Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #p'tit polar entre amis catégorie

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

   Le pardon a toujours un goût étrange, il associe à la fois un désir d'oubli et à la fois un désir de vengeance inassouvi. La nuance reste toujours latente.

 

   Eric-Emmanuel Schmitt s'inspire de cette association saugrenue pour écrire des nouvelles qui feront douter le lecteur sur la notion du pardon. Les rencontres avec les protagonistes ne vous laisseront pas de marbre : Vous douterez de la douceur de cette charmante grand-mère; vous resterez fébrile devant cette paternité tardive; pardonneriez-vous le plus abject des crimes ?, prolongeriez-vous la vie de Saint-Exupéry?

    La structure des histoires ne suit pas un schéma structuré ou identique. Le lecteur perçoit ses morceaux de vie avec un regard neuf, celui du pardonnant. Cependant, méfiez-vous de cette image trop lisse de la femme aimante, de la soeur servile, du fils rédempteur et de la petite fille avide de rencontre. L'homme est un être ambivalent qui peut absoudre ou condamner. Nonobstant, le choix reste cornélien et force le respect.

 

   Si vous me demandiez de choisir une de ces quatre rencontres, je serais incapable de choisir. Mais me pardonneriez-vous cette absence de réponse?

 

   Mon premier coup de coeur pour cette rentrée littéraire !

Moïsette y réfléchit des semaines et se rendit à l'évidence : elle ne serait jamais sacrifiée parce qu'elle ne ressentait aucun attachement. Nulle affection ne l'inclinait à préférer sa soeur à elle. Au contraire. Voilà ce qui la choqua : elle découvrit que Lily l'aimait, tandis qu'elle ne l'aimait pas.
- Salope !
(les soeurs Barbarin)

Il se rappela le pari et décréta que l'aventure ne serait pas arrivée sans ce défi. En quelques secondes, il réaménagea ses souvenirs d'été, se peignit en manipulateur triomphant- James Bond en mission- et réussit à se redonner l'étoffe d'un héros. L'homme est ainsi fait que la culpabilité appartient aux émotions fugitives, le sentiment permanent demeurant l'estime de soi.
(Mademoiselle Butterfly)

- Dites-lui deux choses de ma part, maître. Dites-lui d'abord que je n'irai plus jamais le voir.
- Mais...
- Et dites-lui ensuite, maintenant qu'il a rejoint l'humanité...
Elle réfléchit, s'éclaircit la voix et prononça posément sa formule :
- Bienvenue en enfer !
Sans un mot de plus, elle raccrocha.

- Si tu avais été nazi, je t'aurais pardonné. Tu aurais commis une erreur, pas une faute. Après tout, pourquoi pas ? Chaque homme se fourvoie.Je répète aux jeunes qui jugent le passé qu'il s'avère simpliste de condamner rétrospectivement. Moi-même, j'ignore comment j'aurais agi, à ton âge, dans ton temps. Oui, papa, je t'aurais pardonné si tu avais adhéré au nazisme. Mais que tu le restes aujourd'hui ! Aujourd'hui!

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

BRONX LA PETITE MORGUE : Laurent Guillaume

   Plonger dans le Bronx où la violence raciale domine les laisser pour compte. Mike, fraîchement sorti de prison, revient dans son quartier malfamé. Il l'a quitté agonisant, il le retrouve moribond. Cependant Mike n'est pas de retour pour se lamenter; il doit régler ses comptes. Son frangin, flic "clean" a disparu dans d'étranges circonstances. Des soupçons, non fondé, salissent la réputation de l'ex-taulard. Et cela le chagrine, au point de chatouiller des voyous et des flics véreux. 

   Jusqu'où va-t-il énerver les caïds du Bronx?

 

   Sur fond de guerre des gangs, de prostitutions, de guerres raciales, Laurent Guillaume dépeint une Amérique divisée en deux. L'eldorado a des relents de pourritures, de camées. La drogue abandonne au passage des corps disloqués. 

    Ce polar noir et profond emporte son lecteur vers cette Amérique trop morbide que Manhattan tente de faire oublier. Mais le vice et la corruption régissent les privés du rêve américain. 

