer des campagnes, à bâtir des carrières, à générer des courants d'influence. Il s'était même parfois sali les mains, mais toujours avec intelligence, sans se faire prendre, sans laisser de traces. Mais pour cette sorte d'amis, la reconnaissance n'était qu'un mot vide de sens, et il se retrouvait aujourd'hui seul devant ses problèmes, seul face au néant qui s'ouvrait devant lui. Un gouffre qui allait l'engloutir s'il ne réagissait pas rapidement. Il se sentait vulnérable, sentiment extrêmement désagréable auquel il n'était pas habitué, et qu'il s'apprêtait à rejeter avec violence.

Il entrouvrit la fermeture de son sac et posa la main sur l'étui en cuir, cherchant dans ce contact un peu de force dont il allait avoir besoin au cours de la nuit. Ses doigts suivirent les courbes de l'arme sous la peau de cerf, et il avala la boule de salive qui lui était montée dans la gorge.
Tout allait bien se passer.
Demain soir, tout cela ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
Un très mauvais souvenir.

Taillard et Diran s'étaient affrontés, ils avaient perdu tous les deux. Magne jeta un regard désabusé sur son insigne et son arme posés sur le sol. Des hommes comme eux, son monde à lui en était rempli, à Paris comme dans les recoins les plus isolés du monde. Il n'y aurait jamais de fin à cette lutte.

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La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

   Méfiez-vous de tout ! Les écrits déroutent la vérité, mais quelle vérité ? La vôtre ? Celle des faits? ou votre volonté à la masquer?

 

   Un auteur de génie se retrouve confronté à un dilemme : avouer la vérité à sa femme sur sa liaison et la naissance d'un futur enfant ou se débarrasser de l'élément perturbateur. Son choix est enfin arrêté cependant la suite des évènements risquent de corrompre les éléments. 

 

 Qui est donc Henry ? D'où vient-il ? Et ce cadavre encombrant (pas celui dans le placard, quoique? mais celui plongé dans la mer) ? Ce camarade de retour du passé? Et enfin, cette police bien conciliante à son égard? 

 Sans aucun doute, vous y perdrez votre latin (si vous l'avez possédé un jour- cela reste votre part de vérité-.)

 

 Ce thriller questionne tous les fondements du principe de vérité. Le lecteur est promené comme un pantin dans les divagations du protagoniste. Les détails de l'histoire perturbent le lecteur qui engrange de nombreuses difficultés sur le caractère insaisissable, narcissique et pathologique du narrateur. Néanmoins, la volonté de connaître la vérité taraude le lecteur.

 

 Rien à faire : Vous lirez ce roman policier jusqu'au bout !

(...)Il serait resté invisible - un art en soi. Certes, la lutte pour la vie est excitante, c'est le manque qui donne du prix aux choses, l'argent perd sa signification dès lors qu'on en possède en abondance. Tout cela est vrai. Mais l'ennui et l'indifférence ne sont-ils pas un tribut acceptable en échange d'une vie de bien-être et de luxe, et en tout cas préférable à la faim, à la souffrance et aux dents gâtées? On n'a évidemment pas besoin d'être célèbre pour être heureux, d'autant qu'on confond trop souvent popularité et valeur, mais depuis qu'Henry avait quitté l'obscurité où se meut tout un chacun pour entrer dans la lumière de l'homme d'exception, il jouissait d'une existence incomparablement plus confortable. C'est pourquoi il ne s'occupait depuis des années qu'à maintenir le statu quo. Il n'était pas question pour lui d'en obtenir plus. Là-dessus, il demeurait réaliste. Même si c'était ennuyeux.

Il décida de vérifier. Au kilomètre huit, il tourna en direction de la falaise - au milieu de rentrer à la maison, ce qui aurait été beaucoup plus raisonnable, mais tout amateur de polar sait que les meurtriers reviennent fréquemment sur les lieux de leur crime, où ils se font arrêter. Ils le font parce qu'ils sont sentimentaux, parce qu'ils sont curieux de savoir, comme tout être humain, certains le font par vanité et d'autres par regret, ils suivent l'appel de leur conscience. Une dernière catégorie le fait par scepticisme, ceux-là ne veulent pas croire qu'ils ont vraiment été capables de commettre un tel acte. Quant à Henry, après sa visite à la morgue il était arrivé à la conviction que la police croyait à un accident. Il n'y avait donc aucune raison de ne pas aller vérifier où gisait sa femme et ce qu'il était advenu d'elle entre-temps. C'est ce que Martha aurait attendu de lui, pensait-il.