 

    Laurent Guillaume, ancien de la BAC, signe un polar à couper le souffle. A conseiller aux amateurs de texte fort et sans tabou !

"La guerre permet à certains de faire la démonstration de leurs capacités à accomplir ce qui, en temps de paix, serait considéré comme un crime. Pendant la guerre on appelle cela de l'héroïsme, du patriotisme, en temps de paix ça te vaut un séjour à Sing Sing...
- Je te trouve bien cynique.
- Je le suis. J'ai fait la première, la grande, et encore maintenant je me réveille en chialant."

"Peut-être que briser quelques os, faire tomber des ratiches et distribuer des coquards c'est un crime dans ce pays, mais n'oublie pas que le crime c'est le capitalisme des pauvres Micky, dit le gangster. Chacun des gus à qui je file du pognon sait à quoi s'en tenir. Je ne les prends pas en traitre. Aucune banque ne leur prêterait le moindre Buck. Alors ils ont Kerrigan. Avec moi pas de contrats, pas de garantie, pas de caution, bref pas de papelards à la con...On se serre juste la main. C'est un engagement de confiance...Comment qu'on dit déjà Lady?"

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Des conseils pour une nouvelle lectrice !

  Il y a quelques jours, une amie et collègue, très peu lectrice, me demandait des conseils pour ses vacances estivales sur son bateau. Comme une youtubeuse mode, nous nous sommes rendues dans une librairie afin de dévaliser les rayons. 

 

  Pour cet exercice, pour lequel je n'étais pas rompue, il m'a fallu dans un premier temps me mettre à la place d'une novice dans un magasin de porcelaine. 

  Après lui avoir posé quelques questions basiques, je me vocalisais sur ses envies. Il fallait répondre à ses attentes et effacer les miennes. 

 

  J'avais le devoir de me focaliser sur des livres de poche, plus pratique sur un bateau, peu onéreux car ils subiraient des retours de baignades, des gouttes de crème solaire, en bref les joies de l'été.

  Etant une nouvelle lectrice, il fallait des livres accrocheurs et plaisants.

  Voici enfin le moment jouissif, du toucher et de la possession ! Je vous laisse découvrir les petits bonheurs littéraires qui vogueront sur les flots.

 

un petit bonheur !

un petit bonheur !

Les vicissitudes du troisième âge !

Les vicissitudes du troisième âge !

Une enquête bien ficelée !

Une enquête bien ficelée !

Une femme en littérature !

Une femme en littérature !

Rencontre d'une lectrice avec son auteur préféré !

Rencontre d'une lectrice avec son auteur préféré !

   J'avoue avoir essuyé quelque refus avec un joli sourire. (je débute dans le métier !). Les livres remis dans les rayons n'apparaissent donc pas dans cette liste.

 

  Je remercie encore C. qui s'est déjà reconnue dans mon descriptif. J'ai hâte de réitérer l'expérience. Une amie, une cousine ou toutes autres personnes désirant recevoir des conseils peuvent me solliciter, je serai ravie de les aider.

 

  J'ai aussi écouté les réflexions non dénuées de sens et formatrices (pour une bonne remise en question) et essayé de répondre à cette fameuse question : ton top 1 de tous les livres que tu as lu ?

 

 Je n'ai pas su lui répondre reprenant à mon compte la remarque juste de Sylvain Tesson : "Je me méfie de l'homme d'un seul livre !"

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Une femme de ménage : Jérémy Bouquin

Une femme de ménage : Jérémy Bouquin

  Ce qu'il y a de plus encombrant dans un meurtre, outre le corps, ce sont les indices laissés sur la scène de crime. Vous avez un macchabée sur les bras et des preuves à faire disparaître, faites appel à Sandra, une femme de ménage méthodique et très discrète !

 

  Si vous recherchez des sentiments bienveillants, ce n'est pas dans ce roman que vous les trouverez. La méthode est froide, sanguinaire. L'auteur ne laisse pas de place aux sentimentalismes. Dans ces moments intenses, il ne faut pas se laisser happer par le doute ou par l'émotion. Les modes opératoires ne doivent en aucun cas être perçus par les enquêteurs. La compassion, vaste dilemme, qui scinde le lecteur en deux. Doit-il compatir à la souffrance du pauvre malheureux occis ou au contraire valider le travail accompli par une femme de ménage ordrée?

 

 Le personnage de Sandra ne dégage aucun amour. Elle vit avec ses propres démons dans une maison isolée et délabrée. Joignable à toutes heures du jour et de la nuit, Sandra coupe, dissèque et  brûle des corps. Cependant cette vie morbide commence à peser sur ses épaules. La nausée survient quand elle découvre cette énième scène de crime. Les corps sont vidés de leur sang. Elle se sent mal à l'aise, des hommes la surveillent et que veulent dire toutes ces roses?

 

 Le point de vue appliqué par Jérémy Bouquin bouleverse les codes du polar. Le trash des descriptions peut décontenancer le lecteur. Brutes, violentes, insoutenables, les scènes de crime s'enchaînent pour un réalisme plus ancré dans cette réalité crue.

  Roman au bord des lèvres qui m'a captivé cependant la fin me perturbe. J'espérerai une apothéose et je découvre une déception. J'attendais peut-être trop car j'étais poussée par ce rythme effréné qui stoppe net et se désagrège. Le soufflet retombe.

 

Sandra débite, lacère. Elle cisèle en gros. Fracasse à coup de marteau des jointures, les articulations. Elle pose un torchon pour amortir le bruit et frappe sèchement. Plus elle détaille les macchabées, plus le gars derrière s'écarte. La vue du massacre l'embarrasse.
Il en a la gerbe...
La belle emballe, mécaniquement, chantonne même plusieurs fois, du classique, Carmen. Elle adore l'opéra. Elle éclate en rythme. Avance vite. Détailler un corps lui prend une demi-heure grand maximum.

Presque trois jours non-stop, trois jours sans s'arrêter. Les morts s'enchaînent trop vite. Sandra nettoie la folie humaine. La cruauté a un goût, une odeur, celle du sang, de la merde, la fumée des armes à feu.
Ce monde devient fou.
Elle n'en peut plus, elle n'arrive plus à fournir. Trois ans qu'elle nettoie sans cesse. Trois ans qu'elle efface cette folie furieuse. Depuis quelque temps l'humanité devient dingue, l'humanité s'entre-tue en silence, se déglingue.
Les morts s'accélèrent.
En trois ans, elle a "effacé" combien de cadavres?

Elle le sent !
La sensation n'est pas partie ! On l'observe ! On la regarde. Elle a vu une ombre dehors.
Elle a complètement changé. D'un coup. Sandra est devenue comme dingue, parano.
Elle est terrée. Elle a fermé toutes les fenêtres, les portes, vérifié deux fois dans les placards, le grenier.
Elle est complètement paniquée, au moindre craquement, au moindre souffle du vent dans les volets elle sursaute, comme si un esprit la poursuivait.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Du rififi à New-York : Auguste le Breton

Du rififi à New-York : Auguste le Breton

1962, une année difficile dans la police new-yorkaise !

 

   Mike, un flic appliqué, travaille d'arrache-pied pour résoudre des meurtres : chose qui ne manque pas dans les règlements de la pègre italienne. La mafia est impliquée dans les paris clandestins, la drogue, la prostitution et aussi les braquages. Pépère, le père de Mike, travaille dans le bureau chargé du contrôle des plans de la ville et en parallèle traficote avec ses amis émigrés d'Italie. Un jour, il joue aux courses l'argent qui ne lui appartient pas.

 

   Là, il signe son arrêt de mort. Cependant, l'Oranais qui ne supporte pas l'injuste vient en aide à ce grand-père. Cependant, tout service rendu doit être remboursé dans le milieu du crime. 

 

   De simple encaisseur de paris, il devient l'un des plus féroces braqueurs de banques. Mais dans son univers, tout ne se passe jamais comme il voudrait.

 

   Ce roman policier commence par une longueur pour planter le décor. C'est surement mon désir de me confronter à l'action qui me permet de juger ce début de roman trop lent. Cependant, au moment de l'action, le rythme est soutenu et l'action est décrite avec brio (je désigne une seule action car je ne voudrais pas vous dévoiler le secret de l'histoire, finement agencée). Les caïds n'ont qu'à bien se tenir, Auguste Le Breton les tient du bout de sa plume. 