Henry Hayden disparut sans laisser de traces avant la parution du roman. Contre toute attente, le livre ne fut pas un best-seller. Les critiques écrivirent que la fin était perturbante et bizarre. Un an après la disparition de Hayden, Obradin Basarié reçut une carte postale non signée, sur laquelle il était écrit à l'encre marron, d'une écriture fine :
Toujours seul plutôt que jamais.

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Un parfait témoin: J.B. Livingstone

Un parfait témoin: J.B. Livingstone

Le corps sans vie d'une Lady de la gentry, sauvagement assassinée, est découvert dans son salon. Une statuette jonche sur le sol. Un témoin oculaire certifie avec exactitude avoir vu l'assassin : la meilleure amie de la victime. Scotland Yard mène l'enquête et l'accusée est très vite incarcérée.

Cette arrestation n'est pas du goût d'un ami de Lady Drusilla Wharton qui fait appel à un ancien agent dont les états de service sont irréprochables.

Higgins reprend les investigations, remonte des pistes douteuses, émet des hypothèses farfelues. Le couple emblématique composé d'Anna-Lisa et du colonel Schipper s'étiole au fil de l'enquête. Une union parfaite qui peut révélée bien des secrets.

Qui a asséné le coup fatal ? L'assassin a-t-il agit seul? Quel est donc ce mobile qui a poussé au crime?

Les étaux se resserrent, les témoins doutent, les masques tombent. L'issue de l'enquête est proche.

 

J.B. Livingstone balade encore une fois son lecteur dans des supputations qui se révèlent infondées et qui par des rapports insoupçonnés donnent de nouvelles pistes. Ce romancier arpente les rues de Londres comme un véritable guide touristique, donnant des leçons d'architecture, d'urbanisme et d'art. Il décime des règles de l'art de la guerre, rappelant les efforts des patriotes anglais. Il flagelle de manière douce mais efficace les traîtres à la patrie. L'auteur dessine au crayon forci la bourgeoisie de l'après Deuxième Guerre.

 

Dans son écriture, le mot est juste et la réplique appliquée avec efficacité. Les indices se dévoilent de manière rythmée sans farandole. Les déambulations du détective sont un moyen d'accompagner le lecteur dans sa réflexion et de rassembler les éléments du puzzle.

 

Christian Jacq (véritable nom de l'auteur) donne à l'illustre Scotland Yard un nouveau visage à travers des enquêtes intéressantes menées par un ex-inspecteur-chef Higgins. Le roman débute par la scène de crime ce qui permet de mener une enquête sur des indices déjà exploités par la première enquête.

 

Une belle enquête digne d'Agatha Christie!

Sans l'art, la vie n'avait aucun sens ; sans lui, l'histoire humaine n'aurait été qu'une longue litanie de guerres, de massacres et de tueries, une interminable liste de tyrans et de despotes qui n'avaient d'autre ambition que d'exercer le pouvoir. Drusilla Wharton haïssait Napoléon, Hitler et même les militaires anglais qui avaient semé la terreur et la désolation aux quatre coins du globe ; non, ils n'étaient pas des héros, mais des bouchers assoiffés de sang. Les vrais héros se nommaient : Fra Angelico, Dante, Léonard de Vinci, Turner, Van Gogh et tant d'autres, sans oublier les génies anonymes qui avaient orné les grottes de Lascaux ou les tombes de la Vallée des Rois.

- L'accuseriez-vous de corruption?
- Je n'aurais rien pu prouver, et vous ne pourriez rien prouver, tant d'années après les évènements ; le colonel a simplement utilisé sa position privilégiée et ses relations pour favoriser des notables anglais et des potentats locaux, lesquels lui furent reconnaissants de sa générosité ; à chaque voyage vers l'Angleterre, il emportait des pierres précieuses et autres trésors dont le fisc n'a jamais entendu parler.