 

   Les descriptions ajoutent du piment à l'action (Bienvenue dans les égouts de New-York !). Les liens d'amitié ont une place importante dans cette phase de description. Ils fixent les règles et la loi du milieu a les siennes. Des amitiés se créent néanmoins le respect et la parole donnée peuvent réduire au silence des amis trop bavards.

 

   Bonne promenade dans un New York en prise avec sa délinquance. N'oubliez jamais de vous munir d'un 38 car les rues sont parfois encombrées de gens malveillants. Les innocents sont parfois les plus méchants.Dans la pègre, il faut toujours savoir se fondre dans la masse. 

 

 

Un soir, Louis avait cédé. Il s'était laissé entraîner et avait vu Mike qui avait alors près de dix ans, l'âge de son fils mort. Son père, gangster d'Ocean Hill, avait laissé ses os en 1939 dans une histoire de Rififi. Et sa mère, employée de night-club, qu'il avait vue succomber à la drogue jour après jour, venait à son tour d'en finir avec sa putain de vie, le laissant complètement orphelin.

- Pas dans le dos au moins ! implora l'Oranais. C'est dégueulasse.
- O.K. fit Steve, qui cria aussitôt : Bob !

Le nom résonna dans la rue déserte et sombre. Le jeune mécano se retourna juste comme Sam levait son bras court. Trois détonations explosèrent dans le silence. Frappé en pleine poitrine, Bob tournoya sur lui-même, poussa un léger cri, et se cassa en deux avant de s'écrouler au milieu de la colonne de vapeur. A part ses pieds qui dépassaient, tout le reste de son corps paraissait déjà appartenir au néant.

Le garde lui fit face, sa bouche s'arrondit, ses yeux aussi. Steve venait de plonger sa main gantée dans un vaste portefeuille contrôlé par une longue chaîne, et ce qu'il tenait n'était pas le collier de la Reine, mais un colt 45. Le garde se tâta machinalement, comme s'il croyait à une blague, comme s'il croyait que l'autre lui avait engourdi son flingue qui était pourtant un spécial 38. Mais Steve lui coupa ses espérances.

- Un cri, un geste, un souffle et ... Allez, demi-tour. On descend. Vite.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Colère noire : Jacques Saussey

Colère noire : Jacques Saussey

   J'avoue lire beaucoup et vouloir rattraper mes années sans lecture. Donc je découvre des auteurs reconnus et dont malheureusement je n'avais jamais découvert le talent. 

 

   Jacques Saussey fait partie de cette catégorie. Cependant, la découverte de son dernier roman publié aux  Editions French Pulp m'a redonnée l'envie de découvrir des romans policiers.

 

   Un homme, puissant, en lien avec la politique et les affaires (parfois obscures) est retrouvé électrocuté dans sa baignoire. Tout porte à croire à un accident tragique (à la mode Claude François) mais cela est sans compter sur un policier de génie au flair infaillible. L'enquête s'avère palpitante. Quelques ombres au tableau attestent que cet accident est bien un meurtre. D'autres morts suspectes se greffent à l'intrigue principale. Pas de doute, l'enquête semble mener à des personnages puissants.

 

   Le lecteur est tenu en haleine et voudrait bien comprendre les raisons de cette mort trop suicidaire. L'action regorge de rebondissements. Aucun doute, quelqu'un tire les ficelles de cette fâcheuse affaire mais qui? Jacques Saussey sème des informations au fur et à mesure de l'avancée de l'enquête.

 Les éléments se dissolvent au détour des pages. L'action ne manque pas de suspens et de piquant. Jacques Saussey laisse ourdir les stratégies machiavéliques de ce meurtrier de l'ombre. Aucun nom, des conversations cachées, des actes puissants et déterminés tissent la trame de ce roman policier qui tient en haleine son lecteur. Le lecteur émet des spéculations mais se fait balader par le talent de cet auteur prolifique.

 

  Envie de découvrir un vrai polar, c'est dans la lecture de "Colère Noire" que votre envie d'enquête se concrétisera.

Tous ses amis politiques lui tournaient le dos, au fur et à mesure que la réussite se dérobait. Et pourtant, il avait mouillé sa chemise pour certains d'entre eux. Il avait aider à financer des campagnes, à bâtir des carrières, à générer des courants d'influence. Il s'était même parfois sali les mains, mais toujours avec intelligence, sans se faire prendre, sans laisser de traces. Mais pour cette sorte d'amis, la reconnaissance n'était qu'un mot vide de sens, et il se retrouvait aujourd'hui seul devant ses problèmes, seul face au néant qui s'ouvrait devant lui. Un gouffre qui allait l'engloutir s'il ne réagissait pas rapidement. Il se sentait vulnérable, sentiment extrêmement désagréable auquel il n'était pas habitué, et qu'il s'apprêtait à rejeter avec violence.

Il entrouvrit la fermeture de son sac et posa la main sur l'étui en cuir, cherchant dans ce contact un peu de force dont il allait avoir besoin au cours de la nuit. Ses doigts suivirent les courbes de l'arme sous la peau de cerf, et il avala la boule de salive qui lui était montée dans la gorge.
Tout allait bien se passer.
Demain soir, tout cela ne serait plus qu'un mauvais souvenir.
Un très mauvais souvenir.

Taillard et Diran s'étaient affrontés, ils avaient perdu tous les deux. Magne jeta un regard désabusé sur son insigne et son arme posés sur le sol. Des hommes comme eux, son monde à lui en était rempli, à Paris comme dans les recoins les plus isolés du monde. Il n'y aurait jamais de fin à cette lutte.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

La vérité et autres mensonges : Sascha Arango

   Méfiez-vous de tout ! Les écrits déroutent la vérité, mais quelle vérité ? La vôtre ? Celle des faits? ou votre volonté à la masquer?

 

   Un auteur de génie se retrouve confronté à un dilemme : avouer la vérité à sa femme sur sa liaison et la naissance d'un futur enfant ou se débarrasser de l'élément perturbateur. Son choix est enfin arrêté cependant la suite des évènements risquent de corrompre les éléments. 

 

 Qui est donc Henry ? D'où vient-il ? Et ce cadavre encombrant (pas celui dans le placard, quoique? mais celui plongé dans la mer) ? Ce camarade de retour du passé? Et enfin, cette police bien conciliante à son égard? 

 Sans aucun doute, vous y perdrez votre latin (si vous l'avez possédé un jour- cela reste votre part de vérité-.)

 

 Ce thriller questionne tous les fondements du principe de vérité. Le lecteur est promené comme un pantin dans les divagations du protagoniste. Les détails de l'histoire perturbent le lecteur qui engrange de nombreuses difficultés sur le caractère insaisissable, narcissique et pathologique du narrateur. Néanmoins, la volonté de connaître la vérité taraude le lecteur.

 

 Rien à faire : Vous lirez ce roman policier jusqu'au bout !

(...)Il serait resté invisible - un art en soi. Certes, la lutte pour la vie est excitante, c'est le manque qui donne du prix aux choses, l'argent perd sa signification dès lors qu'on en possède en abondance. Tout cela est vrai. Mais l'ennui et l'indifférence ne sont-ils pas un tribut acceptable en échange d'une vie de bien-être et de luxe, et en tout cas préférable à la faim, à la souffrance et aux dents gâtées? On n'a évidemment pas besoin d'être célèbre pour être heureux, d'autant qu'on confond trop souvent popularité et valeur, mais depuis qu'Henry avait quitté l'obscurité où se meut tout un chacun pour entrer dans la lumière de l'homme d'exception, il jouissait d'une existence incomparablement plus confortable. C'est pourquoi il ne s'occupait depuis des années qu'à maintenir le statu quo. Il n'était pas question pour lui d'en obtenir plus. Là-dessus, il demeurait réaliste. Même si c'était ennuyeux.