- Quand vous vous êtes introduit dans son hôtel particulier, vous pensiez qu'elle était absente ; voler ses bijoux vous aurait rapporté un beau magot. Mais elle se trouvait chez elle, et vous n'avez eu d'autre solution que de la supprimer.

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Deux petites filles : Cristina Fallaras

 livre-2-0001.jpgUne descente aux enfers et sans filet dans les quartiers glauques de l'Espagne. Le lecteur retient son souffle dans la déchéance humaine. L'écriture froide et sans retenue donne à ce roman une tessiture brute.

 La drogue, la prostitution infantile s'assimilent à l'alcool, à la mort et aux trafiquants. Aucun travers de l'homme ne réchappe à la violence. La saleté et la moiteur suffocante de l'été à Barcelone créent une atmosphère encore plus atroce.

 La barbarie d'un double meurtre perpétré contre deux jeunes enfants pousse Victoria González à revenir sur ses années de galère et à fréquenter les pires délinquants.

 Les seuls alliés qui restent fidèles à cette détective, sont un amant-flic et un ancien drogué, addicte à la bière brune.

 L'enquête sur les tortures infligées à ces enfants mène Victoria sur les traces d'une famille dispersée et odieuse, d'une mère droguée et absente, d'une mère "de substitution"obsédée par la sauvegarde des espèces phoques et enfin tous les trafiquants de pornographie enfantile.

 Le noir devient la couleur dominante et aucune lueur d'espoir transpire entre les pages.

 Dans ce livre, Cristina Fallarás décrit les techniques pour tuer les animaux domestiques ou pas. Méfiez vous des assassins de poissons rouges ou de hamsters, ce sont les plus redoutables. Le meurtre du chien apparaît comme un acte barbare des plus élaborés.

 

 Ce livre a reçu le prix Dashiell Hammett en 2012

 

 Voici quelques citations tirées de ce polar:

 

 "Putain de pourriture de junkie chauve et obèse. C'est ce qu'il se dit, junkie tueur d'enfants, violeur, enculé de bâtard, je vais te faire ravaler tout ton or et tu vas crever en vomissant des pièces, ogre féroce des contes les plus atroces, il se dit, ogre qui dévore les petites cuisses des petites filles engraissées juste à point. Mais il n'a pas assez de rage accumulée. Genaro sait ce qu'il faut, et il tient bon. La rage, plus de rage, jusqu'à l'aveuglement. Il a besoin de se repasser les images qui font vomir, elles sont parfaitement conservées dans sa tête, déversées, une à une, dans le bon ordre, de la vidéo à son cerveau, sa pauvre tête qu'il croyait pourrie mais qui s'est révélée vierge devant l'horreur absolue. Il remarque que les paumes de ses mains deviennent moites et il met en route la bande-vidéo qu'il conserve tout au fond de son âme, cette pauvre âme qu'il croyait desséchée mais qu'il a fini par entendre hurler sans répit."

 

 "Voir le commissaire s'inquiéter pour son bien-être provoqua un grand plaisir à Vicky. J'aime ça, se dit-elle, et elle se dit aussi que dans le fond il fallait reconnaître qu'il avait en partie raison, mais cela lui était impossible. La seule condition qu'elle était imposée pour mener à bien sa maternité, c'était de ne pas céder à l'envie de la prendre au sérieux, de ne pas la laisser s'immiscer dans son quotidien. Elle avait cédé sur les médicaments, les drogues et l'alcool pour des raisons évidentes, elle était parvenue à les rayer d'un trait de plume, ce qui était déjà plus que ce qu'elle-même aurait pu prévoir, mais elle ne voulait pas se transformer en mère exemplaire, elle avait décidé qu'elle ne pouvait pas se permettre ce luxe et que cela ne lui faisait pas envie."

 

"Une fois le poisson tiré de l'eau et déposé sur une surface, observer ses convulsions, qui seront d'abord violentes avant de perdre lentement de leur force, jusqu'à l'exténuation complète et la mort.