Il décida de vérifier. Au kilomètre huit, il tourna en direction de la falaise - au milieu de rentrer à la maison, ce qui aurait été beaucoup plus raisonnable, mais tout amateur de polar sait que les meurtriers reviennent fréquemment sur les lieux de leur crime, où ils se font arrêter. Ils le font parce qu'ils sont sentimentaux, parce qu'ils sont curieux de savoir, comme tout être humain, certains le font par vanité et d'autres par regret, ils suivent l'appel de leur conscience. Une dernière catégorie le fait par scepticisme, ceux-là ne veulent pas croire qu'ils ont vraiment été capables de commettre un tel acte. Quant à Henry, après sa visite à la morgue il était arrivé à la conviction que la police croyait à un accident. Il n'y avait donc aucune raison de ne pas aller vérifier où gisait sa femme et ce qu'il était advenu d'elle entre-temps. C'est ce que Martha aurait attendu de lui, pensait-il.

Henry Hayden disparut sans laisser de traces avant la parution du roman. Contre toute attente, le livre ne fut pas un best-seller. Les critiques écrivirent que la fin était perturbante et bizarre. Un an après la disparition de Hayden, Obradin Basarié reçut une carte postale non signée, sur laquelle il était écrit à l'encre marron, d'une écriture fine :
Toujours seul plutôt que jamais.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Un parfait témoin: J.B. Livingstone

Un parfait témoin: J.B. Livingstone

Le corps sans vie d'une Lady de la gentry, sauvagement assassinée, est découvert dans son salon. Une statuette jonche sur le sol. Un témoin oculaire certifie avec exactitude avoir vu l'assassin : la meilleure amie de la victime. Scotland Yard mène l'enquête et l'accusée est très vite incarcérée.

Cette arrestation n'est pas du goût d'un ami de Lady Drusilla Wharton qui fait appel à un ancien agent dont les états de service sont irréprochables.

Higgins reprend les investigations, remonte des pistes douteuses, émet des hypothèses farfelues. Le couple emblématique composé d'Anna-Lisa et du colonel Schipper s'étiole au fil de l'enquête. Une union parfaite qui peut révélée bien des secrets.

Qui a asséné le coup fatal ? L'assassin a-t-il agit seul? Quel est donc ce mobile qui a poussé au crime?

Les étaux se resserrent, les témoins doutent, les masques tombent. L'issue de l'enquête est proche.

 

J.B. Livingstone balade encore une fois son lecteur dans des supputations qui se révèlent infondées et qui par des rapports insoupçonnés donnent de nouvelles pistes. Ce romancier arpente les rues de Londres comme un véritable guide touristique, donnant des leçons d'architecture, d'urbanisme et d'art. Il décime des règles de l'art de la guerre, rappelant les efforts des patriotes anglais. Il flagelle de manière douce mais efficace les traîtres à la patrie. L'auteur dessine au crayon forci la bourgeoisie de l'après Deuxième Guerre.

 

Dans son écriture, le mot est juste et la réplique appliquée avec efficacité. Les indices se dévoilent de manière rythmée sans farandole. Les déambulations du détective sont un moyen d'accompagner le lecteur dans sa réflexion et de rassembler les éléments du puzzle.

 

Christian Jacq (véritable nom de l'auteur) donne à l'illustre Scotland Yard un nouveau visage à travers des enquêtes intéressantes menées par un ex-inspecteur-chef Higgins. Le roman débute par la scène de crime ce qui permet de mener une enquête sur des indices déjà exploités par la première enquête.

 

Une belle enquête digne d'Agatha Christie!

Sans l'art, la vie n'avait aucun sens ; sans lui, l'histoire humaine n'aurait été qu'une longue litanie de guerres, de massacres et de tueries, une interminable liste de tyrans et de despotes qui n'avaient d'autre ambition que d'exercer le pouvoir. Drusilla Wharton haïssait Napoléon, Hitler et même les militaires anglais qui avaient semé la terreur et la désolation aux quatre coins du globe ; non, ils n'étaient pas des héros, mais des bouchers assoiffés de sang. Les vrais héros se nommaient : Fra Angelico, Dante, Léonard de Vinci, Turner, Van Gogh et tant d'autres, sans oublier les génies anonymes qui avaient orné les grottes de Lascaux ou les tombes de la Vallée des Rois.