 Jeter l'être mort à la poubelle et déguster un martini sans olive."


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Le manuel du serial killer : Frédéric Mars

 serial-killer.jpegLe meurtre d'un enfant est un acte insoutenable mais quand cet acte n'est pas isolé, la police penche sur un tueur en série. Cette affaire rappelle étrangement des faits similaires qui se seraient produits dix ans plus tôt.

 La technique utilisée s'avère être identique à la méthode exploitée par Pomeroy durant ses empoisonnements. Cependant, la justice a exécuté ce monstre donc comment un livre reprenant méthodiquement le déroulement de ces actes a pu être publié. Tom Harris et son binôme littéraire vont remonter une piste qui risque de faire voler en éclats la réputation de la justice et du milieu psychanalytique.

 Ce roman est haletant. L'atrocité des violences infligées révolte le lecteur qui désire d'une page à l'autre participer à l'enquête. Le fait que Tom Harris soit un étudiant défiguré apporte une note de crédibilité supplémentaire. Ce personnage est à la fois manipulé et manipulateur. Le point de vue interne permet de connaître le ressenti de Tom. Il est perçu comme un étudiant fragile et intelligent. Le lecteur doute parfois de sa sincérité mais lui accorde le bénéfice du doute. Sa culpabilité feinte ou non remet en doute l'idée de vérité. Est-il un usurpateur ou est-il le véritable assassin?

 Ce roman psychologique, basé sur le doute, accapare le lecteur, le retranche dans ses vérités absolues. Qui du narrateur ou du lecteur détient la clef du mystère?

 Frédéric Mars, auteur de "NON STOP", plonge le lecteur dans ses névroses et ses angoisses. Il saisit le lecteur dans sa chair. Il lui assène par intermittence des coups de semonce comme une névralgie qui cogne contre sa boîte crânienne. Nul besoin d'aspirine, le lecteur terminera le roman pour se débarrasser de ses doutes. Néanmoins, est-ce que les doutes se dissiperont réellement?

  Un thriller où le doute est un compagnon de route!

 

 Voici quelques citations tirées du roman:


 "Lucy French. Il faut que je la voie. Vite. Je ne peux pas continuer comme ça. Je ne suis pas fait pour être un nouvel ange de la mort appelé auprès de tous ces enfants. Je ne suis pas blindé comme Kennedy ou le légiste, cynique comme Reily, passionné comme Sophie. Je ne supporterai pas le spectacle d'un corps sans vie une fois de plus. Encore moins cette puanteur épouvantable. J'ai déjà bien assez de cette mort qui trotte dans ma tête. Je ne veux pas de la leur. Je n'aspire qu'à un peu de vie, même planqué, même coupé de tous."

 "Contrairement à ce que prétendent nos amis les psychiatres, le tueur en série ne transforme pas l'impuissance et les avanies d'hier en une toute-puissance morbide d'aujourd'hui. Il ne fait que réaliser la force potentielle, extraordinaire, qui existait en lui dès l'origine. Tuer ne vient pas venger ou compenser un état antérieur de victime. Tuer est l'acte fondateur dans lequel chacun révèle à lui-même son propre pouvoir."

 "Je ne suis pas le premier à le dire, mais le fait mérite d'être rappelé ici : tuer n'est pas une chose simple. On n'élimine pas une vie humaine comme on prend son café ou comme on sort sa poubelle, l'esprit vagabond, le geste relâché. Celui qui n'a jamais commis d'homicide ne mesure pas la somme de préparation en amont, mais plus encore de force et de détermination que cela requiert durant l'acte proprement dit. Oh oui, cette concentration parfaite qu'exigent les gestes fatals, cette tension absolue."


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Vertiges Mortels : Neal Baer & Jonathan Greene

 les-livres 0056L'association d'une psychiatre spécialisée en médecine légale et un flic, au passé trouble peut mener à une enquête sur un tueur en série.

 Claire, une femme particulièrement bien dans ses baskets extérieurement, cache le lourd secret de la disparition de sa meilleure amie; se trouve embrigadée dans une enquête qui dépasse ses compétences. Lors d'une analyse psychiatrique afin de déterminer si un détenu peut sortir de prison, elle ouvrira la boîte de Pandore.

 Les "prostituées" blondes jonchent les rues de la ville. Nick, un flic mis au rencard pour une affaire de suicide douteuse, est appelé en renfort.

 Cette enquête ramène chaque protagoniste à ses propres terreurs. Le côté psychologique de ce thriller est haletant. La question principale est de savoir si un fils ou une fille d'un tueur en série doit porter le poids de cette ignominie sur ses frêles épaules.

 La première chasse à l'homme contre Quimby pousse Claire dans ses moindres retranchements. Elle devient la cible de ce tueur. Désire-t-elle sa propre mort pour se purger de son immobilisme lors du kidnapping de son amie? Désire-t-elle répondre à cette question qui gangrène son esprit : Pourquoi?

 

 Ce thriller, écrit par les deux scénaristes de la série télévisée "New York Unité Spéciale" vous tiendra en haleine. Le lecteur devient un membre indissociable de ce duo porteur de nombreux cadavres dissimulés dans leurs placards. Le lecteur doit rester vigilant car des indices s'émiettent durant le roman. Il doit se méfier des appartements trop bien rangés qui révèlent dans leurs tiroirs un désordre bien sordide.

 Ce roman se scinde en deux parties pour révéler deux enquêtes palpitantes qui se réduisent à une seule à la fin du livre.

 

voici quelques citations tirées du thriller:

 

"Dans l'esprit d'un flic de la Criminelle, cela faisait de Lizzie Masterson l'espèce de victime la plus pure, la moins justifiée, la plus innocente pour un meurtre - et la plus intéressante aux yeux de la bête carnivore qu'était la presse new-yorkaise, dont les pages avaient été couvertes pendant des mois par la photo de sa remise de diplôme, accompagnée de clichés à sensation provenant de la scène du crime et obtenus illégalement."

"La saga de Todd Quimby devenait plus qu'une simple chasse au tueur en série. Il faisait maintenant partie d'un authentique mystère médical, dans lequel Claire pourrait vraiment mordre à pleines dents. Mais elle devait prendre soin de ne pas laisser Curtin, ce gorille de deux cent cinquante kilos, lui atterrir sur la tête."

"-Je comprends. Mais laissez-moi vous dire une chose. Pourquoi est une question surfaite concernant les morts. Pourquoi ne fait parfois qu'empirer les choses. Parce qu'il n' y a pas de bonnes raisons à un meurtre. Et parfois, des horreurs arrivent même aux meilleures personnes. Trouver Amy ne va pas ramener votre petit ami."


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Tout du Tatou : Pierre Hanot

 les-livres-0060.jpgVous me direz une prostituée noire qui se fait violer par un pervers, cela est monnaie courante. Mais Fatimatou n'est pas du style à laisser son violeur en liberté. Elle ignore que sa plainte va se retourner contre elle.

 D'un autre côté, elle n'est pas seule dans une embrouille. Zoran, lui, par ailleurs a atteint les sommets du grand banditisme corse. Il faut se méfier quand on abat un "néo-nazi" possédant une drogue redoutable: le V13. Comprenez bien que ce vendredi 13 fait atteindre le nirvana aux plus toxicomanes en revanche la chute est brutale.

 Dans ce roman policier, qui tire les ficelles? Le lecteur doit slalomer entre les proxénètes, les bipolaires, des motards néonazis et des flics douteux. L'enquête s'avère difficile. Hélas, dans ce genre de milieux, la fin est souvent tragique. La manière forte se décline de manière douce ou bestiale.

 On ne décide pas de devenir dealer, cette vocation est acquise depuis le plus jeune âge. Si un paquet transite dans les mains d'un novice, il sera nécessaire de lui expliquer le maniement des armes car ceux de l'autre camp feront tout pour le récupérer.

 Ce roman est rythmé par des assassinats, des courses-poursuites, des fuites et des rencontres de dernière heure. Les dialogues sont intenses, violents et justes. Le lecteur devient Zoran qui tente de faire affaire avec la mafia et qui désire échapper à son destin en devenant riche. Cependant, il ne choisit pas le bon moyen d'y parvenir. Si son désir de vie paisible le taraude, c'est la mort qui se profile à l'horizon.