- L'accuseriez-vous de corruption?
- Je n'aurais rien pu prouver, et vous ne pourriez rien prouver, tant d'années après les évènements ; le colonel a simplement utilisé sa position privilégiée et ses relations pour favoriser des notables anglais et des potentats locaux, lesquels lui furent reconnaissants de sa générosité ; à chaque voyage vers l'Angleterre, il emportait des pierres précieuses et autres trésors dont le fisc n'a jamais entendu parler.

- Quand vous vous êtes introduit dans son hôtel particulier, vous pensiez qu'elle était absente ; voler ses bijoux vous aurait rapporté un beau magot. Mais elle se trouvait chez elle, et vous n'avez eu d'autre solution que de la supprimer.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Deux petites filles : Cristina Fallaras

 livre-2-0001.jpgUne descente aux enfers et sans filet dans les quartiers glauques de l'Espagne. Le lecteur retient son souffle dans la déchéance humaine. L'écriture froide et sans retenue donne à ce roman une tessiture brute.

 La drogue, la prostitution infantile s'assimilent à l'alcool, à la mort et aux trafiquants. Aucun travers de l'homme ne réchappe à la violence. La saleté et la moiteur suffocante de l'été à Barcelone créent une atmosphère encore plus atroce.

 La barbarie d'un double meurtre perpétré contre deux jeunes enfants pousse Victoria González à revenir sur ses années de galère et à fréquenter les pires délinquants.

 Les seuls alliés qui restent fidèles à cette détective, sont un amant-flic et un ancien drogué, addicte à la bière brune.

 L'enquête sur les tortures infligées à ces enfants mène Victoria sur les traces d'une famille dispersée et odieuse, d'une mère droguée et absente, d'une mère "de substitution"obsédée par la sauvegarde des espèces phoques et enfin tous les trafiquants de pornographie enfantile.

 Le noir devient la couleur dominante et aucune lueur d'espoir transpire entre les pages.

 Dans ce livre, Cristina Fallarás décrit les techniques pour tuer les animaux domestiques ou pas. Méfiez vous des assassins de poissons rouges ou de hamsters, ce sont les plus redoutables. Le meurtre du chien apparaît comme un acte barbare des plus élaborés.

 

 Ce livre a reçu le prix Dashiell Hammett en 2012

 

 Voici quelques citations tirées de ce polar:

 

 "Putain de pourriture de junkie chauve et obèse. C'est ce qu'il se dit, junkie tueur d'enfants, violeur, enculé de bâtard, je vais te faire ravaler tout ton or et tu vas crever en vomissant des pièces, ogre féroce des contes les plus atroces, il se dit, ogre qui dévore les petites cuisses des petites filles engraissées juste à point. Mais il n'a pas assez de rage accumulée. Genaro sait ce qu'il faut, et il tient bon. La rage, plus de rage, jusqu'à l'aveuglement. Il a besoin de se repasser les images qui font vomir, elles sont parfaitement conservées dans sa tête, déversées, une à une, dans le bon ordre, de la vidéo à son cerveau, sa pauvre tête qu'il croyait pourrie mais qui s'est révélée vierge devant l'horreur absolue. Il remarque que les paumes de ses mains deviennent moites et il met en route la bande-vidéo qu'il conserve tout au fond de son âme, cette pauvre âme qu'il croyait desséchée mais qu'il a fini par entendre hurler sans répit."

 

 "Voir le commissaire s'inquiéter pour son bien-être provoqua un grand plaisir à Vicky. J'aime ça, se dit-elle, et elle se dit aussi que dans le fond il fallait reconnaître qu'il avait en partie raison, mais cela lui était impossible. La seule condition qu'elle était imposée pour mener à bien sa maternité, c'était de ne pas céder à l'envie de la prendre au sérieux, de ne pas la laisser s'immiscer dans son quotidien. Elle avait cédé sur les médicaments, les drogues et l'alcool pour des raisons évidentes, elle était parvenue à les rayer d'un trait de plume, ce qui était déjà plus que ce qu'elle-même aurait pu prévoir, mais elle ne voulait pas se transformer en mère exemplaire, elle avait décidé qu'elle ne pouvait pas se permettre ce luxe et que cela ne lui faisait pas envie."