 Les actions s'enchaînent retenant le lecteur en haleine.

 Pierre Hanot remet en doute la confiance que l'on peut avoir entre collègues de travail quel que soit le côté de la barrière où le héros se situe. Dans ce roman, il n'y a pas de héros proprement défini, il pullule d'antihéros qui vivent sur le fil du rasoir. Chacun possède une part d'ombre et la criminalité regorge de personnage en rupture avec la société.

 Vous décrocherez de ce polar qu'à la dernière page car vous ne pourrez rester dans l'ignorance du destin de Fatimatou et de Zoran.

 

Voici quelques citations tirées du polar:

 

"Quand tu viens de la cité de la Paix, le bidonville de Douala, et que tu as vécu dans la misère, les jérémiades des faces de craie, ça te fait doucement marrer.

France, terre d'accueil, quelle arnaque ! Fadimatou n'avait pas choisi le trottoir par vocation : dès son arrivée à Montreuil, elle avait dû se débrouiller avec ce qu'elle avait sur elle."

"Fadimatou, une Africaine pour l'exotisme et Pamela, une rousse diplômée SM et fétichisme. Avec elles, il couvrait l'ensemble la palette, United colors, le Benetton du tapin. Elles démarchaient sur le web, il garantissait le contrôle parental, la régulation des flux et engrangeait les dividendes."

"-Pas si pourrie que ça! avait protesté Lucky. Pourquoi tu crois que ça s'appelle V13? Vendredi 13, jour de chance : un snif et tu décroches le gros lot, la super cagnotte de la déglingue ! Deux atouts en un, le yoyo, tu planes et tu speedes : tu vois des trucs géants puis tu pars en piqué, haute voltige ! V13, la défonce certifiée Peenemünde, de la bombe volante ! Reconditionné, ce crystal hallucinogène vingt fois plus puissant que n'importe quelle méthamphétamine s'écoulera comme des petits pains ! Si tu marches dans la combine, après les treize kilos, y en aura trente, puis deux cents. Bénéfice net, la retraite à quarante piges."

 

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Un héritage compliqué : Philippe Gourdin

 IMG-copie-5.jpgDans la vie d'un détective, les affaires fluctuent. Parfois, elles se font très rares. Guillaume est un détective, pas comme les autres. Dans sa boîte crânienne vit un ange, Mikajoh, qui l'aide par ses remarques fantasques, dépourvues de sens à résoudre toutes sortes d'affaires.

 Guillaume hérite d'un château dans le vignoble bordelais. Ce château délabré garde dans ses entrailles, le corps d'un homme mort depuis douze ans. Cette enquête, non rémunérée, remet nos acolytes d'aplomb. L'endroit n'est pas sans déplaire à Mikajoh, amateur de grands crus. La dégustation des cépages protégés dans des caves permet de résoudre l'affaire en un temps-record.

 Qui a bien pu tuer cet homme, sans histoire, et le cacher dans un château abandonné? L'enquête, vous l'apprendra.

 

 Ce récit, mi-fantastique, mi-policier, se décante à la manière d'un Château Léoville Las Cases 1970. On le déguste avec légèreté et avidité.

 Philippe Gourdin, à la manière d'un oenologue, explique chaque élément de l'enquête. Le lecteur se laisse bercer par son développement. Il accepte sans sourciller qu'un ange puisse habiter le crâne d'un détective et admet que des "zorgs" réhabilitent un château en ruine.

 Les facéties du roman sont un breuvage envoûtant qui permet au lecteur de divaguer. L'esprit est embrumé par l'alcool absorbé.

 Pour les amoureux du bon vin, vous avez sonné à la bonne porte. Les papilles sont émoustillées par l'appellation des grands crus.Attention, la consommation d'alcool doit se faire avec modération et Guillaume le rappelle souvent à Mikajoh.

 Bonne ivresse livresque !

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

" Ma Porsche déguisée en Panhard a avalé les kilomètres ; et moi, je me suis senti un détective déguisé en riche propriétaire terrien. Ce qui m'a fait penser à une phrase de ce regretté monsieur Picsou : Dans la vie, on n'est pas toujours ce que l'on montre."

" Bizarre est un euphémisme. Il y en a qui cachent des choses ! Le commissaire n'a matériellement pas eu le temps de faire analyser la peinture pour la comparer à celle trouvée sur le cadavre et il a déjà prononcé la garde à vue."

"[...] Il prenait de toute évidence de plein fouet la rapidité injustifiée de son accusation de Trukchoul. Si cet homme possédait bien le véhicule qui avait tué le jeune homme, c'était conclure un peu vite à sa culpabilité sans avoir imaginé qu'une autre personne avait pu conduire la Ferrari. L'aveu facile de Trukchoul se justifiait d'autant plus que c'était pour protéger la mémoire d'un être cher."

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Le chien de Don Quichotte : Pia Petersen

 les-livres-0026.jpgÊtre un tueur à gages ne signifie pas que l'on ne peut pas changer. Hugo est un homme de mains qui ne rate jamais sa cible. Son palmarès est élogieux. Son patron, un mania des affaires louches, est un homme qui ne supporte pas que l'on défie son autorité.

 Quand des hackers piratent des informations compromettantes dans son logiciel informatique, volent son argent pour le redistribuer à des ONG, Esteban déploie toute son armée pour retrouver et punir ces cybervoleurs. Il fait aussi appel à Hugo pour régler de manière définitive le problème.

 Hugo rencontre, dans un bar, un prêtre qui lui offre un livre qui va perturber tout le reste de son existence. Une amitié entre Hugo et un chiot transforme ce tueur. Un homme armé devient souvent incontrôlable quand sa conscience le rattrape. Le bien et le mal sont des notions bien similaires et la limite qui les sépare semble infime quand un tueur décide de se repentir.

 

 Ce polar contient une foule de personnages en rupture avec leur société. Chaque protagoniste symbolise un malaise. Ils vivent en opposition avec le monde. Les hackers vivent reclus dans un monde superficiel qui les sécurise. Ils sont persuadés de pouvoir changer l'univers austère qui les oppresse. Ils communiquent entre eux par des écrans interposés. Ces amitiés virtuelles se concrétisent par la création du groupe V13. Ils recréent une famille comme Hugo veut se créer une famille avec son petit chien.

 Hugo est un homme d'honneur, avec une existence droite, avec ses propres valeurs. Il se noie dans son quotidien. Il s'oublie dans son travail. Il ne pense pas aux conséquences de ses actes. Mais s'inventer une vie, n'est pas vivre.

 Le prêtre a aussi une personnalité atypique qui remet en cause les lois fondamentales de la religion.

Chacun porte en lui une blessure et tente de donner un sens à son existence. Il mène leur propre guerre, chacun à sa manière.

 

 Voici quelques citations tirées du roman:

 

 " Il avait encore rêvé du Liban et du Tchad et tous ces morts qui continuaient à le hanter, tous ceux qu'il n'avait pas pu sauver. Il avait été un bon infirmier mais qu'est-ce qu'il avait détesté ce boulot. La guerre était violente, sale, il avait vécu dans l'enfer et il avait vu jusqu'où les hommes étaient prêts à aller pour se sauver, peu importe les autres. La monstruosité n'avait pas de limite. À son retour du front, il s'était inscrit au séminaire et au bout de quelques années, il en était sorti prêtre."

 " La cyberguerre nécessitait des compétences sans cesse développées et les réseaux de télécommunications étaient analysés, épluchés, examinés. La guerre de l'information pour l'information était déclenchée et celui qui détenait le savoir détenait le pouvoir et c'était avec le savoir qu'ils entraient dans les systèmes et influençaient le cours des choses. Les documents d'Athenar représentaient une vraie bombe et il cherchait à en savoir davantage."

 " Il regretta de ne pas avoir une arme, il aurait tiré sans hésiter. Il se dit qu'il ne s'était pas trompé, un philosophe n'était jamais un pacifiste, il avait toujours une guerre à mener parce que chercher le vrai était forcément violent, surtout que les hommes semblaient de plus en plus bêtes."

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