 

"Une fois le poisson tiré de l'eau et déposé sur une surface, observer ses convulsions, qui seront d'abord violentes avant de perdre lentement de leur force, jusqu'à l'exténuation complète et la mort.

 Jeter l'être mort à la poubelle et déguster un martini sans olive."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

Le manuel du serial killer : Frédéric Mars

 serial-killer.jpegLe meurtre d'un enfant est un acte insoutenable mais quand cet acte n'est pas isolé, la police penche sur un tueur en série. Cette affaire rappelle étrangement des faits similaires qui se seraient produits dix ans plus tôt.

 La technique utilisée s'avère être identique à la méthode exploitée par Pomeroy durant ses empoisonnements. Cependant, la justice a exécuté ce monstre donc comment un livre reprenant méthodiquement le déroulement de ces actes a pu être publié. Tom Harris et son binôme littéraire vont remonter une piste qui risque de faire voler en éclats la réputation de la justice et du milieu psychanalytique.

 Ce roman est haletant. L'atrocité des violences infligées révolte le lecteur qui désire d'une page à l'autre participer à l'enquête. Le fait que Tom Harris soit un étudiant défiguré apporte une note de crédibilité supplémentaire. Ce personnage est à la fois manipulé et manipulateur. Le point de vue interne permet de connaître le ressenti de Tom. Il est perçu comme un étudiant fragile et intelligent. Le lecteur doute parfois de sa sincérité mais lui accorde le bénéfice du doute. Sa culpabilité feinte ou non remet en doute l'idée de vérité. Est-il un usurpateur ou est-il le véritable assassin?

 Ce roman psychologique, basé sur le doute, accapare le lecteur, le retranche dans ses vérités absolues. Qui du narrateur ou du lecteur détient la clef du mystère?

 Frédéric Mars, auteur de "NON STOP", plonge le lecteur dans ses névroses et ses angoisses. Il saisit le lecteur dans sa chair. Il lui assène par intermittence des coups de semonce comme une névralgie qui cogne contre sa boîte crânienne. Nul besoin d'aspirine, le lecteur terminera le roman pour se débarrasser de ses doutes. Néanmoins, est-ce que les doutes se dissiperont réellement?

  Un thriller où le doute est un compagnon de route!

 

 Voici quelques citations tirées du roman:


 "Lucy French. Il faut que je la voie. Vite. Je ne peux pas continuer comme ça. Je ne suis pas fait pour être un nouvel ange de la mort appelé auprès de tous ces enfants. Je ne suis pas blindé comme Kennedy ou le légiste, cynique comme Reily, passionné comme Sophie. Je ne supporterai pas le spectacle d'un corps sans vie une fois de plus. Encore moins cette puanteur épouvantable. J'ai déjà bien assez de cette mort qui trotte dans ma tête. Je ne veux pas de la leur. Je n'aspire qu'à un peu de vie, même planqué, même coupé de tous."

 "Contrairement à ce que prétendent nos amis les psychiatres, le tueur en série ne transforme pas l'impuissance et les avanies d'hier en une toute-puissance morbide d'aujourd'hui. Il ne fait que réaliser la force potentielle, extraordinaire, qui existait en lui dès l'origine. Tuer ne vient pas venger ou compenser un état antérieur de victime. Tuer est l'acte fondateur dans lequel chacun révèle à lui-même son propre pouvoir."

 "Je ne suis pas le premier à le dire, mais le fait mérite d'être rappelé ici : tuer n'est pas une chose simple. On n'élimine pas une vie humaine comme on prend son café ou comme on sort sa poubelle, l'esprit vagabond, le geste relâché. Celui qui n'a jamais commis d'homicide ne mesure pas la somme de préparation en amont, mais plus encore de force et de détermination que cela requiert durant l'acte proprement dit. Oh oui, cette concentration parfaite qu'exigent les gestes fatals, cette tension absolue."


Rendez-vous sur Hellocoton !

Voir les commentaires

1 2 3 > >>